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TANCREDE CANONICO

NOTES INTIMES
( d'entretiens avec André Towianski )

1910

2ème édition

)1)
INTRODUCTION

Le texte de cette édition a été établi d'après un cahier manuscrit et une copie
dactylographiée par les soins de M. S. Wiercinski. Ces deux textes étaient essentiellement
identiques. Ils contiennent quelques variantes insignifiantes et quelque passages légèrement
différents qui sont signalés dans le texte par l'usage de l'italique et des parenthèses: les passages
en italique sont ceux qui manquent dans la copie dactylographiée, les passages entre
parenthèses sont ceux qui manquent dans la copie manuscrite.

Dans cette deuxième édition j'ai corrigé les quelques coquilles qui étaient présentes
dans la première (qui n'est pas identifiée comme telle sur la couverture), et j'ai ajouté les
paragraphes 496 à 517.

Les notes du Sénateur Tancrède Canonico se présentent sous une forme concise et
dense. Le lecteur y gagnerait à les lire et relire (et les appliquer dans sa vie) car les notes
s'éclaircissent mutuellement.

Pierre Urbanski
Pâques, 1993

)2)
AU LECTEUR

Parmi les papiers que S. E. le regretté Sénateur Tancredo Canonico, décédé le 15


septembre 1908, a chargé ses enfants, mes très chers amis, de me remettre et qui reflètent une
partie de son activité spirituelle, j'ai trouvé l'ébauche d'un travail qui remonte peut-être à
l'année 1872, mais qui n'a pas été revu ni fini, dans lequel il s'était appliqué à réduire dans une
forme synthétique et concise ce qu'il avait en grande partie entendu, et noté d'abord, ou qui
était demeuré dans son âme pendant les entretiens qu'il avait eus avec André Towianski durant
vingt années lorsqu'il allait lui rendre visite en Suisse.
Tancredo Canonico avait déjà parlé publiquement de ces entretiens en 1865, dans une
conférence tenue à Turin (lorsqu'il y enseignait le Droit Pénal) sur le thème « Les temps actuels
et la mission d'André Towianski » et il s'était exprimé ainsi:

« Malgré ses dix-huit siècles d'existence, le christianisme ne vit pas et à vrai dire est
encore peu connu de la généralité. Lorsque embrasser le Christianisme signifiait aller
au martyre, ne l'acceptait que celui qui non seulement était profondément convaincu,
mais aussi changé en un autre homme. En revanche lorsque, les gouvernants s'étant
inclinés devant la croix, les peuples se convertirent en masse, le christianisme
commença à perdre en intensité dans les poitrines humaines ce qu'il avait gagné en
extension, et l'on commença à naître chrétien dans un lieu comme on naît musulman
dans un autre. Il est donc naturel que les nations n'en aient pu sentir aussi directement
la force régénératrice et féconde dans leur vie politique, et que les hommes d'action
le croient encore alors impuissant.
Eh! bien, Messieurs, la facilité présentée aux hommes même les plus actifs et les plus
ardents pour reconnaître et accepter le christianisme dans la réalité de son essence
pour sentir, autant qu'ils en sont capables, la force intime qu'il enferme, la lumière
pratique qui en éclaircit l'application à tous les champs, aux plus petits et aux plus
grands, de la vie privée et politique, le commencement par conséquent de cette
nouvelle époque dont chacun a le pressentiment, l'exemple, l'appel et l'aide à y entrer:
Voilà ce qui se trouve dans André Towianski.
Qu'ils ne s'épouvantent pas de mes paroles ceux qui craignent de s'attarder dans une
quiétude oisive en reliant à Dieu les aspirations, les sentiments, les actions privées et
publiques. Jusqu'à présent le monde ne connaissait Jésus-Christ que dans son humilité,
dans sa patience, dans sa faiblesse, pour ainsi dire, et voudrait bien éterniser une telle
conception. Mais Jésus-Christ n'est pas faible. Il est le plus grand des héros qu'il y a
et qu'il y aura dans l'avenir: et c'est dans un tel héroïsme que le monde de notre
époque le connaîtra.
Parlez quelque temps avec cet homme, observez sa vie, ses actions de chaque jour;
et puis relisez l'Évangile: vous en sentirez bien plus vivement la profondeur et la
grandeur; vous comprendrez d'une manière plus pratique que même dans la vie sociale
et politique son divin Auteur aurait pu résoudre en peu de paroles de l'Éternelle
Sagesse tant de questions ardues autour desquelles se fatiguent en vain des générations
et des générations, si la mauvaise volonté de l'homme, croyant se soustraire à un blâme
importun, ne Lui avait ôté la vie; et qu'il faudra tôt ou tard en revenir à cette source,
si l'on veut les résoudre efficacement.
Cet esprit universel de Jésus-Christ, ce sacrifice supérieur auquel est jointe la sagesse
divine des choses humaines, vous le voyez vivant en André Towianski. Très sensible
au bien et au mal vous trouverez dans cet homme joints à l'humilité, à la mansuétude,
à l'amour, une force rare et un courage indomptable pour se sacrifier tout entier à
chaque instant, pour apporter la vérité en toute chose. Dans le foyer ardent de son

)3)
âme il semble que tous les rayons de l'Univers se reflètent et se réunissent comme dans
le foyer d'une lentille et de cette ardente unité il fait rayonner sans cesse la vie, la
sagesse, la chaleur, la joie. Quand on parle avec lui, tout semble facile et clair. Il a
coutume de ne dire que la vérité: la Parole de Dieu a été donnée à l'homme pour être
pratiquée et non pour être discutée. Et sa parole ne s'étend pas seulement sur la partie
la plus intime de l'individu et sur son avenir d'outre-tombe; elle embrasse et éclaircit
en outre tout ce qu'il y a de plus réel et de plus pratique dans la vie présente. »

Ces paroles de Tancredo Canonico expriment déjà par elles-mêmes quel peut-être le
contenu de ce livre qui reflète précisément une partie des entretiens qu'il a eu avec Towianski.
Tancredo Canonico a écrit en 1896 la Biographie de Towianski qui a paru en un
volume de 700 pages Sous le titre « André Towianski » éclaircissant son sujet par la parole
authentique du Maître tirée du recueil posthume de ses écrits, qu'il fit publier à Turin en 1882;
de même il fit paraître en 1903 un autre livre « Témoignages d'Italiens sur André Towianski
« , mais malgré cela l'importance des pages que j'ai retrouvées est encore très grande parce que
celles-ci représentent les vérités qui ont vécu dans son âme et retracent, comme d'un jet et dans
une forme parfois incisive ou impérative, et pas toujours parfaite (ce qui réclame un certain
travail de celui qui lit) mais toujours très élevée, la nouvelle vie et l'énergie inoculées par le
Serviteur de Dieu dans l'âme de Tancredo Canonico, et elles arrivèrent ainsi à être pour lui non
seulement une retraite très efficace, mais à constituer par elles-mêmes une aide et un appel
pour connaître et réaliser ce qui fut son idéal suprême et ce qui est le plus essentiel de chacun
en ces temps.

Attile Begey Turin 15 sept. 1909

)4)
1.- Dans le tronc de l'arbre de Jésus-Christ est déposé tout pour l'homme jusqu'à la fin
du monde.
De ce tronc sortiront comme des branches les époques chrétiennes dans les siècles du
progrès chrétien de l'homme.
Avant Jésus-Christ, Moïse et les autres envoyés de Dieu ne pouvaient donner le Verbe
de Dieu incarné.
Jésus-Christ a mis le monde en compte.

2.- Les prophètes ne suffisent plus.


Il faut des prophéties incarnées.
Il y a des prêtres qui parlent avec inspiration comme si le Saint-Esprit leur dictait leur
parole; mais tout cela dans l'extase.
Ce qui est dit dans l'exaltation ne suffit pas à l'homme, ne le nourrit pas.
L'homme est nourri seulement quand il comprend.

3.- Pour les nations comme pour les individus, il y a des temps d'exaltation et des temps
d'accomplissement. L'époque de l'exaltation est passée: nous sommes dans l'Époque
de l'accomplissement.
Le jeune homme qui ne s'exalte pas fait mal. La jeunesse est l'époque de l'enthousias-
me.
L'heure de Dieu sonne; et alors commence le devoir de l'accomplissement.

4.- Dans cette époque l'homme est appelé à faire ressusciter et vivre le Verbe de Dieu.
En ces jours Jésus-Christ appelle le genre humain à l'Église Vivante, à faire vivre le
Ciel sur la Terre, à pratiquer le christianisme.
L'homme doit sortir des cavernes où il a demeuré mort pour les siècles et cela non
seulement pour la vie de son esprit mais aussi pour sa vie d'homme.

5.- Dieu appelle l'homme à la vie chrétienne privée et publique.


Il appelle à produire les fruits de la semence de Jésus-Christ reçue dans les siècles.

6.- L'aurore de l'époque supérieure se lève déjà sur l'horizon ténébreux. C'est dans cette
époque qu'on doit accomplir cet appel de Dieu. Jésus-Christ nous appelle non
seulement à entrer dans la voie chrétienne, mais encore au degré supérieur de cette
voie, à l'époque supérieure chrétienne, et à servir sur cette voie, dans cette époque, le
prochain et la patrie.

7.- En ces temps Dieu appelle l'homme à connaître les choses telles qu'elles sont et non
à se contenter de la forme. Le sacrifice plein de l'homme et la Grâce de Dieu qui
descend sur le sacrifice sont les seuls guides de l'homme dans cette époque chrétienne
supérieure.

8.- Celui qui a toujours en bouche le nom de Dieu, qui communie chaque jour peut être
en réalité bien loin de la communion avec Jésus-Christ. Et un autre au contraire qui
n'a jamais entendu parler de Jésus-Christ peut être en communion avec le Verbe.

9.- Dans l'époque actuelle Dieu accorde une liberté plus grande parce qu'Il exige aussi un
sacrifice plus grand.

)5)
Le temps est venu où l'on doit porter la vérité partout: dans les grandes comme les
petites choses.
Nous devons être fidèles à la vérité à quelque prix que ce soit.

10.- Dans cette époque il y a deux choses à faire:


i) dissiper le chaos des ténèbres du mal que les hommes accumulent autour de la
vérité;
ii) montrer un idéal plus élevé; porter sur la terre une partie plus grande du Verbe de
Dieu, pousser les hommes plus en avant.
Purifier et élever.

11.- Jusqu'à présent on disait: « Fuyez, souffrez, ayez patience ». Maintenant on dit:
« Efforcez-vous, combattez, vainquez! »
Il ne faut jamais céder quand il s'agit de la Vérité et observer les égards dus au
prochain, à sa liberté.

12.- Napoléon Ier comme précurseur de l'époque chrétienne supérieure réveilla la vie des
Français et purifia la France et en partie le monde de leurs souillures les plus
grossières. Il jeta un rayon de l'époque supérieure sur les ténèbres du monde et, après
la nuit, l'aurore du Jour de Dieu, de l'époque chrétienne supérieure commença à
poindre pour le monde.

13.- Tout est préparé dans l'esprit. Il faut peu pour que tout se manifeste et que toute
chose soit changée.

14.- L'homme doit accepter les vérités que Dieu lui fait connaître plus à fond dans cette
époque.
Le développement, l'application des vérités chrétiennes propres à cette époque sont
acceptés facilement par celui qui est prêt à parcourir la voie chrétienne entière, tandis
qu'ils scandalisent celui qui s'arrête dans son progrès.
Celui qui prie, qui se sacrifie, verra beaucoup des choses qui étaient voilées auparavant
pour lui.

15.- Prendre le sacrifice, adorer Dieu en esprit et en vérité: tout est là. Le reste se connaîtra
après.
Les événements feront connaître la vérité.
Beaucoup ne font que de parler de l'époque et ne sont pas dans l'époque; d'autres au
contraire n'ont rien entendu de l'époque et ils sont en vérité dans l'époque et
reconnaissent en esprit toute chose.
Celui qui, sans reconnaître qu'une nouvelle époque commence, accomplit le triple
sacrifice, prouve par les fruits qu'il appartient à la nouvelle époque.

16.- Beaucoup croient mais n'agissent pas.


L'homme qui acceptera, accomplira, pourra comprendre.
Le désir de faire la volonté de Dieu ne suffit pas, il faut la faire réellement.
Il faut travailler, repasser intérieurement les vérités chrétiennes, dans le sacrifice et
tâcher que notre vie se manifeste selon ces vérités.

17.- Notre vie doit être conforme à la lumière chrétienne de cette époque; dans chacune
de nos actions nous devons déposer les fruits de la vérité.

)6)
18.- Nous devons faire le sacrifice approprié à chaque point, à chaque degré inférieur et
pur qui se trouve sur la grande voie de Dieu, qui conduit du néant jusqu'au trône de
Dieu. Nous devons faire tout ce qui nous est possible afin que la vérité, la liberté, la
justice se fassent pour toute créature. S'appuyer sur Dieu sans égard à rien.

19.- Dans chaque circonstance aller au fond des choses jusqu'au bout... prendre l'esprit de
la chose, la haine et la douleur du mal, de l'offense de Dieu... présenter le caractère
chrétien...
C'est le fruit de l'amour, du feu que Jésus-Christ a apporté.
Seul ce feu procure ce résultat que le Ciel est le Ciel. Sans ce feu il n'y a que la mort,
un désert vide.

20.- Quand, dans le désir pur de nous sacrifier, nous allons jusqu'au fond, la joie est grande
dans le Ciel.
Si nous agissons superficiellement, il n'y a rien.
Quand l'homme travaille jusqu'au fond, quand il travaille jour et nuit ( puisque durant
la nuit les aides sont plus grandes ), la Grâce lui donne tout ce qui est nécessaire. Si
nous travaillons avec cette incubation, nous sentirons quand nous serons arrivés au
fond de la chose; et alors nous devrons noter aussitôt. De cette façon l'homme crée
au dedans de lui une telle conscience qu'il ne se trouve satisfait qu'en prenant l'esprit
de la chose. Et l'on ne peut prendre l'esprit de la chose qu'en allant jusqu'au fond.

21.- Tout dépend de ceci: prendre le feu de Jésus-Christ.


La partie la meilleure des hommes souffre parce qu'elle s'efforce et ne peut allumer en
soi le feu de Jésus-Christ. Et sans cela rien ne se fait.
On peut donner l'aide aux autres, et ne pas allumer en soi le feu de Jésus-Christ.
Quelquefois les prêtres allument le feu de Jésus-Christ dans les autres et sont morts
eux-mêmes. On ne peut allumer le feu de Jésus-Christ sans la Grâce. Mais il faut sentir
ce qui est obstacle à la Grâce et le vaincre.

22.- Il faut prendre cette unité « le feu de Jésus-Christ », sentir, avoir cela sans cesse devant
les yeux et y diriger tous les efforts. Le feu et la lumière arriveront alors bien vite.
Jésus-Christ a dit: « Je suis venu pour jeter le feu dans la terre ». On ne porte pas assez
son attention sur cette parole; et cependant tout y est.

23.- Ou être zéro ou nous diriger vers l'esprit de l'époque. N'avoir jamais personne entre
Dieu et notre âme...
Être entiers à ce que nous faisons...
Ne voir que Dieu et la chose dont il s'agit.

24.- L'union fraternelle vivante ne peut être nouée et l'aide chrétienne destinée à cette
époque reçue que par celui qui porte la croix de Jésus-Christ dans tout son être.
Tandis qu'est déjà commencée sur la terre la lutte décisive entre le Ciel et l'enfer,
chacun de ceux qui, même dans la moindre partie qui (selon l'expression de
l'Apocalypse) acceptent le caractère de la Bête et adorent son image, ne pourra
participer à cette lutte; et pendant des siècles entiers regardera avec douleur l'offense
qu'a faite à Dieu sa désertion de l'Église de Jésus Christ.

25.- L'impiété est à son comble.


C'est le mal qui gouverne.

)7)
Nous sommes au jugement de l'époque.
A la fin du monde il y aura le jugement des sept époques: le jugement final.
Mais chaque époque a son jugement. C'est maintenant dans cette partie la fin du
monde.

26.- Il y a ici-bas le Ciel que Dieu, par le moyen de son Verbe a destiné à la terre et que
N.S. Jésus-Christ a apporté sur la terre. C'est le royaume, l'Église de Jésus-Christ.
Il y a la terre, pure et impure.
Il y a aussi l'enfer, le mal.
Le mal est divisé en ces trois parties. À laquelle de ces trois forces s'unira l'homme. De
là dépend sa direction pour les siècles de cette époque.

27.- Le but de la guerre qui se livre aujourd'hui dans le monde est, dans les décrets de Dieu,
la liberté religieuse; et dans cette liberté, le progrès de l'homme et l'élévation de
l'Église.
Toute lutte qui se fait sur la terre commence par se faire en esprit.
La lutte se fait entre le Ciel et l'enfer. Puisque dans ces temps de direction tout moyen
terme est enlevé, il n'y a plus que les extrêmes qui se présentent dans la lutte, et cela
trace pour le monde cette direction la plus grave: « sera-ce Jésus-Christ qui selon la
volonté du Père Éternel gouvernera le Monde ou sera-ce le prince des ténèbres qui y
maintiendra son empire (en partie déjà pris?...) »

28.- Pendant des siècles N.S. Jésus-Christ a permis que ses paroles fussent prises dans un
esprit différent et interprétées dans un sens contraire ) et qu'il en résultât la direction
pour le monde.
Au commencement du christianisme, quand à cause de l'amour encore faible de
l'homme, la croix de Jésus-Christ était trop pesante pour lui, il était nécessaire que les
paroles de Jésus-Christ fussent interprétées d'une manière conforme à l'enfance de
l'homme. Le pouvoir dictatorial de l'autorité chrétienne et la loi du glaive étendu par
elle sur les consciences étaient un stimulant et un appui adaptés.
Mais aujourd'hui l'homme mûr, appelé à entrer sous la loi de la liberté et du sacrifice
veut demeurer sous la loi de l'enfant. La loi de l'enfant est plus facile pour lui; elle se
borne aux formes du sacrifice et n'exige pas le sacrifice, ne met pas sur l'homme la
croix de Jésus-Christ; et laisse ainsi l'homme dans le royaume terrestre qu'il aime tant.

29.- L'homme mûr, à cause de sa paresse pour le service de Dieu, regarde comme un péché
d'entrer sous la loi qui lui est propre, sous la loi véritable de N.S. Jésus-Christ. Dieu
punit sévèrement l'adoration idolâtre du prêtre, qui empêche d'adorer dûment Dieu.
Depuis quelques années les secrets les plus cachés des coeurs se dévoilent à cet égard,
le mal caché depuis des siècles se manifeste en pleine lumière, se montre sous son
propre aspect.

30.- Le mal a des limites que Dieu ne lui permet pas d'outrepasser.
L'homme n'est pas encore préparé pour accepter les vérités de cette époque; mais des
millions d'hommes portent ces vérités dans leur esprit.
Beaucoup agissent instinctivement selon les vérités de l'époque sans s'en rendre
compte.
Quelques uns arrivent à formuler ces vérités et à les exprimer, d'autres les voient dans
un éclair de leur esprit.

)8)
31.- Le mal commencera à décroître et décroîtrera toujours davantage à mesure que
s'augmentera l'union entre les serviteurs destinés par la pensée de Dieu.
Quand il y aura le nombre destiné pour être le canal destiné pour cette époque, la
puissance du mal sera détruite.

32.- L'Orient a une force dans son sentiment religieux bien qu'il découle d'une religion
inférieure; l'Occident ne l'a pas.
Sous Napoléon Ier, il y avait l'énergie, l'exaltation pure. Aujourd'hui il n'y a plus rien
en Europe.
Il faut aujourd'hui la religion vraie, le vrai christianisme. Le christianisme véritable se
trouve dans l'Oeuvre de Dieu.

33.- Dans l'Oeuvre de Dieu il y a la lumière nécessaire à cette époque: il y a aussi les
moyens pour accepter et porter la croix de N.S. Jésus-Christ. La croix de Jésus-Christ,
en donnant la force pour réaliser la lumière supérieure rend plus facile au chrétien ce
qui est impossible à l'homme terrestre. Souvent l'homme a plus à vaincre, à expier par
ses péchés séculaires, que par ceux-de la vie présente. Comment les expier?
N.S. Jésus-Christ nous en a donné le moyen. La croix de Jésus-Christ expie non
seulement les péchés de cette vie, mais aussi les péchés des siècles.
L'Oeuvre de Dieu donne les moyens pour cette expiation.

34.- Au commencement de chaque époque il y a un certain nombre de personnes


auxquelles Dieu permet d'être libérées (des péchés qu'elles expiaient depuis des
siècles). Ce sont les pénitents de l'époque.
C'est l'Oeuvre de la Miséricorde de Dieu.
Sans cette amnistie générale, sans ce pardon, sans cette miséricorde, l'homme serait
perdu.
Beaucoup, qui depuis des siècles étaient dans la pénitence, maintenant sont libres.
Tout d'un coup leurs tentations ont cessé.
Beaucoup de soldats de Jésus-Christ, appelés à cet accomplissement, se réveillent de
leur sommeil des siècles.
Beaucoup de soldats de Jésus-Christ commencent déjà à marcher à la lumière du jour
de Dieu qui commence à poindre.
Beaucoup au contraire, n'ayant pas pris les moyens que l'Oeuvre de Dieu présente
dans cette époque sont morts.

35.- Beaucoup profitent, beaucoup rejettent.


Dieu respecte la liberté de l'homme; l'homme doit aussi la respecter.
L'Oeuvre de Dieu ne porte jusqu'à présent aucun fruit.
Cependant tout y est dans cette Oeuvre. Puisque dans cette Oeuvre il y a l'appel de
Dieu afin qu'il entre dans la voie chrétienne, s'y élève au degré supérieur propre à cette
époque, et de cette hauteur serve le prochain et la patrie dans sa vie chrétienne, privée
et publique; et il y a des aides nécessaires pour accomplir cet appel.

36.- Dieu a permis à André Towianski de savoir ce qu'Il exige de l'homme pour que les
douleurs, les misères présentes cessent. Towianski a transmis l'appel de Dieu et exposé
ce qu'il faut faire afin que la miséricorde de Dieu promise pour les temps actuels puisse
descendre sur la terre.
Dieu l'a appelé à éclaircir à l'homme quelle est sa véritable fin et quel sont les détours
afin qu'il ne soit pas esclave.

)9)
La pensée de Dieu a reposé sur lui afin que dans le chaos actuel il montre à l'homme
sa voie, en la pratiquant lui-même... afin qu'il montre la loi du Verbe vivante, l'Idéal
que Dieu a donné à l'homme et que celui-ci ne pratique pas.

37.- Il n'apporte donc rien de nouveau. Sa mission est seulement:


) d'éclaircir ce que c'est que le sacrifice;
) mettre cette croix sur le genre humain et le délivrer ainsi des douleurs qu'il souffre
et qui ne lui sont pas destinées;
) développer la loi de N.S. Jésus-Christ et en apporter la pratique dans la vie privée
et publique de l'homme;
) montrer, dans l'application à la vie privée et publique, la partie de la voie parcourue
en entier par Jésus-Christ, destinée pour cette époque chrétienne.
Towianski fait sentir à l'homme les plus hautes vérités tellement incarnées qu'on peut
les comprendre même en étant dans la faiblesse, dans la bassesse, dans l'esclavage.
Quiconque rejette sera poussé par les forces inférieures.

38.- André Towianski n'a pas étudié dans les livres; tout ce qu'il sait il l'a appris par la vie
intérieure, le sacrifice.
Il a éprouvé toutes sortes de contrariétés, d'obstacles, de tentations; et il les a vaincues
en s'appuyant sur le sacrifice. C'est pour cela que sa parole est vivante et aide l'homme.
A douze ans, Dieu lui coupa toute vie terrestre. Son intelligence ne lui servait plus. Il
ne comprenait plus rien; se parents prirent des maîtres à la maison; mais il ne jouissait
de rien. Il en était extrêmement affligé, alors il se tourna vers Dieu, gémissant du fond
de son âme. Il ferma les livres, et concentra toutes ses forces sur ce seul point: éveiller
le mouvement de l'esprit, la vie intérieure. Par cette vie intérieure, continuellement
soutenue, il anima son corps et le pénétra de cette vie et vit toute chose. Ses
professeurs en étaient émerveillés: ils ne pouvaient comprendre comment il avait fait
pour apprendre aussi vite et aussi bien. Depuis lors avec la sagesse qu'il a acquise par
cette voie il donne la direction à des savants, à des médecins, à des artistes.

39.- Ce que André Towianski présente n'est pas une chose personnelle, un système à lui.
C'est sur la révélation qu'est basée la mission de Towianski.
Sans ce flambeau comment pouvait-il au milieu des ténèbres qui enveloppaient la
terre, arriver au but assigné?
Depuis sa plus tendre jeunesse il portait en lui la pensée de Dieu; mais longtemps,
dans son humilité, il n'osait la manifester.
Pour l'encourager et le fortifier, Dieu tourna son regard sur son serviteur, et la volonté
de Dieu révélée à l'esprit fut révélée à l'homme.

40.- André Towianski n'est pas prophète: il transmet ce qu'il reçoit d'en haut, non par ses
paroles seulement, mais aussi par ses actions, par toute sa vie, en pratiquant sur la terre
ce qu'il a pris du Ciel.
Il est serviteur sur le champ de la pratique, de la vie du Verbe de Dieu sur la terre par
l'homme.
Il puise uniquement à la source ouverte par Jésus-Christ et présentée à l'homme pour
qu'il y puise pendant les siècles.
Il incarne ce que Jésus-Christ a transmis et qui, après que l'Agneau de Dieu eut brisé
le sceau céleste, fut couvert du voile des mystères évangéliques à cause de la faiblesse
de l'homme. Il incarne aussi et rend compréhensible dans l'action, dans l'accomplis-
sement, ce que dans les siècles l'homme a ravi d'une manière sacrilège.

) 10 )
Chaque parole qu'il donne est réalisée, pratique, et par conséquent vivante. Et il peut
ainsi aider l'homme.
Il travaille parfois des journées entières pour savoir comment exprimer ce qu'il voit;
alors il crée la langue parce qu'il arrive qu'il ne trouve pas d'expressions dans la langue
ordinaire.

41.- Le 21 juillet 1840 alors que Towianski était encore en Lithuanie pendant qu'un service
était célébré dans l'église pour son père, le curé l'appela publiquement à l'autel ainsi
que sa femme, fit étendre un tapis pour qu'ils s'agenouillassent, lui parla de sa mission,
l'encouragea contre les difficultés qu'il aurait à rencontrer et le bénit.
Le 23 août 1840, quand il fit un banquet d'adieu avec ses paysans et qu'il était déjà à
cheval, un de ces paysans prit une grande croix et s'écria: « Vous ne partirez pas, o
Maître, sans que je vous bénisse: « Vous irez à Rome chez le Pape.... vous aurez
beaucoup de contrariétés.... Mais n'oubliez pas vos paysans. Si vous les oubliez, Dieu
s'éloignera de vous et vous tomberez ».

42.- Le 12 novembre 1840, à Carlsbad, un israélite le voyant venir de loin, courut à lui
comme inspiré et lui dit: « Vous êtes le Sauveur d'Israël ». Ils passèrent la nuit
ensemble en prière; à trois heures du matin l'Israélite dit à André Towianski qu'il se
mette en voyage sans retard, pour pouvoir passer les frontières de la Bavière à l'heure
de Dieu.
Quelque temps après, au mois de décembre 1840, Adam Mickiewicz, pendant un
banquet qui lui était offert par des célébrités à Paris, s'élevant en esprit, eut une vision
et, avec une certitude surhumaine, déclara dans une improvisation poétique que le
temps de la manifestation de l'homme de Dieu est proche, qu'il le voit venir, que par
lui Jésus-Christ triomphera dans le monde, que de lui naîtra la patrie servante de Jésus-
Christ et un ordre nouveau divin dans le monde parce que ses paroles et ses actions
seront pour le monde un modèle et une loi.

43.- Le premier août 1841, André Towianski guérit la femme d'Adam Mickiewicz, qui était
atteinte d'aliénation mentale.
En 1844, Adam Mickiewicz, dans des cours au Collège de France parle de la mission
d'André Towianski, et invite les assistants à lui répondre comme HOMMES
VIVANTS s'ils la reconnaissent; et tous ceux auxquels s'adresse directement cet appel
se lèvent et répondent: Oui!
Pierre Michel, prophète et thaumaturge, dit en 1840, entre autres paroles les suivantes:
« Le Saint Slave qui est l'organe des décrets de Dieu...qui est le dépositaire du ton
d'action est déjà sur le sol français ». Et il reconnut en André Towianski l'homme
annoncé par lui.

44.- Avant de quitter son pays, André Towianski, accomplissant la volonté de Dieu qui lui
avait été révélée à ce sujet, avait fait exécuter par un peintre distingué de Lithuanie, son
ami Valentin Wankowicz, une copie de l'image de Notre-Dame d'Ostrobrama de Vilna
pour la placer dans une des églises de Paris qui lui avait été montrée dans cette
révélation.
Après avoir annoncé l'Oeuvre de Dieu dans la Cathédrale de Paris, il visita les églises
de cette ville, cherchant celle qu'il avait vue en Lithuanie pendant cette révélation mais
dont il ignorait le nom et la situation.
Il la reconnut dans l'église de St-Séverin, située dans un quartier de Paris alors retiré
et pauvre, dans une petite rue portant le nom du même saint. Là se trouvait une

) 11 )
chapelle dédiée à l'Immaculée Conception; et 500 ans auparavant la première
congrégation en l'honneur de l'Immaculée Conception y avait été établie. Ce fut là
qu'André Towianski plaça l'image de N.D. d'Ostrobrama.

45.- Au mois d'octobre 1843, pendant que Ram, israélite converti par André Towianski,
se baignait dans la mer à Marseille, il entendit par trois fois une voix lui dire
distinctement: « Ram à Rome! » Il partit immédiatement et, en entrant dans Rome, il
rencontra André Towianski qui en sortait sans avoir pu obtenir une audience du Pape,
l'accompagna à Ronciglione, et prit sur lui de remettre au Pape un écrit de sa part, ce
qu'il put exécuter avec une visible bénédiction de Dieu.

46.- Au mois de septembre 1851 un allemand, un certain Steiger considéré comme


prophète, mû par une impulsion intérieure, se rendit auprès d'André Towianski au lieu
de pèlerinage d'Einsideln. Il lui narra qu'un ange lui avait dit: « Le prophète ne vit pas
de son pain; il doit le prendre de l'homme de l'époque. La croix est ton épouse: va à
Einsideln et là tu t'uniras avec ton épouse. Tu entendras la voix du lion qui rugit sur
la Montagne. Sur ton écusson tu auras comme emblème, l'agneau et le lion » (sois dans
le sacrifice de l'agneau et tu auras la puissance du lion, ainsi que le lui expliqua
Towianski).

47.- Le 27 février 1855, le Père Edouard Dunski, tandis qu'il disait la messe, s'arrêta
plusieurs fois. On s'aperçut qu'il se passait quelque chose d'exceptionnel. Voici
comment le Père Dunski lui-même raconta ce qui était arrivé. « En allant célébrer la
sainte Messe, je me sentis poussé à dire la messe du Saint-Esprit. J'éprouvai un
mouvement extraordinaire et célébrai la messe avec vie. Car trois fois le Ciel me rendit
témoignage de Son Serviteur...(ici, le texte donne la continuation du récit.)
Toutes ces visions me furent rendues sensibles comme la réalité. »

48.- Dieu a toujours béni le service d'André Towianski. Depuis plus de trente ans qu'il est
venu en Occident, il n'a jamais dévié de la ligne qu'il m'avait indiqué comme assignée
à sa mission et il marcha toujours comme quelqu'un qui sait où il va, avec la même
force et le même caractère.
Sa parole d'aujourd'hui est comme celle d'il y a trente ans et la parole de cette époque
semble dite aujourd'hui.
Extérieurement on voit peu de fruits, mais chaque ton a été vaincu.

49.- Le but du Serviteur de Dieu est de présenter la vérité et de s'unir avec l'homme dans
la vérité.
Il ne désire rien d'autre que l'union dans la vérité et il ne cherche rien pour lui-même.
Il tourne les âmes vers Dieu et non vers lui-même.
Il réveille l'esprit de l'homme enfoui, enchaîné dans la terre, persuade sa raison, obtient
la joie de son âme pour la vérité. Il s'unit avec quiconque se soumet à la loi de
Jésus-Christ pour accomplir cette loi sur le champ de la vie privée et publique. Son
service accompli dans les limites qui lui sont assignées, il laisse au jugement de
Jésus-Christ celui qui est obstiné contre sa loi.
Il désire qu'on reconnaisse, qu'on sente, qu'on adore la vérité et non que les autres
s'occupent de lui.
Rejetez-moi, dit-il, ) mais accomplissez ce que je vous présente par la volonté de
Dieu.

) 12 )
50.- Il a toujours désiré découvrir au Saint-Père les mystères de son âme. Il a toujours
désiré s'unir avec lui en Jésus-Christ et s'humilier avec lui devant ce qui découle
aujourd'hui de la Miséricorde de Jésus-Christ pour nous fortifier et pour étendre dans
cette époque ce qui a découlé aussi il y a plusieurs siècles de cette source pour la
rédemption de l'homme.... André Towianski a toujours eu la confiance qu'il
accomplirait sa mission avec la bénédiction du Saint-Père et sous sa direction...
Le refus du Pape de le recevoir ne le décharge pas du devoir d'accomplir la volonté
de Dieu.
Aussitôt que les pasteurs de l'Église accepteront l'appel de Dieu pour l'époque actuelle,
André Towianski remettra tout à l'Église.

51.- Dans son service il ne dévoile pas les révélations qu'il obtient de la miséricorde de
Dieu.
Ce qui vient du Ciel n'appartient pas à l'analyse, au jugement de l'homme.
Il soumet à l'analyse et au jugement des Pasteurs de l'Église, non les révélations (objet
d'adoration et d'humble soumission) mais l'emploi et l'application qu'il en fait.
Il leur soumet sa personnalité, ses actions et accepte dans l'humilité et la soumission
qui leur sont dues l'analyse et le jugement sur lui-même et sur ce qui vient de lui.
« Je ne cesserai de m'efforcer (dit-il dans une circonstance importante) de pouvoir
obéir aux Pasteurs de l'Église mais je n'obéirai qu'autant que je ne désobéirai pas par
là à Dieu. La terre et l'enfer (j'ai confiance en Dieu) n'ont pas la force de me faire
désobéir à Dieu ».
« Le plus grand sacrifice pour moi (me dit-il un jour) est quand après avoir déposé
l'abomination pleine du mal devant Dieu, je dois la contenir et n'en montrer qu'une
partie. ) Oh! si je pouvais déposer pleinement devant tous l'abomination du mal qui
se présente à moi comme je me sentirais soulagé! Mais souvent c'est la volonté de
Dieu que je me borne à quelques paroles. C'est cette haine du mal que je dois contenir
qui me consume. Comme je donnerais volontiers toute chose dans l'amour; c'est la vie
du Ciel. Mais le fruit de l'enfer se présente devant moi et je dois déposer la haine
contre ce fruit ».

52.- C'est l'homme le plus libre que j'aie jamais connu: libre de tout et tous.
Par exemple, en 1842, quand il devait se présenter à Louis-Philippe, il eut été reçu s'il
avait consenti à revêtir l'habit noir. Il refusa parce qu'il sentait qu'en se pliant à cela il
aurait perdu toute sa force. « Si j'avais endossé l'habit noir (me dit-il) j'aurais été perdu.
Le soldat va partout avec son uniforme. Si j'osais me servir de la Grâce pour le bon
plaisir de la terre, j'aurais immédiatement des amis, des partisans, de l'argent et de la
gloire. Mais je sais ce que veut dire tout cela et à quoi cela conduit: « prends notre
esprit, notre tendance, sois esclave de notre mal et nous t'élèverons ». Non il vaut
mieux qu'on m'ôte la vie. Tuez-moi si vous le voulez et le pouvez; mais je soutiendrai
mon caractère jusqu'à la fin!

53.- L'union vivante, en Jésus-Christ vivant, est une condition indispensable pour l'union
avec le Serviteur de Dieu. La condition pour avoir l'union avec le Serviteur de Dieu
en Jésus-Christ est de soutenir au moyen du travail intérieur le tressaillement (de la
gloire,) de la Grâce et d'en offrir les fruits à Jésus-Christ dans nos actions, notre vie
entière. C'est une grande chose quand le Serviteur de Dieu peut nouer la fraternité
avec quelqu'un ici-bas.
Tout doit-être mis dans un compte clair avant qu'il ne meure: à savoir avec qui il a la
fraternité et avec qui il ne l'a pas.

) 13 )
54.- La foi ne suffit plus à des millions d'hommes: il faut que l'homme vive et agisse avec
son esprit, qu'il soit éclairé.
Quand l'esprit est dégagé des liens du corps, il est dans son état naturel, il est libre.
C'est cette liberté, ce mouvement qu'il faut conserver.
La vraie liberté pour l'homme est de garder dans le corps le mouvement que l'esprit
avait lorsqu'il était sans corps.

55.- La vie de N.S. Jésus-Christ et tout ce qui se fait dans l'Église ne tend qu'à ceci: élever
l'homme à la hauteur de son esprit.
Jésus-Christ, dans le sacrifice qu'il a accompli et qu'il nous a transmis, nous a donné
le moyen pour nous élever à la hauteur de notre esprit. Jésus-Christ nous a délivré de
l'esclavage.
Jésus-Christ est tout pour nous.
En Jésus-Christ nous trouvons toute lumière et toute force.
Nous n'irons au Père que par le Fils.
Jésus-Christ a sauvé le monde parce qu'il a montré de quelle manière on peut
accomplir la volonté de Dieu et prendre le Ciel.
Ce n'est que par le moyen du triple sacrifice marqué par le Verbe de Dieu, qu'on
accomplit le Verbe.

56.- L'unique but de l'homme est d'accomplir la volonté de Dieu, pour obtenir cet unique
bien: d'entrer dans le Royaume des Cieux.
L'unique force qui, au milieu des nombreuses contrariétés, conduit l'homme à ce but
et lui donne ce bien, est l'amour de Dieu et du prochain et le fruit de cet amour, le
sacrifice que Jésus-Christ a accompli et a transmis à l'homme pour qu'il l'accomplisse.
Mais l'homme ose s'élever sans Jésus-Christ par les arts, les sciences et, de nos jours
par le magnétisme, le spiritisme, etc. C'est la vie païenne; Dieu ne la bénit pas.

57.- L'homme exposé à la lutte incessante contre les forces inférieures et contraires, sans
l'aide de la Grâce ne peut rien faire sur la voie de son salut. L'esprit le plus élevé, le
plus ardent par l'amour et le sacrifice, dès qu'il se trouve dans les chaînes du corps,
abandonné à lui même, peut languir longtemps sans avoir la force de vaincre la plus
petite contrariété, de faire un seul pas sur les premiers degrés de la voie chrétienne.
Jésus-Christ lui-même descendu ici-bas de la droite du Père eut besoin de la prière
fréquente pour accepter le secours du Ciel, l'aide de la Grâce de Dieu.
Il se retirait dans le désert et y priait; ou bien seul sur une montagne il y passait toute
la nuit à prier. Durant son agonie il redoublait ses prières....
Cette croix est la vie céleste.
Sans la croix, il n'y a que la mort.
Les anges dans le Ciel vivent par le moyen de la croix.
Et Dieu a destiné que cette croix se reproduise ici-bas sur la terre.
Alors on vit sur la terre, quoiqu'en partie seulement, comme les anges dans le Ciel
C'est de cette manière que pourra se réaliser ce que nous demandons dans le Pater:
« que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au Ciel ».
Voilà le christianisme.

58.- La voie chrétienne est le sacrifice chrétien. La voie chrétienne est de faire, dans la
mesure de nos forces le même sacrifice que Jésus-Christ a fait. L'essence du
christianisme réside dans l'amour, dans le sacrifice, dans le sentiment, dans ce

) 14 )
mouvement de l'esprit, dans ce feu que Jésus-Christ a apporté et dont il a dit: « Je suis
venu pour jeter le feu sur la terre, et que désiré-je sinon qu'il brûle? »

59 - Le Verbe de Dieu incarné, N-S. Jésus-Christ, a révélé et montré à l'homme, accompli


dans sa plénitude, la Pensée de Dieu manifestée dans la création de l'homme.
Le Verbe de Dieu, la Volonté de Dieu, est que l'homme par la force chrétienne de
l'amour et du sacrifice, recouvre les droits de son esprit, élève à la hauteur destinée son
esprit, son corps, sa vie, qu'il manifeste cette élévation dans tous les actes de sa vie sur
la terre, dans ses pensées, ses paroles et ses actions, que l'homme s'approche ainsi de
l'idéal donné au monde par Jésus-Christ, en qui l'esprit, le corps et la vie étaient le
Verbe de Dieu, étaient à la hauteur que Dieu, par son Verbe, a destiné (permis) à
l'homme d'atteindre.

60.- Le sacrifice (accompli et) transmis par Jésus-Christ est un sacrifice plus élevé qui abolit
tous les sacrifices inférieurs que l'homme pendant des siècles avait offert à Dieu.
C'est le sacrifice de l'esprit, la prière dont le but est de puiser d'en haut la lumière et
la force nécessaires pour accomplir le Verbe de Dieu, la volonté de Dieu; sacrifice qui
doit être accompli non seulement dans l'esprit mais aussi dans le corps et sur le champ
de la vie, des actions de l'homme.
Il consiste à éveiller pour toute chose la vie intérieure, le mouvement ) à le faire passer
dans le corps, à le manifester dans l'action.
Il faut donc émouvoir l'esprit, nourrir ce feu dans lequel il y a tout, la simplicité,
l'humilité, la crainte de Dieu, la sagesse, la puissance; ) faire passer cette émotion, ce
feu dans le corps; ) rendre l'homme égal à son esprit: ) vaincre cette difficulté qui est
la mort: ) manifester ce que nous portons, agir; ) être purs devant Dieu et devant les
hommes.
L'homme qui n'imite pas Jésus-Christ n'est pas chrétien.
L'unité chrétienne est notre planche de salut, qui (avec l'aide de la Grâce de Dieu) peut
nous tirer de nos péchés.

61.- Pour élever l'esprit sur la voie chrétienne il faut être humble, s'accorder au ton de
l'humilité, du sentiment, de l'amour.
Il faut accorder l'esprit au ton de l'Agneau.
En nous accordant au ton de Jésus-Christ nous devenons la ressemblance de Dieu,
nous recevons de nouveau le souffle de Dieu.
Il faut accorder l'esprit au ton de l'Agneau.
L'Agneau de Dieu efface les péchés du monde, mais il ne les efface pas sans la
communion de l'homme. Jésus-Christ a dit: « le Royaume de Dieu est en vous ». Dès
que nous élevons notre esprit au ton de Jésus-Christ le Royaume de Dieu réside en
nous. C'est ce mouvement, cette vie intérieure, cette Grâce, qui forment le Royaume
de Dieu.

62.- Jésus-Christ a dit: « Je suis venu jeter le feu sur la terre et que désiré-je sinon qu'il
s'allume et brûle? »
Au lieu donc de plaisanter, de lancer notre esprit dans des bonds efforçons-nous
d'allumer en nous cette étincelle céleste. Cette étincelle céleste doit s'augmenter jusqu'à
ce que le Verbe de Dieu soit accompli par l'homme.
Au lieu d'éloigner un nuage et puis un autre nuage, allumons dans notre âme le soleil;
il éclaircira tout à l'entour, et en éclairant, il dispersera facilement les nuages. Il ne faut
pas penser aux nuages mais faire cela.

) 15 )
63.- C'est seulement l'esprit ému et vivant qui peut attirer la Grâce pour vaincre les
difficultés et accomplir les devoirs qui lui incombent.
C'est seulement l'esprit ému et vivant qui est ce qu'il est, qui a son existence véritable.
L'esprit qui n'est pas ému n'a aucune force.
Nous devons avoir l'émotion, le mouvement ou bien travailler à avoir l'émotion, le
mouvement, la Grâce.
C'est cela qui s'appelle le sacrifice.

64.- Dans le sacrifice de l'esprit tout est sentiment, attendrissement. Le sacrifice est une
chose qu'on ne peut expliquer: c'est seulement en prenant cet esprit qu'on peut le
sentir et le connaître.

65.- Une seule idée suffit pour émouvoir l'Esprit.


L'idée qui nous conduit au sacrifice peut suffire pour nous sauver. Nous devons nous
attacher à quelques vérités essentielles et de là tirer tout ce qui nous est nécessaire.

66.- Nous devons sentir que l'homme ne peut rien faire. Qu'est-ce que la puissance de
l'homme auprès de la puissance du mal qui couvre le monde.

67.- La Grâce ne descend que sur celui qui est pur, qui a purifié sa propre conscience.

68.- Nous devons nous oublier nous-mêmes pour Dieu.


Heureux qui s'oublie lui-même, qui ne se réserve rien!
Le martyre intérieur, les efforts de l'esprit pour nous oublier nous-mêmes jusqu'au
fond, pour nous manifester pleinement selon la nature de notre âme, pour marcher
sans réserve, sans autres égards, vers le but marqué de Dieu vaincront tout.

69.- L'amour seulement peut (produire) prendre le sacrifice. Nous devons travailler par
amour.
Pour créer cet amour quand l'homme aime quelque chose en dehors de Dieu, il est
contraint de parcourir les détours conduit par le mal, jusqu'à ce qu'ayant atteint le but
de son amour, il en reconnaisse la fausseté, le rejette et se tourne vers le but vrai.
Éveiller l'amour pour la volonté de Dieu est une expression qu'on répète légèrement.
Il faut prendre cela à fond et être bien timide avec ces expressions. Faire cela dans la
réalité, le faire à chaque instant, en chaque chose.... est bien difficile.
Il faut des siècles de travail chrétien pour éveiller en nous l'amour de Dieu, l'amour
pour sa volonté!

70.- Nous devons adorer toute vérité et nous enflammer d'amour pour elle.

71.- Pour obtenir le feu de Jésus-Christ, ne cessons pas de gémir, de prier, de nous efforcer
sans cesse.
La prière est la base de notre salut.
Prier et travailler pour devenir conformes à la volonté de Dieu. C'est seulement par
les gémissements que nous pourrions obtenir que les portes du Ciel s'ouvrent pour
nous.
Au lieu de prendre une autre route et d'être ensuite contraints de retourner sur nos pas
et de venir à la porte du Ciel, restons à cette porte et frappons.
Si la porte du Ciel ne s'ouvre pas, eh! bien employons toute la vie à frapper.

) 16 )
72.- Ou nous agirons avec la force du Ciel ou nous n'agirons pas.
« Le Royaume des Cieux souffre la violence » a dit Jésus-Christ.
L'homme veut jouir pour se dispenser de frapper à la porte du Ciel. C'est l'amour du
plaisir qui nous tue.
Nous devons éveiller toujours en nous le mouvement, la contrition, le sentiment, la
vie intérieure chrétienne.
Faire tout ce qui est possible pour maintenir en soi la vie intérieure, le sacrifice
continuel, du matin jusqu'au soir; veiller, prier sans cesse, porter la croix.
Le matin, par exemple, l'homme sera sec, froid, sans aucun mouvement; il fait ce
travail, s'efforce.... la Grâce le touche, l'émeut... et après il se trouve tout autre.
Mais, sans ce travail, la Grâce ne descend pas; le mal peut conduire l'homme toute la
journée et il tombe dans les péchés les plus graves.

73.- Il ne suffit pas pour nous de prier seulement le matin: nous devons prier toute la
journée.
L'esprit de l'homme doit être toujours en vigilance.
C'est le corps qui se fatigue: l'esprit ne se fatigue jamais.
La bénédiction de Dieu dépend de ceci: si nous travaillons autant que cela nous est
destiné.
(La bénédiction de Dieu ne nous sera accordée que si nous accomplissons cette
prescription.)
74.- Le premier fruit de l'amour est la sollicitude.
Dans le royaume terrestre on s'inquiète sans cesse. C'est l'inquiétude qui soutient le
royaume de la terre et attire l'aide des esprits terrestres.
Ceux qui servent un banquier, autant qu'ils fassent, ne sont jamais contents. Une chose
achevée ils demandent: « Maintenant que dois-je faire? » Ils s'inquiètent toujours pour
servir bien le banquier.
Les serviteurs de Dieu doivent faire de même.
Prier, gémir, chercher en gémissant la lumière: « Que dois-je faire? Comment dois-je
faire? » Alors la Grâce descend et appuie.

75.- Ce sera une grande chose devant Dieu, si durant une journée entière tous les Serviteurs
de son Oeuvre soutiennent en eux l'inquiétude.
Quand la terre même nous pousse à nous inquiéter, le mérite n'est plus aussi grand.
Il faut avoir l'inquiétude avant l'action, et ensuite la paix. Dans le monde on fait tout
le contraire. Avant on est tranquille et ensuite on s'inquiète. Poussière! pourquoi
t'inquiéter quand c'est Dieu qui agit. Le Chrétien doit à tout moment de la journée se
tourner et implorer de lui qu'il ne l'abandonne pas, ne l'éloigne pas de la communion
avec Lui... afin que chacune de ses paroles, chacune de ses pensées, chacune de ses
actions soit chrétienne.

76.- Dans chaque circonstance la première chose à faire est de se tourner vers Dieu pour
connaître de quoi il s'agit et ce que nous devons faire. L'homme ne peut rien faire sans
l'aide du Ciel qui appuie son sacrifice ou bien sans celle des esprits de la terre ou de
l'enfer. Il dépend de l'homme laquelle des trois forces il attirera à lui. D'ou prendra-t-il
la lumière et la force pour ses actions? Dieu nous dit: « Es-tu dans les ténèbres et la
faiblesse? Tourne-toi vers moi qui suis la lumière et la force ». Tout ce qui doit nous
arriver se décide au moment où nous nous tournons vers Dieu afin qu'il nous éclaire.

) 17 )
77.- Chaque jour il faut chercher ce que nous devons faire et n'être pas tranquille que nous
ne l'ayons trouvé.
Et faire tout avec simplicité.
Dans chaque chose un grand travail est nécessaire pour savoir ce que nous devons
faire, quelle décision prendre.
Il n'est pas permis de demander à Dieu la lumière pour une action qui n'est peut-être
pas destinée.
Il faut avant tout le travail intérieur et puis faire attention aux signes.
Le travail et les signes: alors nous avons la Grâce et les facilités extérieures.
Le livre de Dieu est ouvert mais on ne sait pas y lire.
Chacun, même dans la moindre circonstance, doit approfondir la volonté de Dieu.
Dieu éclairera toujours l'homme afin qu'il voie son but et porte la croix plus légère.

78.- Une seule idée suffit pour sauver les individus et les nations.
Conserver ne fut-ce qu'une idée fausse dans l'âme, c'est renverser Dieu de son trône.
Nous ne devons accepter au dedans de nous aucune idée fausse, pas même pour un
instant. A chaque moment, en chaque chose, nous devons nous en référer à Dieu.
Pour la plus petite chose, nous devons prendre l'esprit. Le triple sacrifice est nécessaire
en chaque chose, c'est-à-dire éveiller la vie intérieure, le mouvement, le faire dans le
corps et le manifester dans l'action.

79.- Nous devons observer plus rigoureusement la loi de l'esprit.


Nous sommes sous une loi sévère.
Si nous ne faisons pas le sacrifice pour connaître la volonté de Dieu, nous nous
exalterons pour un but faux, nous nous égarerons toujours davantage et il nous sera
impossible de retourner sur la voie avant d'avoir mangé le fruit amer de notre détour...
Dans chaque circonstance de la vie nous devons avoir présente à notre esprit cette
vérité que, « sans la croix, on ne peut vivre ». De l'amour de l'homme dépend s'il
prendra la croix blanche, légère ) ou bien la (lourde) croix noire, la croix des douleurs
non destinées.

80.- Quand la Grâce de Dieu descend et nous éveille à une action chrétienne intérieure ou
extérieure, nous devons nous garder de lui résister. Nous devons accepter l'attouche-
ment très-saint de la Grâce, avec amour, dans le sacrifice, l'humilité, la crainte et la
confiance. L'émotion avec laquelle nous acceptons l'action du Ciel sur un champ
quelconque ouvre le chemin au Ciel. Malheur à nous, si nous osions accepter ce
souffle céleste avec réserve, si nous osions discuter, analyser ce souffle avec l'organe
terrestre.
Malheur à nous si nous nous arrêtions à des particularités, à des considérations
terrestres, si nous nous resserrions dans un cercle restreint.
C'est soumettre le Ciel aux lois de la terre.

81.- Il faut aimer sans limites. Il faut avoir l'amour pour les amis, la patrie, la famille. Mais
c'est encore un sentiment limité, c'est le sentiment du coeur.
L'amour véritable est plus élevé et plus vaste.
Nous devons avoir l'amour pour Dieu, pour sa volonté et sa vérité, pour l'humanité
et pour toute créature, pour la création entière, pour tous les êtres crées dans les
millions de globes. Il ne faut pas faire de privilèges pour cette terre.
Nous participerons ainsi à l'amour de Dieu, nous aimerons en partie comme Dieu
aime et mériterons la communion avec Dieu.

) 18 )
82.- Nous devons émouvoir notre âme pour Dieu, nous soumettre et nous sacrifier sans
réserve à sa volonté: nous devons aller jusqu'au fond dans l'esprit, dans la pensée, dans
le sentiment, dans l'action, sans égard à nous-mêmes.
Le vrai chrétien sent que Dieu peut faire tout, même par l'instrument le plus misérable.
Il ne pose de limites ni à Dieu ni à son propre sacrifice, se consacre joyeusement à
toute volonté de Dieu; et attend avec confiance la disposition de Dieu.
Par un tel serviteur, le Ciel se plaît à agir.

83.- Quand la Grâce touche, il faut rester seul un certain temps.


Après la communion active, vivante avec le Ciel on ne peut communiquer subitement
avec les hommes. Il faut rester un peu de temps seul, en silence.
Le chrétien, quand la Grâce (le) touche, s'enferme dans sa chambre, prie, gémit... un
esprit bon s'unit à lui... et il peut devenir un grand homme devant Dieu.
Deux heures de concentration, et la vie intérieure prend corps... les paroles restent
gaies, transmettent la joie du Ciel, réjouissent le prochain.

84.- Après que l'esprit s'est allumé au feu de Jésus-Christ il faut le pousser dans le corps.
Il faut pénétrer le corps au feu de l'esprit. En Jésus-Christ le corps est devenu esprit.
D'abord le Verbe a pris notre chair et ensuite la chair est devenue Verbe.
Jésus-Christ a tellement poussé l'esprit dans le corps, en a tellement pénétré son corps
qu'il a sué le sang.

85.- Dans le T.S. Sacrement de l'Eucharistie adorons le corps de N.S. Jésus-Christ élevé à
la hauteur de l'esprit de Jésus-Christ par le sacrifice du corps.
Pour que l'homme s'élève au ton de Jésus-Christ, il faut qu'il établisse l'harmonie entre
l'esprit et le corps.
Si l'homme n'imite pas Jésus-Christ il n'est pas chrétien.
Celui qui ne travaille pas à cette élévation du corps à la hauteur de l'esprit n'adore pas
le T.S. Sacrement. « Celui qui ne mange pas ma chair et ne boit pas mon sang n'entrera
pas dans le Royaume de Dieu » a dit Jésus-Christ.

86.- Il faut avoir soin du corps.


Chez plusieurs, le corps ne peut être fortifié que par l'effort de l'esprit purifié et fort,
qui pousse fortement dans le corps. Si le corps n'est pas chaud il est impossible à
l'esprit de le pénétrer et de manifester par le corps le Ciel sur la terre.
Le forgeron fait chauffer le fer pour pouvoir le travailler. Ceux qui se complaisent à
rêver aiment le froid. Pour vivre sur la terre, il est nécessaire que le corps ait une
certaine chaleur. Il faut jeûner; par le jeûne le corps s'affaiblit, et on réussit plus
facilement à le vaincre. Affaiblir l'ennemi est une ruse de guerre.
Toutefois il faut sustenter le corps. C'est un devoir essentiel.
Il faut user pour le corps des lois de la terre sans détourner l'esprit de Dieu.
Bien souvent le corps est traité d'une manière contraire aux lois de la vérité chrétienne
et terrestre et devient une grande contrariété pour l'esprit.

87.- C'est le devoir de chacun d'appliquer lui-même par son propre sacrifice, à la position
où il se trouve, la lumière qu'il a reçue et acceptée par la miséricorde de Dieu. Pour que
la lumière puisse être pratiquée, il faut la réduire à la simplicité du catéchisme.

) 19 )
88.- Nous devons porter (pratiquer) la sollicitude pour tout ce qui se trouve sur le champ
de notre vie privée et publique et implorer en gémissant la lumière et la force
nécessaire pour agir sur ce champ.

89.- Méditer, travailler souvent dans l'esprit pour connaître nos devoirs et voir de quelle
manière les accomplir. Puis travailler pour prendre dans l'âme l'action qui doit réaliser
ce que, à l'aide de la Grâce, on aura connu et vu.... Travailler et approfondir en esprit
dans quelle mesure seulement on peut produire et rendre vivant sur la terre ce fruit de
l'esprit.
Enfin faire des projets pour chaque action, maintenir cette tendance, tirer (sans les
rompre) ces fils nombreux de notre vie chrétienne et publique, en tendant les uns plus
fortement, les autres moins, suivant que la position, les circonstances et les besoins du
prochain nous en feront sentir le devoir (la nécessité). Si nous entrons sur le champ
de l'action sans faire ce travail, ce sacrifice, la Grâce n'aidera pas et l'action restera ou
morte ou non chrétienne.

90.- Lorsque l'homme, ayant élevé son esprit au ton de Jésus-Christ, a vivifié son corps, l'a
élevé, accordé avec son esprit, il est prêt pour l'action et en dépose le fruit sur la terre.
Aussitôt que l'esprit est animé, il faut commencer la vie libre de l'homme: manifester
la liberté de l'esprit dans les actions, la présenter avec tous ses fruits devant Dieu et
devant la patrie.

91.- La solitude est nécessaire pour nous concentrer, mais nous devons être chrétiens
partout, dans toutes nos actions, sur tous les champs de la vie.
Quand la Grâce commence à éveiller la vie au-dedans de nous, demeurer là où il n'y
a pas de champ pour l'action, chercher à augmenter encore la lumière, c'est anéantir
l'action, c'est tuer toute la vie que la Grâce a éveillée.

92.- En prenant en nous le feu de Jésus-Christ, en nous soumettant à Dieu, nous devons
manifester continuellement notre vie (intérieure).
La première chose est d'être purs devant Dieu et devant les hommes ) manifester ce que
nous portons.
C'est une grande bassesse de ne pas manifester ce que nous portons et une grande
responsabilité devant Dieu et devant le prochain.

93.- Nous ne devons pas perdre la vie, cette précieuse qualité de l'esprit.
Nous devons la purifier et l'élever, et elle se changera peu à peu en vie supérieure.
On ne progresse que par la vie et ses fruits.
Arrêter la vie est notre péril le plus grand...

94.- Nous devons rejeter notre timidité devant les hommes et ne la conserver que devant
Dieu.
Garder notre étoile et nous jeter sur le champ de l'action.
Il ne faut jamais reculer devant l'action.
Faire tout ce que nous pouvons.
Si nous cessons d'agir nous sommes perdus.

95.- Nous ne devons jamais perdre de vue notre but: adorer, accomplir, défendre toujours
la vérité avec l'aide de la Grâce et y inciter les autres...
Ne nous arrêter jamais dans l'action. Renouveler nos efforts, mais ne pas nous arrêter.

) 20 )
Prendre le mouvement le matin et ne plus interrompre l'action jusqu'au soir.
Le matin nous agirons avec sacrifice, le soir nous défendrons la vérité, avec la force
païenne...,n'importe. Combattons toujours....
Nous gémirons sur nos manquements et le lendemain nous augmenterons notre
sacrifice.

96.- Quand nous sommes fatigués, nous devons cesser notre travail et retourner à la vie
simple: descendre plus bas mais toujours sur la même ligne.
Quand nous sommes trop abstraits dans l'esprit, nous devons vivre dans la terre, en
tirant le fil de notre travail dans la paix intérieure.
Le matin rester devant Dieu pendant quelques minutes dans la nullité absolue: puis
voir aussitôt ce que nous devons faire dans le courant de la journée et prendre l'action.
Le degré inférieur est la base pour le degré supérieur. Quelque petite en apparence que
soit la chose que nous faisons, nous devons être contents si nous trouvons comment
la faire et si nous la faisons dans la vérité.
Mais avant de nous remettre à un travail, ou à une action quelconque, nous devons
éveiller en nous l'amour, l'ardeur pour ce travail et ne jamais commencer sans cela.

97.- Il faut arriver à être sûrs et parfaits sur le degré où Dieu nous appelle.
Être concentrés, ne pas quitter la position où Dieu nous a mis, garder fermement ce
point, se servir de tout pour purifier et élever ce point.
Être actifs, sociables, expansifs, naturels, soumis à tout ce qui arrive.
Nous devons pratiquer ces vertus sur le degré supérieur où Dieu nous appelle et nous
pousse.
L'enfant possède les qualités qui doivent être le modèle pour l'homme mûr. C'est avec
les qualités de l'enfant que l'homme doit s'élever au degré qui lui est propre:
« Quiconque n'accepte pas le Royaume de Dieu comme un enfant, n'y entrera pas ».
Quand sous la force des contrariétés nous nous sommes éloignés de voie droite, nous
devons y retourner au plus vite.

98.- Personne ne doit libérer le prochain de sa croix et s'en charger lui-même.


C'est priver le prochain du mérite que la croix procure; c'est trahir le prochain sur le
champ de son salut.
L'homme doit, comme un violent, ravir le Royaume des Cieux par la force de sa croix,
de son sacrifice.
Dieu a créé l'homme sans l'homme, mais il ne peut sauver l'homme sans l'homme.
L'homme ne peut être porté dans le Ciel... y entrer sans la robe nuptiale. Il doit y
entrer par lui-même, il doit mériter le Ciel, il doit s'élever au Ciel dans son progrès
chrétien.

99.- Autre chose est de donner la main au prochain qui marche dans la voie chrétienne par
la force de la croix qu'il porte dans son coeur et autre chose de porter dans la voie
chrétienne le prochain qui n'accepte pas cette voie ni la force qui y conduit.
L'amour du prochain consiste, non pas à lui donner l'appui en nous-mêmes, mais à
l'aider à recourir à Dieu, à s'appuyer sur Dieu: c'est-à-dire qu'il consiste à s'appuyer sur
Dieu en union avec le prochain.

100.- Il ne s'agit pas que la chose soit faite, mais qu'elle soit faite par celui qui doit la faire
pour son propre progrès, pour son propre salut.

) 21 )
On ne peut rien puiser pour l'Oeuvre de Dieu d'une source impure. Chacun doit
combler la mesure d'amour et de sacrifice qui lui est destinée.
Personne ne peut se mettre au poste d'un autre: puisque la liberté, l'égalité, la fraternité
disparaîtraient alors... ce serait la prédominance de l'un sur l'autre, et le frère, au poste
duquel un autre serait mis, reprocherait à ce dernier au tribunal de Dieu de s'être mis
à son poste.

101.- L'action intérieure est la source des actions extérieures.


L'action intérieure est notre action, elle est tout pour nous.
Les actions extérieures ne nous appartiennent qu'en partie.
Elles sont l'action de Dieu.
Des actions intérieures de l'homme dépend son compte devant Dieu. Du compte de
l'homme devant Dieu dépend sa direction pour sa vie entière.

102.- Dans la direction de sa vie, l'homme est conduit par la force du Ciel, la Grâce de Dieu
ou par les forces de la terre et de l'enfer.
Le monde ne se préoccupe que d'agir. Le monde agit sans cesse. Le monde agit sans
la Grâce de Dieu.
A quoi sert de nous efforcer dans l'action extérieure, si, pour n'avoir pas accompli
l'action intérieure, le mal renverse nos plans et nous fait agir selon les siens?
Faisons dans notre intérieur l'action qui nous est destinée; et quand nous aurons fait
l'action qui est nôtre les anges porteront, et les autres actions qui nous touchent seront
faites.

103.- Il faut sentir la différence qu'il y a entre le Ciel et la terre. La terre doit céder devant
une parcelle du Ciel soutenue fidèlement.
Kosciuszko est plus grand que Napoléon, bien qu'il ait agi sur un champ moins vaste.
La grandeur de Kosciuszko réside en ceci: qu'il a fait passer une parcelle du Ciel par
le triple sacrifice, de l'esprit, du corps et de l'action.

104.- Il faut faire chaque action, même la plus petite, dans le sacrifice plein.
Personne ne la voit: Dieu seul regarde dans quel esprit elle est faite. Alors seulement
pourra s'ouvrir un champ plus vaste.
Dieu ne regarde pas à la grandeur de l'action, mais à l'intention, à l'amour et au
sacrifice avec lesquels l'action est faite.
Les secrets des coeurs sont dévoilés pour le Seigneur.

105.- Même en faisant très peu de chose devant la terre, nous pouvons faire beaucoup
devant Dieu.
Il faut être humbles... expérimenter chaque chose... chercher partout la vérité... voir
ce qui a une plus grande probabilité de réussite... choisir devant Dieu... faire le sacrifice
dans l'esprit et sur la terre.
Aucune chose n'est indifférente.
Dans l'action, la moindre, nous pouvons mériter ou démériter.
Il nous faut dans chaque chose avoir l'amour pur de la vérité sans aucun égard
terrestre. Cela rend possible les choses impossibles. Il faut agir simplement,
naturellement, dans l'unité.
Avoir toujours la voie prête pour se retirer au cas où l'action serait reconnue
impossible.

) 22 )
106.- Quand il y a probabilité de devoir servir quelqu'un, nous devons aussitôt tourner notre
âme vers ce point et tâcher de sentir quelques paroles essentielles.
En ces premiers moments la Grâce aide.
La Grâce donne toujours un moment de lucidité. Il faut noter, bien que peu de
paroles.
On va de l'avant sur cette ligne, et la chose essentielle se fera. On note quelques
paroles... on tient l'esprit tourné sur ce point, et même en se promenant on ajoute
quelque chose.

107.- Une fois nos forces fixées sur le point important pour nous si nous tournons l'esprit
ailleurs l'action ne se fait plus.
C'est un grand secret de disposer toute chose pour soutenir la tension, dans l'esprit
comme dans le corps, pour l'action qui s'approche. La moindre chose peut apporter
un grand préjudice à cette double force d'esprit et de corps.
Il faut travailler dans le sacrifice pour voir de quelle manière conserver les forces que
Dieu nous donne et les tourner uniquement vers le but destiné.

108.- Dans chaque action nous ne devons voir qu'un point seul, le point essentiel: nous
devons diriger tout vers ce point, travailler continuellement pour nous tenir vides de
nous-mêmes, ne pas diviser nos forces, être entiers à ce que nous faisons.
En faisant cela, nous réussirons aussi plus facilement à maîtriser notre corps et à
calmer le sang.
Pour maintenir le point essentiel, nous devons faire le sacrifice de beaucoup de points
accessoires.
Si nous voulons sauver tout, nous courons le risque de perdre tout. Le mal, sans rien
céder de l'essence, sait céder sur les points secondaires. C'est principalement par ce
moyen que le mal triomphe sur la terre.
Nous ne devons pas penser aux difficultés: nous devons reposer dans la chose que
nous avons à faire et avoir confiance en Dieu.

109.- Avant d'aborder une action quelconque nous devons tourner notre esprit vers cette
action et faire une certaine tension.
C'est une condition indispensable.
Par cette tension, l'esprit s'élève au-dessus de zéro.
Nous ne devons pas rompre cette tension.
Le bain calme l'homme et le met au zéro. Prendre un bain avant une action grave est
un grand empêchement.

110.- Quand la volonté de Dieu ne s'est pas encore manifestée ni quant au temps, ni quant
au ton d'une action, nous devons attendre dans l'esprit de soumission que la volonté
de Dieu à cet égard nous soit rendue manifeste. Et en attendant, accomplir et porter
cette action dans l'esprit sur le champ de nos devoirs: et l'action se fera en son temps.
Autrement tout ira de travers. La Grâce n'appuie pas les traîtres.

111.- Par le sacrifice continuel, nous devons maintenir en nous le foyer de l'esprit au milieu
des contrariétés.
Nous devons toujours émouvoir notre esprit: quand l'esprit est ému il est dans son
foyer.
Nous devons penser, parler et agir uniquement en ce foyer de l'esprit, avec crainte et
vigilance.

) 23 )
Prendre dans ce foyer de l'esprit l'essence de chaque vérité, condenser le tout en deux
ou trois paroles. Les rayons, en mêlant la vérité à la terre, l'affaiblissent et lui enlèvent
son caractère.

112.- Repasser, élaborer chaque vérité dans le foyer de l'esprit par le triple sacrifice, devenir
capable ainsi d'accomplir la vérité. C'est seulement dans le foyer de l'esprit que résident
la Grâce de Dieu et la force pour l'homme.
C'est seulement quand l'esprit est recueilli dans son foyer qu'il est ce qu'il est.
Nous devons mûrir l'action jusqu'à son apogée, dans le foyer de l'esprit.

113.- Il est nécessaire de devenir homme mûr pour agir sur des champs graves.
Dans l'action contre le mal il faut que ce soit les deux apogées qui soient aux prises.
Ce n'est que le foyer céleste et non les rayons célestes qui vaincra le foyer inférieur,
grand et fort.
Pour arriver à cela nous devons tenir vivants en nous à chaque instant l'amour pour
le bien et la haine pour le mal et les manifester.

114.- Nous ne pouvons agir sans la communion avec le Ciel. Le Ciel vit de l'amour pour le
bien et de la haine pour le mal.
Nous ne pouvons donc nous unir au Ciel qu'en faisant les mêmes mouvements dont
ils vivent.
Il arrive parfois que ce double mouvement déborde: et le sacrifice (est) nécessaire pour
entretenir la plénitude.
Alors il y a la force pour l'action. Sans cela il n'y a rien.

115.- Avant une action grave nous devons rester quelque temps seuls.
Nous devons vaincre avant tout l'atmosphère contraire en nous recueillant intérieure-
ment, en priant, etc...
Avant tout nous devons agir avec les esprits, et ensuite nous pourrons agir avec les
hommes. Puisque les hommes sont entourés d'esprits.
Les esprits tentent, les nuages nous offusquent: nous devons par un travail ininterrom-
pu nous élever au-dessus des nuages.
Percer les nuages et vivre au-dessus d'eux.

116.- Ce sont les violents qui ravissent le Ciel.


Nous devons nouer, resserrer l'union avec les esprits qui de l'autre monde nous
guident, sur le champ où nous devons agir.
Durant la tentation: reposer en Dieu, prendre le cercle d'action le plus petit, et ne pas
en sortir même par la pensée, autrement le mal s'empare de nous.
Au milieu d'une atmosphère contraire, soutenir la vérité est une grande chose et élever
l'étendard de Jésus-Christ, progresser d'une manière accélérée.
L'action extérieure dépend de Dieu: pour nous, nous ne devons faire autre chose que
de nous tenir à notre poste et l'action extérieure se fera.
Nous devons avoir confiance en Dieu; pas même un cheveu de notre tête ne tombe
sans sa permission.
Dans chaque action le mérite de l'homme devant Dieu et devant le prochain de ce
monde et de l'autre, dépend uniquement de l'esprit que l'homme maintient au milieu
de l'atmosphère contraire.

117.- Il faut être attentifs aux signes et les suivre sans délai.

) 24 )
Nous pouvons perdre toute force, et même devenir malades, si nous nous obstinons
à continuer le travail dans une certaine direction, quand nous voyons que la direction
est changée.
Nous devons aussi modifier l'action selon la direction du prochain. Un moment peut
changer tout.
La direction change, l'action doit changer.

110.- L'essentiel pour la réussite de l'action est de soutenir le sentiment toujours vivant, et
d'être libres de nos projets. Si nous agissons seulement d'après un plan préconçu, nous
n'aurons aucune force.
C'est seulement le sentiment soutenu avec sacrifice qui est appuyé par la Grâce.
Chaque jour nous devons faire le plan de notre action, mais nous devons toujours le
soumettre à Dieu.
Nous devons toujours tenir l'esprit vivant: de cette façon quand l'action sera changée,
nous ne serons pas troublés.

119.- Pour savoir ce que nous devons faire, nous devons toujours interroger notre esprit,
écouter notre sentiment.
Ne jamais nous attacher à la lettre, autrement quand la Grâce voudra nous guider, la
lettre nous détournera de la suivre.
Nous devons conserver sans cesse la liberté chrétienne.
Nous devons travailler dans le sacrifice pour préparer notre esprit, puis nous rendre
des instruments dociles de la Grâce.
Mais c'est la Grâce qui nous guidera, qui agira, qui parlera pour nous.
Une parole peut suffire.
C'est là-haut que se décide ce qui doit être dit.

120.- Au moment de l'action il faut être vides... se confier en Dieu... sans aucun projet.
Quand l'homme agit pour Jésus-Christ, il doit devenir sot pour Jésus-Christ.
Mickiewicz en était un grand exemple. Pour faire ses leçons, il priait à St-Séverin;
aussitôt qu'il en avait pris l'esprit, il disait:
« Ah! la leçon est faite, tout ira bien ».
) « De quoi parlerez-vous? »
) « Je ne sais ».

121.- L'esprit de l'époque seulement vaincra tous les obstacles. On peut agir sans idée, mais
non sans cet esprit.
Nous devons porter la haine du mal même en parlant dans le ton de l'Agneau.
La haine contre le mal est notre force: sans cela il est impossible de s'élever;
impossible d'avoir l'esprit de l'époque.
Nous devons veiller pour sentir la disposition du prochain. Donner ce qui est destiné
dans le ton et à l'heure destinés.
Durant l'action nous devons rassembler continuellement les rayons de l'esprit. Agir
toujours du sommet de l'esprit.
Nous y élever, et nous y maintenir.
C'est seulement du sommet de l'esprit qu'on peut voir les choses dans leur lumière
véritable.
Si nous ne nous élevons pas jusqu'au sommet, la vue change.

) 25 )
122.- Nous devons maintenir en nous le foyer de l'esprit au milieu des contrariétés. Penser,
parler, agir, seulement avec le foyer. Nous devons faire passer chaque vérité par le
triple sacrifice. Ne travailler que pour Jésus-Christ. L'essence de tout gît en ceci: « Le
Ciel vivant, maintenu sur la terre dans sa pureté ».

123.- Le serviteur libre de Jésus-Christ voit seulement l'esprit du frère qu'il sert; par
conséquent il sert les personnes qui ont une situation élevée dans le monde, de la
même manière qu'il servirait un mendiant quelconque.
Dans le royaume, dans l'Église de Jésus-Christ, et par conséquent sur le champ de tout
service chrétien, il n'y a d'autre grandeur que celle qui dérive de la valeur chrétienne:
et cette grandeur n'empêche pas mais facilite au chrétien son service.
La seule différence entre un service au roi et un service à un mendiant consiste en ceci:
que le premier de ces services, quand il n'est pas accompli, aggrave plus que l'autre la
responsabilité du serviteur négligent devant Dieu, devant l'Église et devant la patrie.

124.- On doit dire la vérité entière, même à celui qui a le corps faible. Si nous avons égard
à la faiblesse du corps, nous trahissons l'esprit et rendons le corps du prochain encore
plus faible.

125.- Dieu ne permet pas que la vérité soit donnée à celui qui est sur les détours. C'est une
miséricorde afin que la vérité ne vienne pas à être repoussée ni acceptée indignement.
Celui qui se trouve sur les détours ne peut accepter les choses supérieures tant qu'il
n'est pas rentré dans la voie.

126.- Quelqu'uns transmettent la lumière supérieure vraie et pure, mais ne la transmettent


pas dans l'esprit supérieur, dans l'esprit de l'époque.
En donnant la lumière supérieure, on élève le prochain, mais en ne la donnant pas
dans l'esprit de l'époque, on l'enchaîne.

127.- Nous ne devons donner à chacun que ce qu'il peut accepter.


Là où le prochain commence à ne plus pouvoir supporter, là commence le scandale,
celui qui veut donner à quelqu'un plus qu'il ne peut accepter le pousse à des actions
qui ne sont pas selon la volonté de Dieu.
C'est pourquoi Jésus-Christ a dit: « Soyez prudents comme les serpents ».
C'est notre croix (Il est nécessaire) de sentir de quelle manière et dans quelle mesure nous
devons donner.
Toucher les cordes sensibles et éviter les chocs.
Le chirurgien qui doit faire une opération se garde bien de couper la largeur d'un
cheveu plus qu'il n'est nécessaire.
Le dompteur qui entre dans une cage de lion a le plus grand soin de ne pas l'irriter.
Aussi est-ce quelquefois une miséricorde de Dieu que l'action s'accomplisse au milieu
de beaucoup de contrariétés visibles et invisibles.
Quelquefois si nous n'étions pas faibles, nous ne pourrions pas maîtriser notre feu et
tout irait de travers.
Il suffit souvent d'une parole de trop pour gâter tout.

128.- Celui-là n'agit pas selon la loi de Jésus-Christ qui reste indifférent pour le prochain, qui
n'entre pas dans sa position, qui ne partage pas ses joies et ses afflictions.

) 26 )
Nous devons agir non seulement en esprit, dans l'abstraction, mais aussi comme
personne vivante, en tirant le fil de l'action, en entrant dans la position du prochain,
en appliquant à sa position ce que nous transmettons.
Ce que l'on ne fait pas entrer sur le champ de la vie, de la pratique, est mort sur la
terre: par conséquent c'est un péché pour quiconque est appelé à contribuer à ce que
le Verbe de Dieu et l'Église de Jésus-Christ vivent par l'homme.

129.- A celui qui n'a pas encore l'âme ouverte aux choses supérieures, il ne faut pas donner
beaucoup de paroles, beaucoup d'écrits... mais quelques paroles dans l'épanchement
et la vie intérieure.
Il faut suivre l'esprit des temps.
Au commencement, il fallait secouer: maintenant il est nécessaire que la chose soit
formulée dans le ton convenable,

130.- D'abord il y avait l'exaltation: maintenant il y a la concentration. Dans chaque action


il s'agit de savoir ce que nous devons faire, ce que nous devons dire et quel esprit nous
assiste.
Il faut méditer, aller au fond du point dont il s'agit de donner le mouvement.
Si nous parlons beaucoup, nous obligeons le prochain à faire un travail difficile pour
en extraire l'essence.
Il faut établir la base en quelques paroles, et ensuite on peut développer la substance.
Condenser l'essence de chaque vérité en deux ou trois paroles. Présenter le devoir
d'une manière accessible.

131.- Travailler intérieurement pour sentir et voir quelle est pour le prochain la voie
véritable sur la route où il se trouve, et la lui montrer.
Il ne s'agit pas de lutter, de pousser, mais seulement de voir la voie droite et d'exposer.
Et l'action sera faite. En nous tenant à l'unité, la chose est plus facile. Nous devons,
par la force de l'amour et en entrant dans la position du prochain, sentir quelle vérité
lui est nécessaire: choisir comme dans une pharmacie le point essentiel: s'y tenir,
l'exposer toujours avec les mêmes paroles et s'y rapporter en chaque occasion.

132.- Une seule idée suffit pour nous sauver.


Il faut le travail intérieur, et l'esprit du Seigneur nous guidera. Mais il faut aller jusqu'au
fond. Si un seul recoin reste réservé, la Grâce n'aide plus.
On doit présenter la vérité nue au serviteur, au soldat de Jésus-Christ.
Aujourd'hui que s'approche (pour) beaucoup le jugement de Dieu et la direction pour
leur avenir séculaire, que l'esprit a ainsi besoin de la vérité nue, on doit exposer la
vérité telle qu'elle est: on doit parler sans égard à l'homme.
Nous devons nous sacrifier pour dire la vérité dans son extrême unité, puisque dans
une position comme celle là, on ne parle pas à l'homme mais seulement à son esprit.
Donner la vérité dans son unité c'est de réduire tout au nombre indispensable des
paroles.
C'est l'unité qui a la force.
Le Ciel ne s'unit qu'à l'unité, à l'essence de la chose céleste.
L'unité suprême est en Dieu.
Dieu conduit tout à l'unité.

133.- L'amour de l'unité est l'amour de Dieu.


Le Verbe est un.

) 27 )
Comme partie de l'unité suprême, le Verbe est en Dieu: Dieu est le Verbe.
Jésus-Christ, assis à la droite du Père, en unité avec le Père, porte en lui tout le Verbe,
toutes les pensées du Père; sur la terre, le Verbe est la parcelle du Ciel destinée à la
terre afin qu'elle soit acceptée et accomplie sur la terre.
Jésus-Christ a donné dans l'Évangile l'unité pour le monde: il a donné dans l'unité le
Verbe, la volonté du Père, il a donné tout le progrès qu'on doit faire dans sept
époques.
Le monde tournera autour de cette unité, jusqu'à ce qu'il y soit arrivé.

134.- En présence de l'unité du Verbe que sont les ouvrages innombrables de doctrine, les
bibliothèques, etc.
Le Verbe, ce Ciel destiné à la terre, cette unité suprême est ici-bas comme un grain de
sénevé, enfoui sous des montagnes de terre et même d'enfer.
Celui qui aime le Ciel percera les montagnes et arrivera à l'unité, à l'essence. Voilà
l'amour.
Mais reposer dans la lettre et ne pas chercher la loi de Jésus-Christ, s'agiter à la surface
et ne pas aller au fond, n'est pas l'amour.
Ceux qui n'ont pas suffisamment d'amour pour percer ces montagnes, n'arriveront pas
au but, malgré les plus grands sacrifices.
Mais ceux qui portent cet amour perceront facilement les montagnes et atteindront
leur but.

135.- Nous devons nous garder de paroles au prochain, et spécialement à qui nous est
supérieur, dans un ton de domination, d'orgueil.
Notre domination, notre orgueil est un obstacle de plus pour le prochain et
spécialement pour qui nous est supérieur, à accepter ce que nous lui présentons et
arrête pour nous-mêmes l'aide de la Grâce.
Pour que nous puissions nous unir avec le prochain en Jésus- Christ ou le mettre en
compte devant Jésus-Christ, il faut que les deux parties ou au moins l'une d'elles, se
mettent dans la poussière devant Jésus-Christ.
Une fois le service envers le prochain accompli dans les conditions chrétiennes, il n'y
a plus rien à faire envers lui tant qu'il ne s'humilie pas devant l'appel de Dieu et ne
cherche pas lui-même l'aide fraternelle.

136.- Le sacrifice réel, bien que minime, est appuyé d'en haut.

137.- Tout ce qui vient de la bonté du coeur de la part de qui que ce soit doit être une chose
sacrée. Tout sentiment est une partie du Ciel. C'est une dette qui pèse sur nous de
répondre au sentiment par un sentiment égal. Persécuter ce qui vient du sentiment est
crucifier Jésus-Christ.

138.- Nous devons répondre au sentiment et ensuite dire la vérité en quelques paroles dans
le ton convenable. Parler avec confiance, avec une pleine sincérité, répondre au coeur,
au sentiment, mais soutenir le caractère. Ne tressaillir que pour Jésus-Christ; ne pas
incliner vers le mal même un instant; et cela non plus dans l'esprit. Nous sacrifier pour
que le prochain entre dans l'époque chrétienne supérieure. Ne pas divulguer sur le
champ de l'action. Toute action grande doit rester un certain temps dans la région
d'esprit.

) 28 )
139.- Celui qui, n'entrant pas dans les faiblesses du prochain, émet un ton sévère pour les
péchés terrestres, cédera à la Bête.

140.- Nous devons servir les hommes de bonne volonté.


Nous ne devons pas lutter contre la mauvaise volonté. Nous ne devons pas descendre
sur le champ du raisonnement, de la discussion. Nous ne devons pas irriter le
prochain, tandis que Dieu lui-même réveille déjà l'homme par tant des moyens
intérieurs et extérieurs. Nous devons servir avec amour, sacrifice, expansion,
quiconque désire être éclairé.
Il est facile de servir la bonne volonté. Nous n'avons à faire autre chose qu'apprendre
quelques lignes d'un écrit de l'Oeuvre et de l'expliquer.

141.- Quand quelqu'un présente devant nous le foyer terrestre et d'autant plus quand il
présente le foyer infernal, c'est positivement notre devoir d'y opposer le foyer chrétien,
céleste. Le mal pousse toujours à donner des explications, des éclaircissements... il faut
présenter le foyer céleste. Les deux foyers seront à leur sommet, et le mal sera frappé.
Dans le foyer est la certitude.
Parler avec amour devant les fruits du mal est faiblesse et mort.
L'horreur contre le mal du prochain est l'amour véritable pour le guérir.

142.- Nul égard aux personnes. Le vrai et le faux: voilà tout. Il n'y a pas d'exceptions.
L'homme observe les égards, l'exquise politesse... et ensuite il ne sait pourquoi il
souffre, pourquoi il est sans vie.
L'exquise politesse, la délicatesse... et l'enfer gouverne la terre!
Si un tel ton émane de nous, qui brisera ces chaînes? qui défendra la cause du
Seigneur? Celui qui est délicat ne peut être chrétien.
Éveillons en nous et déposons l'horreur contre le mal, et ce sera notre défense. Seul
le Verbe de Dieu vivant pourra nous défendre, et non le Verbe mort.

143.- Le triple sacrifice, le sacrifice complet est le Verbe vivant. Nous devons déposer
devant le prochain l'horreur de son mal. C'est cela qui le guérira. L'homme pèche, et
après il ne s'en souvient pas. Nous ne devons ni attaquer le prochain, ni l'irriter mais
quand l'occasion se présente dire quelques paroles simples, humbles, mais concentrées.
Et ni trembler, ni rougir, ni baisser les yeux, autrement c'est trahir Jésus-Christ.

144.- Porter la concentration intérieure, reposer dans l'unité chrétienne, dans le foyer, prêts
à résumer tout en quelques paroles. Rendre à César ce qui est à César, payer l'impôt
des convenances sociales mais ne pas donner le sentiment... Et montrer la joie.
Notre assurance chrétienne, notre paix intérieure est une aide pour le prochain.
Le monde nous juge par les faits...
La femme galante, encore qu'elle soit troublée intérieurement, s'efforce et se sacrifie
pour persuader à qui la courtise qu'elle est gaie et heureuse.
Le mal s'appuie sur le mal, nous, appuyons-nous sur Jésus-Christ?

145.- Le joug de Jésus-Christ est la liberté universelle.


Le foyer chrétien présenté, tout tombe. Jésus-Christ vainc toute chose.
La vapeur païenne cède devant le foyer chrétien.
Nous devons agir sur le prochain par l'assurance qui découle de la paix intérieure.
A ceux que nous avons servi déjà amplement et auxquels il est destiné de produire les
fruits de ce qu'ils ont reçu, nous ne devons plus dire que quelques paroles.

) 29 )
Si l'agriculteur ne faisait que labourer et ensemencer sans cesse, les semences
certainement ne produiraient aucun fruit.

146.- S'entretenir avec quelqu'un sans arriver à l'union en Jésus-Christ est temps perdu.
Nous devons toujours, ou bien avoir l'union en Jésus-Christ et jouir de cette union qui
est la Grâce, la force, ou encore travailler à atteindre ce but.
Toute autre action avec le prochain est fausse.
Peut-être parlerons nous une seule fois avec une personne, mais nous devons diriger
tout vers ce but.
S'il n'y a pas d'espoir d'atteindre ce but avec une personne, évitons-la.

147.- Dieu exige le mouvement pour toute vérité.


L'union des deux parties dans ce mouvement est l'union chrétienne. La séparation a
lieu entre les hommes depuis le moment où l'un accepte et l'autre rejette l'appel de
Dieu.
Alors il ne nous reste qu'à accomplir dans nos relations avec le prochain les paroles
de N.S. Jésus-Christ: « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».
Nous devons avec chacun établir la base et la maintenir.
Faire ce sacrifice, conclure et attendre les fruits.

148.- Nous devons sentir jusqu'à quel point nous devons tolérer et donner la main.
Jésus-Christ a donné la main à Judas et a mangé avec lui.
En se laissant baiser par Judas, Jésus-Christ a sauvé Judas.
Judas portait en lui le mal. Afin que ce mal put être chassé de lui, il était nécessaire que
Judas passât par l'enfer. Et à cause de cela, qu'il déposât le sommet du péché sur la
pureté même descendue du Ciel.
Sans juger rien et ne voyant que l'esprit du prochain, nous devons lui donner la main
avec chaleur, et puis lui dire la vérité au nom de Jésus-Christ. Ou il s'y unit et il est
sauvé, ou il rejette et devra retourner sous la verge des afflictions.

149.- Nous ne devons pas rompre l'union avec le prochain mais nous en rendre libres et
nous élever.
En lui parlant, en lui écrivant, nous élever encore davantage... travailler dans l'esprit
de l'époque supérieure.

150.- Nous devons seulement exposer la vérité, sans désirer le moindrement qu'elle soit
acceptée, et laisser le reste à Dieu. Ne pas nous décourager à cause des obstacles. La
vérité que nous avons présentée dans le sacrifice sera certainement accomplie, mais
nous devons aller jusqu'au fond.
Quatre ou cinq paroles tirées du Ciel et Dieu pousse par la Grâce.

151.- Il peut y avoir des actions qui brillent dans les siècles, comme une étoile, pour celui qui
l'a faite.
Il en est quelqu'uns de ceux qui ont fait une bonne action du temps de Jésus-Christ,
qui ont ensuite commis des péchés graves, méritant l'enfer. Mais il y a toujours eu une
Grâce qui les protégeait parce que cette action revenait dans chaque compte.
Une telle action montre la bénédiction de Dieu sur l'homme et sa vocation.

) 30 )
152.- Sans l'accomplissement de la loi de Jésus-Christ dans l'esprit, dans le corps, dans la vie,
dans l'être tout entier de l'homme, le Verbe de Dieu ne vit pas sur la terre, l'Église de
Jésus n'y triomphe pas, par conséquent l'homme ne peut être sauvé.
Le non-accomplissement de la loi de Jésus-Christ dans cette plénitude est la source de
toutes les difficultés et trace un compte grave devant Dieu et devant la patrie.

153.- Toute contrariété que l'homme éprouve découle de sa négligence dans l'accomplis-
sement de ses devoirs chrétiens; du rejet de l'amour et du sacrifice, cette essence de
tous les devoirs chrétiens, et elle est permise afin que par la force d'un amour et d'un
sacrifice plus grands, l'homme vainque la contrariété, accomplisse ses devoirs
chrétiens, la volonté de Dieu, et satisfasse ainsi à Dieu pour avoir rejeté le sacrifice.
L'homme doit donc vaincre la contrariété et ne pas la supporter tranquillement; encore
moins l'adorer; et, à cause de cette adoration idolâtre, mériter une punition plus grave.

154.- Il n'est pas de contrariétés qui puissent justifier l'homme de n'avoir pas accompli la
volonté de Dieu.
Plusieurs ne s'opposent pas à la volonté mais ils ne l'accomplissent pas non plus.
Plusieurs n'ont pas mauvaise volonté; mais cela les excuse-t-il de ne pas accomplir la
volonté de Dieu?

155.- Le moment vient pour chacun où, après que la lumière lui ait été donnée dans une
certaine mesure et que le sacrifice nécessaire ait été fait pour cela, le mal qu'il commet
sans mauvaise volonté lui est compté comme s'il l'avait commis sciemment et de
propos délibéré.
Celui qui n'accomplit pas sera poussé à l'accomplissement par les forces inférieures.

156.- Si l'on ne porte pas le sacrifice en soi, on peut pâtir de la lumière reçue.
La lumière reçue sans sacrifice peut causer un grand dommage.
La science, la gloire, tout passe, ainsi passe la gloire du monde, ) Jésus-Christ seul
demeure, et sa parole ne passe pas.

157.- La bénédiction de Dieu dépend de l'accomplissement de sa volonté.


La parole de Jésus-Christ embrase l'homme.
Tant que nous sommes sur la terre tout est facile, mais après, tout devient bien
difficile...
Si nous ne prenons fermement la voie chrétienne dans sa plénitude, nous pouvons
nous perdre.

158.- Il y aura maintenant des tentations jusqu'ici inconnues, tentations sous les formes les
plus saintes, le sacrifice seulement pourra les discerner.
Il n'y a pas seulement l'obsession infernale; il y a l'obsession à tous les degrés.
Une fois que l'homme est sous une obsession quelconque, il ne peut plus s'en délivrer
par lui-même; il doit déposer la mesure destinée de gémissements de douleurs.
Si vingt gendarmes me conduisent en prison, il faut que j'y aille bon gré, mal gré. Il
serait vain de lutter. C'est l'obsession... Mais je puis m'adresser à la pitié du capitaine
des gendarmes; c'est la seule chose que je puis faire.
C'est le gémissement libérateur.

159.- La pénitence peut abréger le détour; par la pénitence on peut éloigner le châtiment.

) 31 )
Mais il faut sentir qu'on est malade, car est-il possible que Dieu nous délivre si nous
croyons être dans le vrai?

160.- Nous ne devons pas mettre au même niveau et encore moins condamner plus
sévèrement les péchés terrestres que les péchés d'esprit, péchés mortels.
Par exemple, c'est un péché d'esprit quand la tête, l'intelligence prend le dessus sur le
sentiment, le coeur.
On ne cherche pas à distinguer les péchés terrestres, véniels des péchés d'esprit,
mortels: ) et le mal fait de telle sorte que tandis que l'homme s'efforce d'éviter des
péchés terrestres, il commette des péchés d'esprit pour pouvoir, en raison de ces
péchés, le retenir en son pouvoir.

161.- En toute chose nous devons voir la vérité telle qu'elle est.
Il y a des cas où pour ne pas pécher en esprit, on pèche sur la terre; on transgresse la
loi terrestre pour ne pas transgresser la loi de l'esprit.
C'est comme si quelqu'un volait une pièce de monnaie de cuivre et la remplaçait par
une pièce d'or.
Quand il n'y a pas d'autre alternative que de passer ou par la boue ou par un principe,
on passe par la boue.
On passera pour quelques instants par un sentier latéral, pour éviter une mare qui se
trouve sur la route.
Le faux dévot ne se fait pas scrupule de se noyer dans la mare pourvu qu'il ne dévie
jamais de sa route.
Il ne se fait pas scrupule de commettre le péché d'esprit, mortel pourvu qu'il évite le
péché terrestre, véniel.

162.- Notre situation, toutes les contrariétés qui nous entourent, sont la force par laquelle
Dieu nous pousse à couper nos détours. A cause de nos comptes, c'est souvent au
milieu de nombreuses contrariétés que nous sommes appelés à établir notre base, à
commencer notre marche chrétienne, comme ces soldats qui doivent jeter un pont et
le passer sous le feu des batteries ennemies dirigées sur ce point.
Que d'efforts nous sont nécessaires pour obtenir le détachement de tout, l'amour
véritable de Dieu et du prochain!

163.- L'exaltation n'est qu'un plaisir. On peut passer facilement par des tons divers, mais
nous devons nous tenir au ton de Jésus-Christ. Notre ennemi nous fait du tort, nous
aurons la facilité de nous venger: voilà le plaisir. Mais notre esprit est accordé au ton
de Jésus-Christ et nous aimons notre ennemi.

164.- Les richesses, les dignités sont une fumée noire qui nous éloignent des vrais
triomphes. N.S. Jésus-Christ a mis le genre humain en compte. Il a fait la volonté de
son Père. Accomplissons, et nous verrons les conséquences qui se développeront dans
le cours des siècles. Si l'homme n'accomplit pas, les forces inférieures pousseront
l'opiniâtre à accomplir ce que Jésus-Christ a montré incarné.

165.- Dans chaque position il faut avoir le sentiment que c'est la volonté de Dieu. Plus la
position est difficile, plus le progrès est rapide. Pourquoi donc nous attrister?
Enchaînés dans une prison nous pouvons travailler plus efficacement qu'assis à notre
table de travail.

) 32 )
Mourir pour la vérité est l'action de quelques minutes, et les fruits en sont pour les
siècles.

166.- Nous ne devons jamais envisager notre position, pour difficile qu'elle soit, comme un
malheur.
Le Père céleste nous destine cette position afin que par notre pénitence active dans ces
jours du pardon de l'époque, nous satisfassions promptement à sa justice, que nos
douleurs soient ainsi éloignées et que le champ de mérites devant Dieu en cette vie et
dans les siècles de notre avenir s'ouvre pour nous.
Dans toutes les circonstances de la vie, dans toutes les contrariétés de l'homme sont
renfermés des problèmes qu'il doit résoudre par la lumière et la force chrétienne, en
cherchant et accomplissant la vérité.

167.- C'est seulement en portant l'esprit de l'époque qu'on peut avoir la force de vaincre ses
propres contrariétés et, au milieu du chaos qui en résulte, maintenir la liberté de son
esprit et ne pas s'écarter de la voie droite.
Il n'y a que la force chrétienne que donnent le sacrifice et la Grâce de Dieu, qui peut
nous faire sortir victorieux des positions difficiles dans lesquelles nous nous trouvons
par la permission de Dieu et nous mettre dans la position qui nous est destinée par la
miséricorde de Dieu.

168.- Nous devons voir notre position et nos défauts dans la lumière chrétienne. Avant tout
l'homme doit purifier son intérieur de tout ce qui peut le souiller... et, dans notre
intérieur purifié, allumer l'étincelle du feu de Jésus-Christ, devenir ainsi chrétien,
imitateur de Jésus-Christ, et attiser cette étincelle jusqu'à ce qu'il ait accepté en lui le
feu céleste que le Verbe de Dieu a ordonné à l'homme d'accepter et de réaliser, et que
le Verbe de Dieu incarné N.S. Jésus-Christ, pour nous donner l'exemple, a manifesté
et réalisé dans ses paroles et ses actions.

169.- L'accomplissement de la volonté de Dieu par l'homme consiste dans le sacrifice que
l'homme doit offrir à Dieu dans son esprit, dans son corps, dans chacune de ses
actions, pour élever son esprit, son corps et sa vie à la hauteur qui lui est destinée.

170.- Notre unité chrétienne est de porter sans cesse la croix de Jésus-Christ.
La croix de Jésus-Christ consiste à se sacrifier sans interruption, à réveiller sans cesse
en soi le mouvement, la vie intérieure, dans le ton de Jésus-Christ et de manifester ce
mouvement, cette vie dans notre corps et dans toutes nos actions, de la manifester
dans la crainte et dans l'humilité devant le Ciel, dans l'assurance et l'énergie chrétienne
devant la terre.

171.- En portant sans cesse la croix de Jésus-Christ, nous vaincrons toutes nos contrariétés.
En portant la croix de Jésus-Christ, nous prendrons le caractère chrétien.
En portant la croix de Jésus-Christ nous pourrons donner l'appui à tous ceux qui ont
droit de recevoir de nous l'aide fraternelle. En portant sans cesse la croix de
Jésus-Christ nous mériterons devant Dieu d'avoir sur la terre une position conforme
à l'inclination de notre esprit, un champ sur lequel nos qualités intérieures pourront
porter leur plein fruit pour la gloire de Dieu et pour notre salut.

) 33 )
172.- Faisons pour Dieu et pour le prochain ce que nous sentons devoir faire; faisons-le
dans quelque position où nous nous trouvions, faisons-le selon nos forces... et ayons
confiance!
Aussitôt que la mesure de nos efforts, bien que sans fruit, sera déposée par nous
devant le trône de Dieu, il nous délivrera des difficultés intérieures et extérieures.

173.- La Grâce seule peut nous aider à progresser dans la voie chrétienne par l'accomplis-
sement de la loi de Jésus-Christ en nous-mêmes, dans notre esprit, dans notre corps
et dans notre vie. Pour pouvoir recevoir cette Grâce, il faut que l'esprit le mérite, qu'il
soit pur. Le Ciel ne peut s'unir avec les souillures du péché. Il faut donc que notre
esprit veille toujours sur lui-même, qu'il s'efforce de se diriger tout entier vers Dieu
seul et vers le but que Dieu nous a marqué par son Verbe... de se consacrer à cela seul,
de se reposer uniquement en cela.
La conduite contraire souille l'esprit.

174.- Il ne faut pas considérer les difficultés.


Il faut obtenir d'en haut, par un sacrifice redoublé, sacrifice de pénitent, la lumière et
la force pour accomplir tout devoir attaché au champ où Dieu nous a placés.
Il faut avoir le courage chrétien pour voir jusqu'au fond la vérité dont dépend notre
salut: et après l'avoir vue, nous mettre avec zèle à accomplir le devoir qui en résulte
pour nous.
Il faut se réveiller de la léthargie où le mal enchaîne l'esprit... se jeter dans l'océan infini
de la miséricorde de Jésus-Christ.

175.- Oser vivre la vie chrétienne, prendre l'énergie chrétienne de nous défendre, jusqu'à la
dernière goutte de sang de notre esprit et de notre corps, par un effort de pénitent
désespéré, contre toute contrariété que le mal nous oppose ouvertement, ou sous des
formes saintes.

176.- Nous sommes appelés à la vérité.


Le mensonge, c'est l'esclavage.
Pourquoi ne voudrions-nous pas être libres?
Qui nous empêche d'être libres?
Non! Nous n'obéirons pas au mal!

177.- Nous devons choisir une vérité chrétienne fondamentale appropriée à notre position,
l'accepter dans le coeur, y reposer, l'adorer par le tressaillement de notre âme: ) et ce
tressaillement, qui est la voie céleste chrétienne, la vie du royaume de Jésus-Christ en
nous, nous unira avec Jésus-Christ et nous introduira dans son royaume, dans son
Église.
En veillant et en priant sans cesse comme pénitents, nous maintiendrons en nous ce
tressaillement: et ce tressaillement, ce trésor évangélique, se multipliera: ce grain de
sénevé se développera en nous, et, à cette source, nous obtiendrons les trésors célestes
promis par Jésus-Christ aux fidèles de son Église.

Par la force de ces trésors nous vaincrons nos contrariétés, nous percerons les
ténèbres et corrigerons ensuite avec la bénédiction de Dieu nos actions défectueuses
et les conduirons à la plénitude destinée.
Lorsque nous aurons produit dans ces actions le fruit de notre fidélité à Jésus-Christ
et à son Église, nous commencerons à accomplir avec sa bénédiction les actions

) 34 )
ultérieures qui nous sont destinées ) dans ces grands jours de l'époque, comme
chrétiens, comme Italiens, comme serviteurs de l'Oeuvre de Dieu.

178.- Le péché principal de l'homme est la paresse dans le service de Dieu. Quelquefois ce
qui semble activité, sentiment n'est que mobilité.
En rejetant constamment la croix, le sacrifice de Jésus-Christ, on offense Jésus-Christ.

179.- C'est un grand péché de ne pas profiter de la miséricorde de Dieu et de ne pas


répondre à son appel.
Il faut le sentir, éveiller en nous l'amour de la pénitence active, le maintenir par notre
sacrifice et le réaliser.
Il faut changer ce péché principal en service véritable à Dieu, qui est la vertu
chrétienne principale.
Il faut accepter la croix, le sacrifice chrétien, satisfaire à Dieu pour avoir rejeté la croix,
le sacrifice.

180.- Quand Dieu appelle positivement à prendre la croix, le sacrifice, nous ne pouvons plus
le rejeter sans attirer sur nous les graves conséquences de la résistance à la volonté de
Dieu, au Verbe de Dieu. Souvent il arrive que quand l'homme n'accepte pas et ne
reconnaît pas le Ciel vivant dans l'homme sur la terre, Dieu reprend ce qu'il a donné.
Il y en a beaucoup qui meurent à cause de cela. Si, ayant mis notre enfant en pension,
nous voyions qu'on lui donne de mauvais exemples, nous le retirerons sur-le-champ
de cette pension.

181.- Le but de la pénitence est l'action. Le moindre manque d'énergie peut nous perdre. )
Nous offenserions Dieu et nous serions punis dans les siècles. Et même ici-bas nous
souffririons beaucoup.
Appelés à agir sur le champ que Dieu nous a destiné, si nous nous obstinions à prier
et à méditer seulement, nous pourrons devenir fous ou mourir.
Nous devons être sans-cesse sous l'étendard de Jésus-Christ, sous l'étendard du Verbe
vivant. Pendant dix-huit siècles nous avons reçu le christianisme. Nous sommes nés
maintenant pour le faire fructifier. Si nous ne le faisons pas, nous allons à l'encontre
de la Pensée de Dieu. C'est un grand moment de direction pour nous. Prendrons-nous
cette énergie ou ne la prendrons-nous pas?

182.- Pour celui qui a péché en méditant trop et en ne faisant rien, la première condition de
la pénitence est de méditer le moins possible et d'agir sans cesse... Faire tout le
contraire de ce qu'il a fait dans le passé. Le mal permettra que nous prenions l'énergie
en esprit: il nous arrêtera dans l'action.
Nous devons nous intéresser à tout, nous efforcer de produire quelque chose, lors
même que ce serait peu. A mesure que nous sentons au dedans de nous un peu de feu,
produisons-en les fruits. Même la seule chose de parler est importante, puisque parler
est déjà une action.

'83.- Quiconque a senti même un seul instant la vérité et s'est enflammé pour elle, ne peut
plus reculer. S'il recule, c'est un traître. Il aura des difficultés, il pourra se souiller... Eh!
bien, il éveillera en lui la contrition, se confessera, se purifiera... mais il est enrôlé dans
l'armée de Jésus-Christ, et doit se présenter toujours sous les armes, prêt à combattre.

) 35 )
184.- Quand Dieu exige quelque chose de nous, il ne faut pas chercher l'aide des autres.
Personne ne peut faire pour un autre le travail que celui-ci doit faire devant Dieu.
Chaque chose vient de Dieu: sans l'aide de la Grâce l'homme ne peut rien faire. Les
autres n'ayant pas la Grâce pour ce que nous devons faire nous-mêmes, ne peuvent
nous aider. Ils ne nous donneraient que confusion. Il faut effacer de notre coeur cette
parole: « aidez-moi ». Elle peut nous perdre.
C'est du despotisme: c'est prétendre que le prochain prenne le Ciel pour lui et pour
nous, qu'il soit notre serviteur.

185.- Il n'y a pas d'autre route que le gémissement, le sacrifice, les efforts devant Dieu. Telle
est la loi du Verbe. Le Royaume de Dieu veille sur cela. Tout ce que nous prendrons
d'une autre source ne sera pour nous que poison. Dieu est grand et puissant. Ce qu'Il
veut doit être accompli.

186.- La faiblesse du corps n'est pas un empêchement au sacrifice. Ce n'est pas le corps qui
est la cause des difficultés au sacrifice. La cause est dans l'esprit. Cela provient du
compte de chacun devant Dieu. Pour quelques uns peu de travail suffit pour que la
Grâce les touche: pour d'autres Dieu exige un plus grand travail, parce qu'il leur est
plus difficile d'éveiller en eux le mouvement. Un tel prie quelques minutes et la Grâce
le touche aussitôt; un autre prie deux heures et la Grâce descend; un troisième prie,
gémit, s'efforce pendant des années, et il n'obtient rien. Cela vient des comptes des
siècles, du péché qu'on apporte en naissant.

187.- Rien n'arrive par hasard.


Dans les jugements de Dieu tout est donné pour le but auquel il nous appelle.
La pesanteur du corps est donnée afin que l'homme vivifie le corps par l'esprit.
Il y a des faiblesses telles qu'elles ne permettent plus de marcher. Cela est donné afin
que la vie de l'esprit anime le corps. La médecine en cela ne sert à rien.

188.- Dieu voit que l'homme n'a pas d'amour: et Il lui donne un corps si faible qu'il ne peut
vivre autrement que par la croix. L'homme est obligé de prendre la croix dans l'intérêt
de sa propre existence. Il en est beaucoup qui ne peuvent avoir la santé que par le
travail de l'esprit. La croix sauve, non seulement l'esprit mais aussi le corps.
Il en est beaucoup aujourd'hui qui ne peuvent soutenir autrement leur vie que par la
croix.
C'est la miséricorde de Dieu pour eux.

189.- C'est une Grâce pour le pécheur, lorsque se trouvant dans un royaume faux, il se
soumet seulement aux représentants de ces royaumes, (il) en est seulement l'esclave
et non le camarade... quand il n'a pas perdu la crainte de Dieu, ne s'est pas affermi
dans le royaume faux, n'y a pas trouvé l'assurance, la paix fausse... quand se trouvant
dans le royaume faux, il ne jouit pas de ses trésors, et par conséquent ne mange pas
du fruit de l'arbre défendu.

190.- Le mal gouverne le monde, parce que l'homme se préoccupe seulement de ses actions
qui sont les effets, et non de la cause qui gît dans sa pensée, dans son amour, dans sa
volonté, dans le tressaillement de son esprit dirigé vers le Ciel, la terre, ou l'enfer.
Pour tomber sous la domination des royaumes inférieurs il suffit d'un moment où, ne
veillant pas sur nous-mêmes, nous dirigeons notre esprit vers les choses inférieures.

) 36 )
Il suffit d'un moment de mort, d'indifférence pour ce qui est supérieur... un moment
où nous refusions aux vérités chrétiennes le tressaillement qui leur est dû, car il en
résulte bientôt le tressaillement pour les choses inférieures; puisque l'homme ne peut
rester toujours dans la mort d'esprit: et quand il repousse l'éveil à la vie chrétienne
supérieure, il doit sous la force, accepter l'éveil pour la vie inférieure.
Le tressaillement inférieur nous introduit dans le royaume inférieur, et les habitants de
ce royaume nous ôtent la liberté d'esprit et nous obscurcissent.

191.- Quand l'homme, se dérobant au travail chrétien, concentre les rayons de son esprit
dans un foyer terrestre ou inférieur, il acquiert, et d'autant plus qu'il a un esprit plus
élevé, une prééminence plus grande dans ces royaumes inférieurs, les élève et les
perfectionne à son grand préjudice ainsi qu'à celui de ceux qu'il sert.

192.- Tout foyer inférieur, formé par des rayons d'un esprit supérieur, doit tôt ou tard être
détruit, afin que de ces rayons dispersés et détruits, puisse se former ensuite un foyer
chrétien supérieur, propre à l'esprit supérieur.
Toute civilisation terrestre, élevée par la permission de Dieu au-delà des limites
marquées par la volonté de Dieu, doit être arrêtée et détruite, afin qu'elle puisse
s'équilibrer avec la civilisation, le progrès chrétien.

193.- L'esprit de l'homme, en s'élevant lui-même doit élever non seulement son corps et ses
actions, mais contribuer aussi à élever tout ce qui l'entoure.
Dans l'autre monde tout sera bien plus difficile. Quelques années passées dans la
jouissance de la lumière supérieure ou des biens terrestres n'empêchent pas les
tourments de l'esprit après la mort.

194.- C'est seulement la croix de Jésus-Christ qui peut délivrer de l'esclavage de la terre, de
cette obsession. Et c'est parce qu'on rejette cette croix qu'il y a dans le monde si peu
de liberté d'esprit. Il faut prendre définitivement la voie chrétienne. Le tressaillement
inférieur fait sortir de l'Église: seul le tressaillement supérieur, chrétien, y introduit de
nouveau.

195.- La pécheresse publique et le larron sur la croix firent le tressaillement supérieur,


chrétien: de cette manière ils entrèrent dans l'Église et y firent leur salut par N.S.
Jésus-Christ.
Jésus dit au larron: « Tes péchés te sont remis, aujourd'hui tu seras avec moi au
Paradis ».
L'amour de l'homme, sa volonté, le tressaillement de son esprit... suivant qu'ils sont
tournés vers le Ciel, vers la terre, ou vers l'enfer... introduisent l'homme dans le
royaume, dans l'Église de Jésus-Christ ou bien dans les royaumes de la terre et de
l'enfer.

196.- La Grâce de Dieu, l'Esprit Saint ou bien les esprits de la terre et de l'enfer appuient
l'homme sur les voies de l'amour ou de la force. C'est pourquoi Jésus-Christ a dit à
l'homme de LUI DONNER SON COEUR... DE GARDER SON ÂME... DE
VEILLER ET DE PRIER. Si l'homme se recueille intérieurement dans le sacrifice,
cette croix le défendra de tout malheur.
Trop peu nombreux sont ceux qui travaillent sur cette voie véritable de leur salut.
L'homme n'a pas d'amour pour ce but, il préfère manger du fruit défendu.

) 37 )
197.- Enivré par les buts faux, l'homme se tourne vers la terre. Il faut engager la bataille sur
le point décisif.
Le mal montre la terre: voilà le point décisif. Il faut livrer la bataille, commencer la
révolution contre le mal.
Le mal n'a peur de rien, hormis du sacrifice.
L'enfer n'a peur que du Ciel.
Aussitôt que nous sentons le feu en nous, la bataille est gagnée.

198.- L'état de somnolence magnétique, cet état de mort, présente les apparences de la vie,
du sentiment, du sacrifice, de l'innocence, de la timidité.
C'est l'expression la plus haute de la civilisation fausse, c'est le ton de la société
mondaine, l'arme de la coquetterie la plus subtile.
Les principales caractéristiques de ce mal sont: l'orgueil, qui pousse l'homme à se
renfermer en lui-même, à ne rien tirer du fond de l'âme,) et le sacrifice, non pour
détruire le mal avec l'amour du bien, mais pour arrêter les fruits du mal, pour masquer
le mal: le sacrifice, non pour devenir meilleur, mais pour paraître meilleur,

199.- Dans le monde, ceux qui n'ont même pas le désir de commencer à cheminer dans la
voie chrétienne, se sacrifient pour faire parader des degrés plus élevés de cette vie.
Ils simulent (stimulent) le sentiment, alors qu'ils ne ressentent rien; la vie, tandis qu'ils
sont dans la mort; la paix chrétienne de l'âme tout en restant dans l'incertitude et dans
le trouble.
Au lieu de travailler d'abord à la source, dans l'esprit, ) et ensuite dans le corps, ) pour
réveiller l'esprit et le faire vivre sur la terre, ) ils travaillent seulement dans le corps,
pour couvrir sous des fausses apparences le vide de leur esprit.
Le mal montre la terre: voilà le point décisif. Il faut livrer la bataille, commencer la révolution contre
le mal.
Le mal n'a peur de rien hormis du sacrifice.
L'enfer n'a peur que du Ciel.
Aussitôt que nous sentons le feu en nous, la bataille est gagnée.

200.- Dans l'état de somnolence magnétique, l'esprit se déverse sans sacrifice dans les
paroles et dans les actions, contrairement à la loi de Jésus-Christ.
On parle et on agit comme dans un songe, sans en avoir la volonté et la conscience.
L'esprit, sans intérêt pour ce qu'il fait, parle et agit machinalement, sans le moindre
effort.
Cela suffit pour celui qui repoussant lui aussi le sacrifice, n'exige pas du prochain le
fruit du sacrifice: la vérité, la sincérité, la fraternité.

201.- Celui qui se trouve dans cet état n'est ni esprit, ni un homme, c'est un fantôme, fruit
du péché.
L'homme, dans cet état, n'est pas capable de s'unir avec son prochain qui vit et qui
désire l'union: mais il s'impose à lui, le tente et l'entraide.
C'est une force païenne qui étouffe les étincelles chrétiennes encore faibles.
L'homme dans cet état est sans défense contre le mal qui le tente avec une plus grande
force et agit par lui: il produit alors les fruits du mal qu'il porte en lui et qu'il aime.

202.- Quand c'est la femme qui se trouve dans l'état de somnolence magnétique... quand son
esprit ne s'émeut pas, ne vit pas, tout homme exerce sur elle une influence.

) 38 )
Elle se trouve comme liée, troublée, et, à son tour, elle devient une tentation pour
l'homme, qui croit qu'elle s'occupe de lui.
C'est un état de péché. Par conséquent il est permis au mal de s'approcher de ceux qui
se trouvent dans cet état, et toutes les tentations de ce monde et de l'autre peuvent les
assaillir.

203.- Lorsque, dans les décrets de Dieu, les temps sont accomplis pour un esprit, lorsque
Dieu l'appelle définitivement à entrer dans la voie chrétienne, tous les artifices
employés pour cacher sous les apparences chrétiennes le vide de l'esprit deviennent
de plus en plus difficiles et de moins en moins efficaces.
La force païenne, l'exaltation du corps, l'intelligence, tous ces moyens sur lesquels
l'homme s'appuyait, lui sont ôtés.
Et, tant qu'il n'a pas encore accepté la force chrétienne de l'amour et du sacrifice, il se
trouve sans aucune force.
C'est pour l'homme le moment douloureux du passage des détours de (à) la voie
chrétienne.
Mais, tandis que pour ceux qui ne sont pas encore appelés définitivement, beaucoup
de routes restent ouvertes, ) pour l'esprit qui est appelé, toutes les routes lui sont
fermées: la seule voie qui lui reste ouverte est la voie chrétienne.

204.- C'est seulement dans la voie chrétienne que l'esprit de l'homme trouvera le salut
éternel et la félicité temporelle.
A partir du moment où l'homme est appelé à entrer dans la voie que le Seigneur, par
son Verbe, a destinée à l'homme pour son progrès, pour son salut, il doit reconnaître
et détester son péché et couper à la racine tous ses détours.

205.- L'esprit se trouve toujours dans quelque somnolence: mais nous devons toujours nous
ouvrir une route et vaincre.
Faire un mouvement désespéré comme si quelqu'un voulait nous étouffer dans une
caverne... et l'action la plus difficile deviendra facile.

206.- Veiller toujours pour sentir où est notre mouvement: « Où est ton trésor, là est ton
coeur ».
Cesser de faire des efforts faux, des sacrifices faux; au lieu de l'artifice et de
l'affectation prendre le naturel, la simplicité, la sincérité. Être ce que nous sommes
véritablement...

207.- Émouvoir l'esprit par des efforts et un sacrifice plus grands... réveiller au dedans de
nous la vie, l'exaltation de l'esprit qui se sont arrêtées.
Par la force de ce sacrifice qui attire la Grâce de Dieu, nous purifier, nous délivrer du
mal auquel nous avons donné pouvoir sur nous par notre péché.
Détruire l'édifice élevé sur la base fausse de l'orgueil et des sacrifices païens et
commencer à édifier sur la base vraie de l'humilité et du sacrifice chrétien.

208.- Reconnaître que nous sommes moins que rien, parce que dans la mort magnétique
non seulement on n'acquiert aucune valeur, mais on perd une partie de la valeur que
l'esprit avait acquise dans la vie éternelle et on aggrave ses comptes devant Dieu.
Il faut, par tous les efforts possibles sortir de cet état; et alors Dieu ne permettra plus
au mal de nous approcher.

) 39 )
Il faut éviter les relations avec ceux qui sont sans vie, et qui, pour cette raison, exercent
une influence magnétique. Il faut leur dire franchement pourquoi on ne veut pas avoir
des relations avec eux.

209.- La terre gémit sous le poids des idées, de la lumière. L'homme souffre de l'abondance
de la lumière qu'il a.
La lumière, sans le sacrifice, trouble l'homme et il ne sait plus que faire.
Il ne sait plus que faire pour se délivrer.
Il voit plusieurs routes mais il ne peut voir la voie droite.
C'est seulement en vainquant le corps par le sacrifice que l'esprit peut voir la voie
droite.

210.- La lumière sans la réalisation perd l'homme: c'est seulement l'accomplissement de la


volonté de Dieu qui le sauve.
L'abondance de lumière ne fait qu'augmenter notre responsabilité devant Dieu.
Chacun est jugé selon la lumière qu'il a reçue.

211.- La lumière chrétienne n'est rien sans la force chrétienne.


La loi très sainte de Jésus-Christ doit être étudiée non avec la tête, mais avec le coeur
humilié, soumis à Jésus-Christ et ému pour Jésus-Christ... Travailler sans tendre au but
que Jésus-Christ a fixé, c'est progresser dans le royaume terrestre sans progresser dans
le royaume de Jésus-Christ.

212.- Il faut connaître la voie dans laquelle nous devons marcher; mais il faut la connaître
par l'organe destiné, et autant que cette connaissance nous est nécessaire pour l'action
qui nous est destinée, pour notre marche en avant, notre pèlerinage chrétien.

213.- Le salut de l'homme consiste à marcher dans la voie que Jésus-Christ nous a présentée
et non pas seulement à la connaître.
Satan lui-même, comme esprit sans corps, connaît cette vie; seulement il ne veut pas
la suivre, il ne veut pas faire ce qu'il voit.

214.- L'esprit en acceptant le corps, reste obscurci par cette enveloppe terrestre. L'homme
ne peut acquérir qu'une partie de la lumière que son esprit possédait avant de prendre
le corps, et qu'il recouvrera après avoir quitté le corps...
Et encore, cette partie de cette lumière, acquise à force de beaucoup de fatigue, est le
plus souvent altérée et nébuleuse: elle n'est qu'une ombre de la vérité que l'esprit verra
en son temps sans aucun effort et dans la plénitude de la lumière...
A quoi bon donc consacrer toutes nos forces pour acquérir une lumière partielle,
altérée, prématurée, non destinée,... si nous sommes ainsi rendus incapables de faire
ce que nous devons faire pour notre salut?
Combien plus difficile ne sera-ce pour nous d'accomplir après la mort ce qu'il est si
facile à accomplir à présent, pendant notre vie sur la terre! (Combien il nous sera plus
difficile d'accomplir après la mort ce qu'il nous est si aisé de réaliser pendant notre vie
terrestre.)

215.- La lumière ne doit servir qu'à allumer le feu céleste.


Celui qui donnerait la lumière sans sacrifice, ferait une chose contraire à la volonté de
Dieu.

) 40 )
Il y a une grande différence entre l'action de parler et d'agir sans sacrifice, et celle de
travailler, de gémir pour accorder l'esprit au ton de Jésus-Christ.
La première nous fait admirer, mais ne porte pas de fruit: tandis que l'autre sanctifie,
chaque parole est de grand mérite, elle est inscrite dans le Livre de Dieu, et ne sera pas
perdue dans les siècles.

216.- Sans sacrifice, on peut être applaudi: avec le sacrifice, on peut être rejeté. Napoléon,
en triomphant, a tout perdu: Jésus-Christ, en mourant, a sauvé le monde.
En parlant sans sacrifice, nous nous élevons nous-mêmes: en parlant avec sacrifice,
nous élevons Jésus-Christ.

217.- La force de l'intelligence est un empêchement pour celui qui veut suivre la voie
chrétienne.
Le moyen de croire avec l'intelligence seulement, n'est qu'un premier degré de
sommeil magnétique.
Tous les sacrifices, même les plus grands, employés pour l'acquisition de la science
terrestre, ne comptent pour rien sur le champ céleste.

218.- Chez celui qui cultive exclusivement l'intelligence,) et non le sentiment, la vie
chrétienne,) l'esprit reste vide, desséché.
C'est l'intelligence exclusivement cultivée, cet apogée du règne terrestre..., c'est la tête,
qui dessèche et endurcit le coeur.

219.- C'est la tête qui enferme et enchaîne l'esprit dans son cercle restreint, et ne permet pas
à l'homme de s'en délivrer, de participer à la liberté des enfants de Dieu et d'entrer
dans le champ plus vaste de l'amour, du sacrifice, du sentiment, de la vie.

220.- On peut avoir la tête enrichie de lumière céleste, et être pauvre en sentiment, en
mouvement, en vie, en action... être dans l'isolement et dans la mort.

221.- La tête, l'intelligence, ne conduit pas à la vie. Elle mesure, pèse, modifie, et enfin arrête
et tue.
Celui qui sacrifie toutes ses forces dans un règne et qui y devient grand, celui-là ne sera
forcément rien dans un autre règne.

222.- En servant la terre, quoique sous des apparences chrétiennes, en cultivant l'organe
terrestre, en augmentant les connaissances scientifiques... il est impossible d'émouvoir
l'esprit, ni de recevoir en conséquence le baptême du Saint-Esprit, la vie chrétienne,
la force chrétienne de l'amour, du sacrifice, du sentiment. La plus petite action
jaillissant d'un coeur libre, action naturelle, simple, que l'homme simple, voire même
l'enfant, peuvent facilement accomplir,... est impossible à celui chez qui la tête seule
a été cultivée, et dont le coeur est resté inculte: chez qui l'organe terrestre s'est
développé, et chez qui l'organe chrétien est resté inculte.

223.- Le sage, qui ne veut pas être ignorant pour Jésus-Christ, devient ignorant dans la
réalité.
C'est la croix de Jésus-Christ plantée dans le coeur, qui communique à l'homme le fruit
de la Rédemption, ) non pas la croix terrestre plantée dans la tête, non le savoir
humain, ) quoique acquis au moyen des plus grands sacrifices.

) 41 )
224.- La facilité de voir, d'exprimer, de développer est une grande difficulté, une grande
tentation dans le travail chrétien, parce que cela nous rend extrêmement difficile
l'action de nous fixer à un seul point, de ne voir que ce point.
Un homme peu intelligent ne voit qu'un seul point, le réalise, il est tranquille. Mais
pour celui qui en voit mille en même temps, combien cela est plus difficile!...

225.- Dieu permet que celui qui ne vainc pas la force excessive de l'intelligence se rassasie
des trésors terrestres jusqu'à ce qu'il en reconnaisse le néant.
Si au lieu de réchauffer son âme par le feu de l'amour de Dieu, l'homme persiste à la
dessécher et à la refroidir par l'amour de la terre et de la doctrine, Dieu peut affaiblir
son intelligence et ses autres facultés terrestres.

226.- Faire la doctrine de l'époque c'est la chose la plus contraire à l'esprit de l'époque, c'est
le protestantisme de l'époque.
La doctrine arrête le mouvement.
Là où il n'y a pas le mouvement, il n'y a pas le progrès; il y a seulement l'apparence de
la valeur, sans la valeur réelle.
C'est le mensonge.
Dans un tel état, l'homme n'a ni vie, ni opinion, ni caractère.
C'est un MAGNUM NIHIL... Tandis qu'au contraire l'homme doit manifester les
trésors qu'il porte.

227.- Dans la vie éternelle les plus grands mérites acquis dans le royaume terrestre ne sont
rien.
A une vie des peines succéderont des tourments horribles, fruit du vol continuel de
l'esprit sans possibilité de s'arrêter en aucun lieu.

228.- Peut-être que l'esprit d'un tel homme avant de venir en ce monde avait supplié Dieu
de lui donner l'organisme d'un faible d'esprit pour pouvoir ne voir qu'un seul point et
s'y fixer (glisser). Mais Dieu ne l'a pas permis et a dit: « Non,) à cause de tes comptes
tu auras les facultés de l'intelligence très développées et tu devras vaincre ton
intelligence. »

229.- Nous devons vaincre le cercle de nos contrariétés.


Il faut sortir de l'illusion de la doctrine et commencer à accomplir la loi de Jé-
sus-Christ, et faire le travail que Notre Seigneur a fait.
Il faut faire l'effort nécessaire, accepter la croix de Jésus-Christ: avec cette croix passer
du royaume terrestre au royaume de Jésus-Christ, et là, commencer à accomplir notre
vocation.

230.- Il faut travailler, s'émouvoir sans cesse dans le coeur, dans l'âme de Jésus-Christ, pour
toute vérité: s'émouvoir sans égards, sans réserve, sans restriction, ) manifester ce
mouvement tel qu'il est, sans égards, ni réserve, ni restriction dans les paroles et les
actions.
On peut écrire des livres sur le sacrifice, sans prendre le sacrifice. Autre chose est de
connaître le sacrifice, autre chose de le pratiquer.

231.- Quand les temps sont accomplis pour quelqu'un, il ne lui est plus permis de prendre
les détours. Il n'y a plus pour lui que le Ciel ou l'enfer. Il arrive souvent que son
intelligence ne lui sert plus.

) 42 )
Le moment vient pour chacun où Dieu lui coupe toutes les anciennes routes. Les
capacités terrestres et l'effort pour acquérir beaucoup de lumières ne servent de rien
si l'on ne fait pas le sacrifice nécessaire pour appliquer cette lumière à l'accomplis-
sement du devoir qui nous est destiné!...
Le moment vient où l'on doit faire à Dieu le sacrifice de sa raison, où l'on doit fermer
l'organe de l'intelligence, devenir sot.

232.- Il faut couper le détour de la raison, de l'analyse, du travail avec la tête et le vol de
l'esprit... et prendre la voie chrétienne sur laquelle on ne travaille qu'avec le sacrifice,
l'esprit et le coeur chrétien pur, vivant.
Nous ne devons pas analyser les vérités qui nous sont présentées pour notre salut et
les juger avec l'organe terrestre, avec la tête en rejetant les unes et en acceptant
froidement les autres. Nous devons les accepter telles qu'elles sont, sans réserve, en
humiliant notre âme, en nous sacrifiant sans réserve pour ce qui est la volonté de Dieu
pour l'homme.

233.- La seule ancre de salut est de prendre une seule idée, de se concentrer sur un seul
point, de réveiller en soi le mouvement d'esprit, la vie intérieure. Et durant le temps
destiné de ne s'occuper que de cela, de ne reposer qu'en cela.
Prendre cela à fond et ne plus faire autre chose.
De l'observation de cette loi on tire tout: on réchauffe le corps, on le pénètre, le perce
et on voit.
C'est l'organe chrétien, la vie chrétienne, c'est notre base, notre mesure, notre
caractère, quelque chose de sûr.

234.- Il faut concentrer toutes ses forces sur un seul point.


C'était la méthode de Napoléon. Quelques fois cela nous prendra des mois: mais c'est
ainsi qu'on emporte les forteresses.
Il s'agit de notre direction pour les siècles.
Nous aurons la patrie, quelque chose de sûr, au milieu du chaos du monde.
Pour faire une aussi grande chose, il faut la Grâce.
Il faut rejeter tout, rester devant la porte du Ciel et frapper.
Il faut gémir vers la miséricorde de Dieu, pour émouvoir l'esprit, pour créer un foyer
chrétien, la vie intérieure.
Faire les efforts nécessaires et émouvoir l'esprit.

235.- L'esprit sent tout, mais souvent il est indifférent parce que les nuages l'enveloppent et
qu'il ne fait pas l'effort nécessaire pour les percer, qu'il ne tient pas ses rayons
concentrés sur un seul point.
Il s'inquiète seulement de voir, de se promener lentement et de regarder... au lieu de
faire les efforts pour prendre un seul point, pour adorer chaque vérité dans le sacrifice,
pour la faire passer dans le corps, pour agir... et voir ainsi avec la bénédiction de Dieu.
Il faut sentir la différence entre ces deux directions.

236.- Il est faux de mettre notre paix à voir tout et d'une suite.
Pourquoi voudrions-nous jouir des droits de l'esprit pendant que nous sommes dans
l'organisme?
Dieu veut que nous renoncions à voir, que nous restions dans le calme, que même au
milieu des ténèbres, nous conservions la paix intérieure.

) 43 )
Notre Seigneur Jésus-Christ a éprouvé cet état: sur la croix il disait: « Mon Dieu, mon
Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? » Lui, descendu de la droite du Père, ne
voyait plus rien! Le mal l'assaillait et s'efforçait de lui faire croire qu'il avait perdu son
humanité.
Dans cet état, le sacrifice consiste à rejeter toute lumière et à arrêter son esprit sur un
seul point... devenir sot.
Aussitôt que l'esprit est fixé sur un seul point, il y a une base, et par elle tout se meut.
Toutes les autres qualités nous serviront après.

237.- Nous devons renoncer aux nuages de la terre, à ce que nous savons, à nos analyses:
et dans ce dépouillement gémir devant Dieu, nous présenter devant Lui comme un
morceau de bois pourri, que la Grâce seule peut vivifier.
Nous soumettre à faire cela du fond de notre esprit: renoncer à nous-mêmes, à notre
péché.
Devenir purs et vides.
Tel est le principal caractère du chrétien pénitent qui attire sur ses gémissements la
rosée du Ciel, l'aide de la Grâce de Dieu.

238.- Mieux vaut rester en la présence de Dieu comme un morceau de bois pourri, que
pécher, que penser.
La pensée est déjà l'action.
Penser est une action grave de l'esprit. Dans la pensée, l'esprit s'unit. Penser sans la
croix, c'est agir sous la conduite du mal.

239.- Il faut gémir afin que Dieu aide à créer le sentiment religieux, la crainte de Dieu, le
sacrifice, l'amour.
L'esprit enchaîné par le péché ne peut s'émouvoir. Dieu seul peut briser ces chaînes.

240.- Nous devons nous présenter devant Dieu dans la nudité, dans la nullité (la plus
complète). Si nous nous présentions toujours devant Dieu plongé seulement dans nos
pensées, nous pourrions avec le temps devenir fous (ou mourir). C'est la maladie de
l'humanité.

241.- Nous devons sentir qu'aucune de nos forces, aucune force terrestre ne peut plus nous
suffire: recourir en tout à Dieu... voilà le gémissement.
Il faut sentir que la Grâce seule peut nous sauver et faire tout pour la mériter.
Jusqu'à un certain point, les forces de la terre aident: puis vient le moment où elles
n'aident plus.

242.- Pour mériter la Grâce, rompre avec le travail de l'intelligence, ne pas s'absorber, ne pas
analyser, ne pas s'inquiéter, se confier en la miséricorde de Dieu... gémir, prier, nous
humilier, vivre autant que nous le pouvons dans la paix de Jésus-Christ, soutenir ce
travail en lisant, en écrivant, en faisant toute chose.
Nous émouvoir, gémir, nous humilier à chaque instant.

243.- Il faut que notre esprit s'émeuve jusqu'au fond: il faut qu'il se meuve de mouvement
qui lui est propre, qu'il vive de sa vie propre.
Nous sommes sous la loi de l'amour, sous la loi de Jésus-Christ.

) 44 )
244.- Il faut faire un effort décisif pour nous vaincre nous-mêmes, pour rompre avec notre
détour.
Il faut créer en nous la crainte de Dieu, l'humilité, l'esprit de la vraie piété!
Il faut se soumettre à la volonté de Dieu, aux voies de Dieu... devenir chrétiens.

245.- Au moyen de la confiance en la miséricorde de Dieu, trouver le repos, la paix


intérieure, calmer notre esprit.
Faire à Dieu le sacrifice de notre détour.
Bien que nous soyons angoissés, bien que nous ne voyons rien, bien qu'enfermés dans
une prison obscure, frappons et ayons confiance.
Ou la vie intérieure ou le gémissement pour l'obtenir: en dehors de là, il n'y a que
tourments.

246.- La vie ne peut se planter que sur le champ de la vie.


Il faut vivre bien qu'imparfaitement, afin que la vie supérieure descende.
Il faut s'unir à tout ce qui est pur, à tout ce qui porte une étincelle supérieure. Mieux
vaut la vie terrestre pure que laisser errer son imagination.
Mieux vaut danser, faire des cabrioles que rester dans l'abstraction. On arrive à la vie
parfaite par la vie imparfaite et non par la mort.

247.- Si nous ne travaillons pas dans notre esprit, notre corps s'abrutit, tombe dans la mort...
lorsque nous aborderons l'action dans cet état, nous commencerons par la vie la plus
basse.
On ne peut passer tout d'un coup de la mort à la vie parfaite.
La fausse dévote priera toute la matinée à l'église, et de retour à la maison, pour un
rien, elle s'irritera contre la servante.

248.- Le corps qui s'abaisse prend le dessus.

249.- Nous devons jouir du bienfait de la vie, tirer la consolation des choses les plus petites,
être naturels, devenir hommes sociables.
Nous devons nous enthousiasmer pour tout et manifester cet enthousiasme. Nous
commettrons des fautes... eh! bien, nous acquerrons l'humilité.
La vie commencée par l'enthousiasme deviendra peu à peu plus pure: et avec le temps
elle deviendra le sacrifice.
Rien de plus mauvais que d'étouffer la vie naturelle: on n'est plus ni homme ni enfant.

250.- La vie n'est pas toujours donnée, mais l'homme doit faire ce qu'il faut. Même en étant
dans la sécheresse, nous pouvons être humbles et soutenir notre gémissement.
L'humilité, le gémissement est une chose que l'enfer ne peut nous ravir: c'est la seule
chose qu'il ne peut imiter.
Il faut acquérir ce sentiment que c'est notre devoir de parler, d'agir... et de faire tout
ce que nous pouvons.

251.- Nous devons toujours aller en avant. Même sans mouvement, même sans volonté,
même en voyant l'impossibilité d'aller en avant... allons en avant... et confions nous
à Dieu.
Même en ne voyant rien, même sous la force, nous devons accomplir notre devoir
(service) en nous confiant en Dieu.

) 45 )
Nous commencerons sans rien voir, nous nous confierons en Dieu... la Grâce
touchera... et nous finirons en faisant de grandes choses.
Confiance en Dieu et action.
Soyons martyrs de la foi active!
Les actions faites dans cet état sont celles qui réussissent le mieux.

252.- Le mal nous laissera prendre l'énergie en esprit, et nous arrêtera dans l'action.
Nous devons prendre le sentiment que c'est notre devoir d'agir, et concentrer toutes
les forces pour le moment de l'action.
Le mal qui nous gouvernait a puissance sur nous.
Il nous oppose des obstacles aussitôt que nous cherchons à tourner notre esprit vers
Dieu.

253.- Nous devons lutter contre nous-mêmes: nous devons nous vaincre. Nous devons
chercher tout ce qui peut nous émouvoir: la musique, la nature, les beaux-arts, les bons
livres, la poésie, etc... Aussitôt que le mouvement s'éveille dans notre âme, nous
devons le soutenir vivant par nos efforts. Tenir toujours l'esprit dans le mouvement.
Quand l'esprit est libre, il a tout: mais les péchés arrêtent toutes choses.

254.- Nous devons premièrement recouvrir notre liberté d'esprit: et puis nous pourrons faire
tout.
Et en parlant avec les autres, nous ne devons pas nous laisser entraîner, mais nous
devons maintenir en nous le ton de pénitent. Une dame qui a perdu son mari va en
société: chacun voit qu'elle porte cette épine dans le coeur: il n'y a rien qui l'attire, qui
l'intéresse. Elle n'est occupée d'autre chose que de la perte de son mari.
Nous devons entrer dans ce cloître et vivre sur la terre.
Sans passer un certain temps à faire cela, il est impossible de recouvrir la liberté de
l'esprit.
C'est un couvent bien sévère: parce qu'on ne peut ainsi ressentir la douleur. (sic) Mais
chaque instant nous rapproche du Ciel. C'est l'expiation, c'est le sacrifice qui porte
toujours ses fruits. Le fruit du sacrifice est certain.

255.- Nous devons pratiquer l'essence du christianisme, et non seulement la forme,


autrement nous pourrions errer pendant des siècles dans les détours.
Le mal fait ses efforts pour que cela arrive.
Nous devons nous élever à la hauteur destinée, et de cette hauteur agir, parler,
accomplir les formes avec amour et énergie.

256.- Les formes, sans le caractère, sont regardées comme des marques de faiblesse.
Aussitôt que nous montrerons le caractère sur le champ public, les formes seront
acceptées.

257.- L'adoration réside dans l'accomplissement.


Beaucoup de ceux qui adorent sans accomplir crucifient Jésus-Christ. Adorer et ne
rien faire, ne pas nous rapprocher de notre idéal est un sacrilège.
L'adoration seule n'est qu'une jouissance. L'un aime le théâtre, l'autre l'église.
C'est pourquoi il a été dit: « Adorez Dieu en esprit et en vérité... ma mère et mon frère
est celui qui accomplit la volonté de Dieu ».

) 46 )
258.- Dieu n'a pas tout fait: il y a une partie qui doit être faite par l'homme. L'action du salut
de l'homme accomplie par Jésus-Christ consiste en ce qu'il a présenté l'unique voie qui
conduit au progrès, au salut.
La passion et la mort de Jésus-Christ sont l'action suprême qui en complétant la
présentation de cette voie ont complété le sacrifice nécessaire pour le salut du monde.
Par conséquent, en se contentant d'adorer Jésus-Christ sans faire aucun sacrifice pour
son propre salut, l'homme ne peut être sauvé.

259.- La mobilité, la souplesse, la docilité extérieure offrent une apparence de vie et de


sentiment qui couvre souvent la mort intérieure.
Elles invitent souvent le prochain à donner l'aide, mais l'homme dans cet état en ne
prenant rien à fond, en ne prenant pas l'esprit des choses, en ne réchauffant pas son
âme du feu de l'amour chrétien ne répond pas au mouvement du prochain, l'offense
et l'affaiblit: il absorbe despotiquement la lumière et la vie du prochain en renforçant
son propre péché, et laisse au prochain la douleur de ne pouvoir nouer l'union
chrétienne.

260.- Chercher l'appui dans le prêtre, quand Jésus-Christ nous comble des ses Grâces, c'est
offenser Jésus-Christ.
Un roi serait offensé s'il voyait un de ses sujets qu'il comble de ses faveurs s'appuyer
sur un de ses fonctionnaires et s'introduire dans ses bonnes grâces.

261.- Nous devons nous appuyer seulement sur Jésus-Christ, désirer uniquement la
communion avec Jésus-Christ, sans nous appuyer sur le confesseur.
Où sont la vérité et la liberté que Dieu exige du chrétien du XIXème siècle, si pour lui
le prêtre est au-dessus de Jésus-Christ?

262.- Le moindre péché d'esprit, par exemple une mauvaise pensée caressée avec
complaisance pendant quelques minutes peut être un péché bien plus grave que de ne
pas se confesser, pourvu que cela ne provienne pas du mépris pour ce moyen qui pris
dans un esprit vrai, facilite notre salut.
Il faut sentir que Jésus-Christ seul a le pouvoir d'absoudre, et que l'absolution du
prêtre n'a de valeur autant qu'elle est donnée dans l'esprit de Jésus-Christ et
conformément à sa volonté.
Le chrétien, même dans cette époque, accomplit les formes, mais c'est à Jésus-Christ
et non aux prêtres qu'il recourt et sur qui il s'appuie.

263.- Celui qui résiste à Jésus-Christ n'est pas chrétien. Il peut être un dilettante du
christianisme, mais non un serviteur de Jésus-Christ, croyant, actif, se sacrifiant.
Celui qui emploie les trésors célestes qu'il reçoit au service de son propre péché, qui
enrichit par la lumière céleste le royaume de la terre pour lequel il se sacrifie, ressemble
à un soldat qui, appelé à servir, transporte les munitions dans le camp ennemi et s'en
sert contre son propre camp.

264.- Celui qui emploie à dessécher, paralyser et endurcir son âme la lumière chrétienne plus
étendue qui lui a été donnée pour attendrir, émouvoir, vivifier son âme, et ainsi
l'humilier et la soumettre à Jésus-Christ... se sert du Ciel comme d'un instrument pour
accomplir une Oeuvre infernale.
Ces péchés sont d'une grande impiété. Commis sous les apparences d'une grande
piété, ils appartiennent au péché qui dans l'Apocalypse porte le nom de la Bête.

) 47 )
265.- Celui qui, appelé à être serviteur de Jésus-Christ se tient dans la réserve, dans l'analyse
et dans les considérations terrestres, renie Jésus-Christ, parce qu'il a honte de
confesser Jésus-Christ devant les hommes, de manifester le caractère chrétien, ) tandis
que les serviteurs de la terre et de l'enfer ont le courage de manifester ouvertement leur
caractère.

266.- Celui qui, destiné à être un organe du Ciel, ferme en lui le canal par lequel le Ciel
descend sur la terre arrête l'extension de l'Oeuvre de Dieu, du Royaume de Jé-
sus-Christ, l'élévation de son Église.
Celui qui garde pour lui ce que Dieu lui a donné afin qu'il en fasse part au prochain,
offense Dieu et trahit le prochain, commet le péché terrible du vol sacrilège des trésors
du Ciel.

267.- Autre chose de comprendre, autre chose de faire. L'exaltation n'est pas l'action.
Quand quelqu'un parle, nous pouvons prendre la direction de travailler intérieurement,
de nous concentrer ou de nous jeter sur les rayons.
Dans le premier cas, c'est la Grâce qui guide, dans le second cas ce sont divers esprits
qui dissipent, dispersent nos forces.
Il y a deux armées en présence dont chacune veille pour étendre son propre royaume.
Si l'homme se concentre, c'est la Grâce qui gouverne, s'il se disperse ce sont les esprits
inférieurs qui entrent en lui et le poussent... et la Grâce s'éloigne.

268.- Toute disposition que l'homme prend dans son esprit, tout ton qu'il manifeste, attirent
les esprits qui ont la même nature.
La dissipation de l'esprit attire les esprits dissipés.
Il y a différents degrés d'obsession.
Il y a une obsession à tous degrés.

269.- Celui qui ne s'élève pas sur la voie tracée par Notre-Seigneur Jésus-Christ ne vainc pas
ce qu'il lui est destiné de vaincre.
La cavalerie légère peut parcourir tout le pays et laisser derrière elle les forteresses et
l'armée ennemie.
Ceux qui s'élèvent par l'exaltation tomberont tous.
Ceux qui n'ont pas concentré les rayons dispersés (bien que supérieurs) de leur esprit
en un foyer chrétien, sont exposés aux justes reproches de ceux qui portent un foyer
déjà formé bien qu'infiniment inférieur.

270.- Les vérités inférieures, terrestres, se trouvent chez un grand nombre liées, finies, en
action: la vérité se trouve dans la plus grande partie destinée de ces caractères. De là
l'impuissance de tant d'esprits supérieurs. Il en est qui préféreraient faire à pied le tour
du monde plutôt que de se concentrer une demi-heure sur un seul point.
L'opération sous la force, comme par exemple la prison est la conséquence de la
dispersion et des vols de l'esprit.
La prison force à la concentration.

271.- Il faut voir la valeur chrétienne dans la lumière pure; discerner le vrai du faux, le
sacrifice et l'amour chrétien des vols d'esprit. ) C'est une chose très dangereuse de ne
pas distinguer Satan de Jésus-Christ, les vols, la clairvoyance venant d'un fond d'esprit contraire
à Jésus-Christ.

) 48 )
272.- Il arrive quelquefois que celui qui dans son exaltation pure, s'élève souvent à l'Église
de Jésus-Christ, repousse cette Église dès qu'il reçoit l'appel de Jésus-Christ à s'élever
par la voie destinée et à devenir, d'hôte fréquent, un habitant permanent de cette
Église, ne supporte pas la croix de Jésus-Christ, le sacrifice d'esprit qu'il doit accepter
pour accomplir cet appel de Notre-Seigneur, et cherche à pénétrer dans l'Église de
Jésus-Christ par les vols de l'esprit (par la dissipation de l'esprit).
Nous devons porter sur cela l'abomination et la douleur.

273.- Il faut devenir capable d'arrêter l'esprit et de l'unir au corps. Il faut s'élever dans
l'Église de Jésus-Christ comme vainqueur, par la voie destinée, et s'établir dans ce
royaume de Jésus-Christ pour y demeurer constamment. Il faut y demeurer dans la
plénitude que Dieu exige aujourd'hui des chrétiens du XIXème siècle chrétien. Alors
seulement nous pourrons agir avec la force que donne l'Église de Jésus-Christ et d'une
manière conforme à la volonté de Dieu.

274.- Il faut prendre le Royaume de Dieu; autrement, quand l'action arrive, la Grâce n'aide
pas.
L'homme par lui-même n'est pas en état de se délivrer de la maladie de la dispersion,
des vols d'esprit. Il doit déposer la mesure de gémissements, de contrition qui lui est
destinée.

275.- On ne peut passer d'un coup de la mort d'esprit à la seconde époque chrétienne. Il faut
passer par la vie pure de la première époque en vivifiant notre champ d'action par la vie
chrétienne.
Pour celui qui se trouve dans la mort d'esprit c'est déjà un grand triomphe quand il
arrive à passer une soirée entière en famille dans l'union, la simplicité, la joie.
C'est seulement quand on prend et cultive cette vie simple que la Grâce aide et que
l'esprit, selon la nature, s'élève au degré supérieur qui lui est destiné.

276.- Quand l'esprit a senti son point essentiel, il doit se tenir à cela et ne pas se laisser
détourner par autre chose. Celui qui a l'habitude de penser à beaucoup de choses, est
facilement tenté de s'occuper d'autre chose, même de choses grandes et en attendant
la maladie n'est pas vaincue.
Il faut se tenir au soleil: quand le soleil resplendit, tous les nuages disparaissent.

277.- Ce qui peut se faire au-dedans de nous en un moment et se manifeste en quelques


paroles d'action, il ne faut pas le tirer en longueur. Il faut porter l'action, et ne pas s'en
éloigner.
Il ne faut pas analyser, s'absorber en esprit, mais s'humilier continuellement devant
Dieu, éveiller en soi la contrition, conserver l'esprit de la vraie piété afin que Dieu hâte
pour nous le moment de la concentration de nos rayons, et nous donne l'esprit et le
ton nécessaire; et en attendant, pour conserver le point essentiel, faire le sacrifice des
points secondaires.

278.- Dieu pardonne bien difficilement le péché contre le Saint-Esprit.


Quand le Saint-Esprit nous touche, ne tournons pas l'oreille vers la terre, mais adorons
le Saint-Esprit.
Qu'est-ce que l'homme quand Dieu parle?
Le doute n'est plus la lutte.
Le Soldat ne discute pas l'ordre du général: il obéit et combat.

) 49 )
Le doute est le péché contre le Saint-Esprit.
Les hommes les plus souillés de crimes, lorsque la Grâce les touche, créent aussitôt en
eux la contrition, et ne tournent pas leur esprit ailleurs.
C'est pourquoi il est plus facile de convertir les plus grands vauriens que les faux
dévots.

279.- Nous devons vivre sans cesse dans le sacrifice. Le sacrifice est la lutte continuelle pour
tenir l'esprit concentré dans l'humilité, le gémissement, le ton de Jésus-Christ, pour
alimenter toujours ce feu, pour repousser ce qui peut nous éloigner de ce seul point...
pour tirer de ce seul fond toutes nos pensées, nos paroles et nos actions. Nous devons
pour cela profiter de la nature. En regardant les oeuvres de Dieu, soutenons en nous
le gémissement, la lutte, le sacrifice... alimentons continuellement en nous la vie, le feu
intérieur... mûrissons tout dans cette unité.

280.- Ne changeons jamais d'idéal. Nous ferons quelques écarts mais retournons aussitôt sur
cette ligne par la contrition.
Notre marche sera singulière: mais Dieu dans sa miséricorde, voyant nos difficultés,
nous les comptera comme si elle était la ligne droite.

281.- Nous devons adorer la vérité, donner du fond de l'âme le mouvement pour la vérité
qui nous est présentée et puis remercier celui qui a fait le sacrifice pour nous la
présenter.

282.- Nous devons veiller sur notre âme pour donner à tout et à tous le sentiment, le
mouvement tel et dans telle mesure que nous devons le donner pour être fidèles à
Dieu.
Le péché d'idolâtrie a déjà été défendu par Moïse, et l'homme est toujours enclin à ce
péché.

283.- Là où il y a de l'idolâtrie pour quelque chose, il n'y a plus que le choc entre un plus
coupable et un moins coupable.
Il n'y a que la pureté devant Dieu qui puisse donner la victoire contre le mal.

284.- Plus d'un, en ne s'élevant pas là où Dieu l'appelle veut s'établir sur un point de sa
route; le perfectionne en y mettant tous ses soins, tous ses sacrifices et veut y trouver
sa paix. Dieu, afin que sa volonté soit accomplie, pour stimuler l'homme à occuper la
hauteur destinée, interrompt sa paix qui est la mort.

285.- Quand l'homme s'arrête, bien qu'il soit sur la voie droite, il s'attire des douleurs plus
grandes que s'il parcourait des détours. ) La parole de Jésus-Christ sur le renoncement
à tout, sur le paiement des dettes jusqu'à la dernière obole... rend cette vérité évidente.

286.- Celui qui parcourt une partie seulement de la voie qui lui est destinée, bien qu'avec des
fatigues et des sacrifices plus grands que ceux qui lui sont destinés, n'obtient pas le
fruit qui lui est destiné. Une partie de son âme demeure dans les chaînes de la mort,
reste paralysée.
La partie malade de son âme arrête en lui le mouvement destiné, la vie destinée. Il ne peut
élever son âme vers Dieu.
Celui qui a une pierre au cou, ne peut se tirer hors de l'eau.
Un tel malade est loin de la liberté des enfants de Dieu.

) 50 )
Il n'est pas un vrai habitant du Royaume de Jésus-Christ, parce que la partie paralysée
de son âme l'arrête dans le royaume inférieur ou dans le royaume encore plus bas.

287.- Il arrive qu'un jeune homme, presqu'un enfant, dans une exaltation momentanée,
parcourt sa route entière. Tandis que plus d'un, dans le cours d'une longue vie
n'accepte pas sa voie; ou bien l'ayant acceptée, n'imite pas Jésus-Christ, ne parcourt sa
voie qu'en partie, ne va pas jusqu'au fond, ne recouvre pas la vie de son esprit, ne
manifeste pas son germe.

288.- Il ne suffit pas d'être sur la bonne voie, il faut y persévérer jusqu'à la fin: « si finis
bonus, laudabile totum ».
Il faut progresser toujours: ne pas s'arrêter et ne reculer jamais.
Le chaos actuel marque le dernier temps de préparation pour s'élever à la hauteur
chrétienne qui est destinée à chacun de nous selon la nature de notre esprit.
Mais nous devons aller jusqu'au fond, nous devons récupérer la vie de notre esprit,
manifester la nature de notre esprit dans la plénitude, parcourir notre voie jusqu'à la
fin en toute pensée, en toute parole, en toute action.
Prendre le mouvement décisif, désespéré, pour arriver au fond de chaque vérité qui
se trouve sur notre champ.
C'est ainsi seulement que nous arriverons à nous sauver.

289.- Nous devons oser être purs devant Dieu, être libres, ne porter que la croix, qui est le
joug que Dieu nous a donné par l'entremise de son Verbe.
Nous devons nous oublier nous-mêmes jusqu'à la fin, et avancer avec les yeux fermés,
sans regarder autre chose que la vérité.
Aucun égard! ) Dieu, sa volonté, notre devoir.

290.- En allant au fond de toute chose, en recouvrant la vie de notre esprit, en manifestant
le germe qui est en nous, nous imiterons Jésus-Christ.
En Jésus-Christ, l'homme était ce qu'était son esprit.
Les deux natures, la divine et l'humaine, étaient unies en Jésus-Christ. Le Verbe s'est
fait chair et la chair s'est faite Verbe.
Voici pourquoi Jésus-Christ dit: « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie
éternelle ».

291.- Faire du tort à l'amour, au sentiment du prochain, est plus grave que de le tuer.
Quand un esprit scandalise un autre, quand il s'est uni à un autre dans le mal, même
si dans la suite il était déjà redevenu pur, il ne saurait s'unir à Dieu avant que l'autre
esprit ne soit également redevenu pur. Et il doit lui venir en aide.

292.- Dans l'aridité l'homme reste seul, aucune force ne lui vient en aide, pas même d'entre
les forces inférieures.
A peine l'homme est-il abandonné à lui-même, que les esprits célestes et les esprits
inférieurs se rangent de coté et observent ce que l'homme fera en cet instant décisif.
Beaucoup sont tombés et beaucoup tomberont à cause de l'aridité.

293.- L'aridité est indispensable pour acquérir le Ciel. Il vient un moment pour l'homme où
il ne peut plus rien faire avec les forces de la terre: quand il n'y a plus que la force
chrétienne pour vaincre les difficultés et pour en faire un membre vivant de la société.

) 51 )
Jésus-Christ lui-même fut sujet à l'aridité. Il a dit: « Mon âme est triste jusqu'à la
mort ».
Dans l'aridité il est possible de faire plus que dans n'importe quel autre état. Ce n'est
que dans l'aridité qu'il est possible de déposer le fruit d'un grand caractère chrétien.
(C'est-à-dire, ce n'est que dans cet état d'abandon et de sécheresse que les grands
esprits chrétiens peuvent produire des fruits.)

294.- La Grâce, non acceptée et non maintenue, s'éloigne de nous, et aucun profit ne nous
reste de ce trésor céleste.
Si nous ne nous sacrifions pas autant que nous le devons faire pour maintenir en nous
la force chrétienne, le mouvement, la vie intérieure que la Grâce éveille en nous, nous
éloignons la Grâce, nous perdons l'unique force qui nous reste, et ensuite nous
tombons dans l'hésitation, dans l'inquiétude, dans le vide.

295.- Quand la Grâce émeut notre âme, elle la fait entrer dans la voie chrétienne; nous
devons, par notre sacrifice, entretenir cette émotion, l'augmenter et la mettre en action.
Quand nous avons une fois ressenti la vérité qui nous est essentielle, il nous faut nous
en tenir à elle.
Repousser tout le reste: ou bien nous refaire, ou nous en tenir à cette vérité.

296.- Il faut un travail continu, une lutte incessante pour garder en nous la vie intérieure.
C'est là le champ de notre mérite pour notre vie éternelle.

297.- Nous devons veiller sans cesse pour sentir les moments quand la Grâce nous
abandonne: alors prenons courage.
Dieu nous donne tout et ne nous demande que l'amour!...

298.- Dans les moments qui sont décisifs pour nous, le mal fait tous ses efforts pour nous
vaincre.
C'est par cela même que nous pouvons reconnaître quand il s'agit d'un moment
important.
Souvent les esprits inférieurs nous tentent, ils nous donnent la vie: « Tu aimes
l'animation? Nous te la donnerons ».
Mais celui qui aime son propre plaisir ne possède pas l'amour vrai.

299.- Du matin au soir nous devons nous sacrifier. Chaque moment est compté.
Quand le mal se pose au-devant de nous comme une muraille pour nous empêcher de
progresser vers le Ciel, vers notre salut, nous devons le repousser et, en soldats du
Christ, marcher vers notre but, libres, sans réserve, sans nous soucier du mal; mais ne
cédons pas aux difficultés et ne nous détournons pas de notre route.

300.- Chaque fois que deux voies se présentent à nous, l'une qui mène (en haut) au but,
au-dessus des nuages terrestres, vers le Ciel..., et l'autre en bas, au milieu des brumes,
vers la terre..., nous devons, non pas nous diriger vers le bas et raser le brouillard en
délibérant, en analysant, mais nous diriger en haut avec la force chrétienne de l'amour
et du sacrifice, en éveillant en nous le sentiment, en nous élevant.
Si nous faisons cela, la Grâce nous aidera dans les moments difficiles: autrement elle
ne nous aidera pas.

301.- Seulement la croix portée sans cesse peut nous sauver.

) 52 )
Sans cesse est une parole grave si nous la prenons au sérieux, si nous acceptons dans
notre âme le SURSUM CORDA ) Haut les coeurs!
Cet appel que les prêtres nous adressent tous les jours au nom de Jésus-Christ dans
la Sainte Messe, si nous le vénérons en l'accomplissant, en le pratiquant, le mur fatal
que le mal nous oppose sera bien vite abattu: et en chrétiens libres, nous marcherons
selon notre évolution normale dans les voies que Jésus-Christ a tracées et que l'Oeuvre
de Dieu éclaire en cette époque.

302.- L'homme, dans l'aridité, au lieu de se retourner vers Jésus-Christ, se tourne vers
l'homme.
Il désire sa tranquillité, il veut avoir la paix... il veut jouir: il ne veut pas souffrir.
Il cherche à endormir l'inquiétude, à tranquilliser la conscience avec la doctrine, avec
la science des choses terrestres et célestes. Il cherche à justifier ce péché devant sa
propre conscience en ayant recours à la lettre morte de l'enseignement de l'Église, sans
la croix, sans l'esprit de Jésus-Christ: en fabriquant des systèmes qui dispensent de
cette croix, qui arrêtent ainsi la tendance chrétienne, qui éloignent de l'action et tracent
une direction contraire à celle du Verbe de Dieu.
Derrière ces barrières, ces bastions, l'homme rebelle à la Pensée de Dieu, se prémunit
contre ce qui vient d'en haut pour lui.
Le mal seul s'y arrête, comme dans son royaume, et agit sur l'homme.

303.- Notre fin est d'accomplir le Verbe de Dieu moyennant l'aide de la Grâce et de nos
efforts.
Notre esprit, placé dans la matière, perd ses qualités.
Dans la matière, notre esprit ne peut faire un seul pas sans la Grâce, sans le contact
des esprits supérieurs.
Quand Dieu, pour nous punir de nos péchés, nous abandonne à l'aridité intérieure et
aux remords de la conscience, nous devons recourir à l'humilité, à la contrition: nous
devons faire pénitence, frapper à la porte du Ciel fermée pour nous.

304.- Dans cet état l'homme doit faire tout ce qu'il peut. La Grâce lui sera donnée quand
Dieu le voudra.
Tournons-nous vers notre but. Nous resterons ainsi pendant des siècles: qu'importe,
Dieu nous voit. Nous devons déposer devant Dieu le fruit de la fidélité.
Dieu nous récompensera.

305.- Quelquefois l'homme à l'état d'aridité, doit parler en public. Qu'il reste dans la crainte:
il ouvrira la bouche sans savoir quoi dire, et il dira quelque chose de sublime.
Nous ne sommes rien par nous-mêmes, et nous sommes, en outre, entourés de
puissances!
L'humilité est la vérité.

306.- Plusieurs sont bons intérieurement: mais quand le mal les attaque ils ne résistent pas...,
et le mal les guide.
Celui qui ne combat point ira jusqu'au bout des douleurs, jusqu'à ce qu'il soit forcé de
revenir sur son chemin et se décider à lutter.

307.- Ne souffrons pas! ) Si nous souffrons, c'est un signe que nous ne nous appuyons pas
sur Dieu.

) 53 )
Cependant, nous pouvons souffrir sans fruit et nous pouvons souffrir avec fruit. Celui
qui laisse volontairement ouverte derrière lui la voie du mal, celui-là souffre sans fruit.
Celui qui ne souffre que par suite de sa faiblesse dans la résistance au mal, mais qui ne
désire pas le mal, celui-là souffre avec fruit.
La douleur est alors l'instrument servant à créer le caractère chrétien.

308.- Dans le grand laboratoire de Dieu tout est un instrument pour l'accomplissement de
la volonté, pour le progrès de la créature.
Quand le mal nous assaille dans l'aridité, nous devons nous révolter contre lui.
La révolution contre le mal est la première chose à faire.
Il faut dire au mal: « Je ne t'écoute pas! J'éloigne mon esprit de ce que tu me présente ».
Il faut se retourner vers Dieu, et lui dire: « Que je suis malheureux! Je suis sans amour
pour le sacrifice. Mais dans cet état d'aridité, j'aspire à toi et à ton amour. Je ne verrai
plus autre chose que cela. Et je resterai ainsi pendant des siècles! » Faisons cela et
l'enfer est vaincu.
Si nous ne pouvons pas même sentir ces paroles, écrivons-les, et puis lisons-les, en
nous enflammant pour ces paroles.
Si cela ne suffit pas, ouvrons notre coeur à nos frères sur notre malheur, et ne nous
lassons pas de répéter: « Je fixe mon âme dans cette voie. Mon Dieu, faites ce qu'il
vous plaira, je m'efforcerai toujours, et je gémirai... »
C'est en faisant cela que nous serons sauvés.

309.- Quand nous avons perdu le sentiment, nous devons déposer devant Dieu le fruit de
notre amour, de notre fidélité.
Nous devons nous révolter contre le mal, quoique sans mouvement, au moyen d'un
simple effort de l'esprit.
Si nous déposons le fruit de l'obéissance au mal, comment pourrons-nous avoir du
mérite devant Dieu? Le mal triomphe.
Celui qui ne combat point ira jusqu'à l'extrême limite des malheurs, jusqu'à ce qu'il soit
forcé à revenir.

310.- Quand le mal nous touche, nous devons avoir confiance en Dieu: accepter de rester
dans les ténèbres.
C'est là le moment décisif.
Si je n'observe pas cette loi, je puis me préparer des siècles de dévoiements.

311.- L'idéal du chrétien dans l'aridité est de rester calme au milieu des angoisses et des
doutes... Gémir et lutter ainsi, fut-ce même pendant des siècles sans rien voir...,
travailler pendant toute la vie dans cet état pour réaliser le Verbe de Dieu.
Les difficultés, les tentations, les chutes viendront: eh! bien, nous gémirons, nous
éveillerons notre contrition sur tout cela devant Dieu, nous ouvrirons notre âme, nous
nous confesserons... mais notre devoir est de nous baser sur cela.

312.- Il y a une heure prédestinée à laquelle l'homme doit être touché par la Grâce, afin qu'il
reçoive la lumière et voie toutes choses. S'il veut s'efforcer de voir aujourd'hui, alors
que ce n'est pas le jour destiné, il ne verra rien, et il agira contrairement à la volonté
de Dieu.
Un tel, par exemple, aura demain une grande action à accomplir; aujourd'hui il ne voit
rien; il reste tranquille; et dort bien... et demain l'acte est accompli.
C'est la confiance en Dieu.

) 54 )
Il faut se soumettre, attendre, et entre-temps s'occuper des choses utiles.
Il faut sentir la miséricorde de Dieu qui nous guide à chaque pas.

313.- Le corps nous empêche de voir mais le Ciel veille continuellement sur nous.
Nous devons avoir confiance en Dieu, et au moyen de la confiance, la joie.
S'il n'y avait pas Dieu, nous aurions raison d'être tristes.
Mais c'est Dieu qui gouverne la terre.
Les trésors de la miséricorde sont infinis. Mais il faut que nous déposions un certain
nombre de gémissements dans le néant.
Alors la Grâce descend, et nous nous sentirons régénérés.
La Grâce descend vers l'homme: mais l'homme abuse de la Grâce... et ensuite vient
le moment quand il est comme encloué, incapable de quoi que ce soit.

314.- Il n'est pas nécessaire que l'esprit se projette ni deçà, ni delà. A peine s'est-il lancé sur
une voie quelconque qu'il faut le ramener au néant et gémir.
Chercher toute consolation en Dieu, et reposer sur cette idée: « Ce que je mériterai,
je le recevrai. Si quelque chose m'est enlevé, Dieu me dédommagera d'un autre côté. »

315.- Il ne faut pas avoir peur d'être ignorant et de paraître tel devant le monde. Par
nous-mêmes nous ne sommes rien.
Nous devons pousser le monde à l'humilité, et en donner l'exemple.
Le travail intérieur consiste à éveiller le sentiment.
L'esprit ému et vivant est ce qui est.
L'esprit ému et vivant attire la Grâce pour vaincre les contrariétés et accomplir les
devoirs.
L'esprit non ému, mort, est sans force.

316.- Nous ne pouvons que difficilement nous élever directement de l'aridité au sacrifice
chrétien, sans passer par les degrés (les grades) intermédiaires.
Pendant l'aridité nous devons aussi chercher dans le règne de la terre tout ce qui peut
nous attendrir, et ensuite tourner ce mouvement (cette émotion) vers les choses
supérieures.
Tout effort, même le plus petit, porte ses fruits: à présent ou dans l'avenir.

317.- Si, même pendant l'aridité, nous ne pouvons pas nous dispenser d'agir, prenons le
cercle d'action le plus restreint que nous pouvons; et ensuite agissons avec la plus
grande crainte. N'ayons pas confiance en nous-mêmes.
Un tel peut être appelé à faire des millions des pas; et en attendant il ne peut en faire
qu'un à peine.
S'il doit agir en apôtre, ce qu'il devra faire dépend de la Grâce. Mais, en attendant, il
doit faire au moins un pas au moment de l'aridité, pendant les ténèbres.
Le mal attaque plus fortement ceux qui sont au premier rang.

318.- L'insomnie est une permission de Dieu comme la maladie. C'est une opération qui aide
l'esprit à se dégager, à s'élever. Le corps reste fatigué, mais l'esprit est préparé.

319.- Le soir il ne faut pas s'occuper de choses qui fatiguent l'esprit. Si l'on ne peut dormir,
il ne faut pas rester dans le lit mais se lever et travailler. On compensera ce temps plus
tard, en dormant lorsqu'on sera affaibli.

) 55 )
320.- L'excessive multiplicité des occupations fait naître le chaos, dont le mal profite pour
« pêcher en eau trouble ».
Par la multiplicité des occupations au point que les forces de l'homme n'y peuvent plus
suffire, l'homme est stimulé sous la loi de la force à se fixer à son unité, à agir avec le
foyer de l'esprit et non avec les rayons dispersés.

321.- Agir avec les rayons dispersés au milieu de la surabondance des occupations, c'est se
trouver dans un état très douloureux et s'exposer au grand péril signalé par les paroles
de Jésus-Christ: « à celui qui n'a pas, on ôtera encore ce qu'il semble avoir ».

322.- Celui qui est surchargé d'occupations, doit maintenir en lui l'unité, le foyer.
Quand on agit avec le foyer, la Grâce appuie, et avec deux paroles on peut faire plus
qu'avec de longs discours.
Par le moyen des difficultés accumulées, Dieu pousse l'homme à chercher son salut
dans le foyer de l'esprit.

323.- Chaque jour nous devons faire selon la vérité le plan de notre action pour la journée
car chaque jour il y a quelque chose qu'on ne peut négliger.
Nous serons accablés d'un grand nombre d'occupations pressantes, nous nous
sentirons irrités..., nous devons travailler pour nous calmer. Il faut que tout cela cesse.
Tout presse, mais je prendrai selon la vérité ce que je dois faire en premier lieu, et ce
que je dois faire après. Je noterai chaque chose par ordre, et puis je me confierai en
Vous, ô mon Dieu!

324.- Nous devons chercher à connaître la vérité sur notre champ.


Connaître ce que nous devons faire pour accomplir ce que nous avons reconnu vrai,
et pour rejeter ce qui est faux.
Voir ce qui est essentiel, et ce que nous pouvons laisser.
Éloigner les occupations qui dépassent nos forces, ou bien trouver des moyens qui
nous en facilitent l'accomplissement.
Nous restreindre à un cercle d'action qui ne dépasse pas nos forces.
Donner positivement une limite à nos occupations.

325.- Nous devons sacrifier beaucoup de choses moins importantes pour maintenir en nous
cette chose si importante: la liberté chrétienne.
(La liberté chrétienne consiste à rejeter les esprits de la terre et de l'enfer, et à obéir
seulement aux esprits du Ciel. C'est le feu pur de Jésus-Christ.

326.- Quand les forces physiques sont grandes et que le fluide magnétique est à son comble,
le péril est grand; jusqu'à ce que vienne la Grâce qui le dirige vers son but.
Mais si la Grâce diminue, la force magnétique peut pousser l'homme vers un but
diamétralement opposé. Il n'y a plus d'équilibre: l'esprit travaille instantanément.

327.- En un semblable état de surabondance magnétique, l'homme peut faire de grandes


choses sur le terrain public; mais dans la vie simple, tranquille, il ne peut rien faire.
La concentration dans cet état est très difficile. Quand le vent et la tempête font rage,
le vaisseau peut-il rester immobile sur la mer?
C'est un état contraire au Christianisme. C'est l'état des chevaliers du Moyen-Âge, qui
étaient tous païens.

) 56 )
328.- L'excès magnétique devient la contrariété la plus grande pour l'homme. En poussant
l'esprit à l'évaporation, à la rêverie, à l'inertie, il arrête la vie chrétienne, engourdit et
fait mourir le corps.

329.- La surabondance des humeurs est un magnétisme qui trouble et séduit la femme avec
laquelle l'homme parle.
La mission de l'homme est, non de séduire, mais de donner un appui à la femme et de
l'élever.
Pour faire cela, il faut être libre dans l'esprit, il faut diriger l'esprit de la femme vers
Dieu et non vers nous.
Toute femme a le droit de trouver l'appui chez un homme et chez un chrétien.

330.- L'homme doit donner l'appui à chaque femme que Dieu met sur son chemin.
Pur d'esprit, pur de corps, vainquant le corps et les passions, l'homme doit manifester
le caractère d'un homme et d'un chrétien. L'homme tente la femme aussitôt que son
esprit et son corps sont subjugués par la passion. C'est alors que la femme, au lieu de
trouver un appui chez l'homme, ne voit en lui qu'un esclave contre lequel elle doit se
défendre.

331.- L'homme ne doit jamais dire: « Je ne prendrai pas femme ». Si Dieu décide qu'un tel
doive se marier, comment pourra-t-il donner un appui à la femme que Dieu a mise sur
son chemin, si par suite du magnétisme, il est l'esclave de son corps? Souvent l'homme
rencontre sur son propre chemin une femme à laquelle il est uni par le magnétisme,
et dont l'esprit est tout à fait différent du sien. S'il est lié par le magnétisme, il ne verra
pas la différence d'esprit, et il l'épousera. Et après quelques jours de mariage, il dira:
« Me voilà malheureux pour toute la vie! »

332.- Sur ce point on est dans les ténèbres les plus grandes. Ou bien il y a abstinence
complète, ou luxure. Le juste milieu est peu connu: cependant c'est le moyen le plus
salutaire.

333.- Le célibat obligatoire des prêtres est contraire au christianisme.


Les meilleurs ne portent la croix qu'en esprit. Mais ceci n'est pas encore être chrétien.
Nous devons imiter Jésus-Christ dans le triple sacrifice qu'il a accompli dans l'esprit,
dans le corps et dans l'action.

334.- Celui qui progresse, qui fait son évolution chrétienne avec la Grâce de Dieu, celui-là
se sert de la terre comme un instrument pour accomplir le Verbe de Dieu, pour le
réaliser dans sa vie privée et publique: pour lui le magnétisme devient toujours une
aide, une force. Pour arriver à cela, il nous faut de l'amour, il nous faut du sacrifice.
Avec l'amour et avec le sacrifice, en détachant l'esprit des choses inférieures, en les
dirigeant vers les choses supérieures, on arrive à vaincre le corps et on peut vaincre ses
passions.

335.- Il y a des obstacles dans la terre lesquels, excepté par un miracle de Grâce, ne peuvent
être vaincus autrement que selon la loi de la terre.
La fascination du magnétisme, excepté dans le cas d'une grâce extraordinaire, ne peut
être vaincue autrement que selon la loi de la terre.

) 57 )
Mais ceci doit se faire dans la voie de Dieu, dans la pureté. Ceci doit être, non pas un
but, mais un moyen. Il faut non pas aimer ce procédé, mais en faire un moyen de
préparation pour rendre libre l'esprit dans le service de Dieu.

336.- L'homme ne doit jamais faire tort à personne, ni à lui-même.


Malheur au séducteur!

337.- La condition de femme publique est déjà un état de pénitence. Il n'y a pas de moyen
plus terrible pour humilier l'orgueil de la femme que la prostitution. La dame élégante
pourra avoir le corps pur et l'orgueil dans l'esprit. La prostituée a le corps souillé; et
peut-être son esprit commence-t-il à plier, à s'adoucir; elle est peut-être plus proche
de la ligne de Dieu.
Qu'est-ce donc la souillure du corps devant la souillure de l'esprit? « Les prostituées
vous précéderont au Royaume des Cieux, » a dit Jésus-Christ aux pharisiens.

338.- Nous vivons deux vies, et c'est de deux vies qu'il nous faudra rendre compte: la vie de
l'esprit dans le corps, et la vie de l'esprit sans corps.
En nous faisant quitter la vie d'esprit et en nous faisant entrer dans l'organisme, Dieu
veut que nous élevions notre corps. Ensuite nous ferons notre chemin sans organisme.

339.- Les progrès de l'esprit sont lents. L'année qui commence produit dans les actions de
l'homme ce que pendant l'année précédente il a accepté dans son esprit. Souvent il
nous faut des siècles pour faire un seul pas. Parfois il est nécessaire de prendre
plusieurs organismes (c'est à dire: de subir plusieurs réincarnations) pour effacer un
seul péché.
Pensons sérieusement à cela!

340.- L'organisme nous est donné suivant nos comptes. De là provient cette grande diversité
d'organismes. Celui qui ne fait pas évoluer en cette vie son propre corps sous la loi de
l'amour, devra le faire évoluer, le purifier, dans une autre vie, sous la loi de la force.

341.- Beaucoup se trouvent éloignés de Jésus-Christ parce qu'ils n'ont pas dompté leur
propre corps. Alors Dieu permet qu'ils soient obligés de le maîtriser sous la force.
La loi de Dieu doit être accomplie et elle le sera: Jésus-Christ nous a donné notre
Idéal: si nous le repoussons, nous tombons sous la loi de la force.
Humilions notre corps; et nous deviendrons capables d'humilier notre esprit.

342.- Selon notre mouvement, notre esprit s'unit avec les bons ou avec les mauvais esprits.
Dieu nous accorde ce que nous désirons; et tout nous est donné pour nous conduire
vers notre salut: l'accomplissement de la volonté de Dieu; ou directement par la voie
directe, ou bien (si nous préférons le plaisir) moyennant les douleurs qui sont la
conséquence des dévoiements.

343.- Dieu permet les dévoiements; et, au moyen de ces dévoiements mêmes, il nous pousse
vers la vérité.
Si, par le sacrifice, nous recouvrons notre vraie liberté, nous renouons l'union
fraternelle qui nous liait aux esprits desquels nous nous sommes séparés en naissant.

344.- Ce n'est pas une chose indifférente d'habiter dans un lieu plutôt que dans un autre. Il
y a des lieux purs et des lieux impurs.

) 58 )
Il faut bien choisir les lieux ou nous voulons demeurer et prier Dieu de nous faire
discerner ceux où habitent des esprits bons de ceux qui sont habités par des esprits
mauvais.
Avoir un bon logement est une chose très importante.
Quelle difficulté s'il est habité par de mauvais esprits! ou même par un seul esprit
pénitent!
Même les esprits pénitents donnent de la difficulté.

345.- L'autre monde sait tout, voit tout; mais il n'est pas permis à l'homme d'interroger
l'autre monde.
En interrogeant l'autre monde, l'homme se déchargerait de la croix qui lui est
nécessaire pour connaître la volonté de Dieu.
Dans chaque circonstance, même dans la moindre, nous devons approfondir
nous-mêmes ce que nous devons faire et comment le faire, et Dieu nous éclairera
toujours afin que nous prenions la route destinée.

346.- Les tables tournantes, le magnétisme et d'autres moyens semblables ne font que
secouer, sont l'application de la force pour ceux qui ne veulent pas se secouer
d'eux-mêmes.

347.- Essayons de nous mettre et de nous maintenir dans des comptes purs avec chaque
prochain.

348.- Même quoique l'homme nous ait pardonné, l'esprit du prochain nous accusera
peut-être encore quand il sera hors du corps.
Jésus-Christ, quand il était dans le corps, avait dit au Père: « pardonne leur, parce qu'ils
ne savent ce qu'ils font ». Mais depuis plus de dix-huit siècles, l'esprit de Judas est
tourmenté et souffre toujours.

349.- La lumière est nécessaire.


Pour aimer le Ciel il est nécessaire de le connaître.
La lumière nourrit l'homme et lui aide à être vertueux. Par cela le voile des mystères
se soulève.
Mais la lumière la plus grande, sans le caractère chrétien, ne sert à rien.

350.- Il y a un moyen de connaître, bien supérieur aux moyens de la terre: c'est l'union
chrétienne avec les esprits.
Le meilleur moyen d'acquérir les sciences est de recouvrer, par le sacrifice, le savoir
que notre esprit a perdu à la naissance. Il faut sortir de la grotte. Le moyen est le
sacrifice.

351.- Dans le sacrifice on trouve tout: on y trouve les sciences, les arts. Travaillons dans le
sacrifice et nous verrons.
Nous n'avons pas d'autre intérêt que celui de Dieu: tout le reste nous le verrons après.
Plus le sacrifice s'accroît et plus la connaissance augmente. Plus l'homme progresse,
et moins il y a de mystères pour lui.

352.- Le sacrifice du Verbe de Dieu souleva le voile des mystères: l'homme pur doit le
soulever par ses sacrifices.

) 59 )
La foi sera toujours plus remplacée par l'amour. Pour prendre et transmettre les hautes
choses du Ciel, il faut que l'âme soit émue: autrement la vérité se transmet à la raison,
la Grâce ne descend pas.
Sans le sacrifice il est impossible de prendre le Ciel et de le transmettre. Malheur à
celui qui veut avoir la lumière, la science, sans prendre le sacrifice!

353.- La bonté du coeur n'est pas encore la vie de l'esprit, le sacrifice. En un instant de vie
intérieure on peut ressentir les choses les plus élevées.
Prière incessante: voilà tout.

354.- A certains il n'est pas permis d'apprendre quoi que ce soit par les voies ordinaires de
la terre, mais ils peuvent tout savoir en prenant et en soutenant sans cesse le sacrifice
de Jésus-Christ.

355.- Il arrive à certains de ne rien pouvoir comprendre par le travail intellectuel; mais dès
qu'ils ont élevé leur âme vers Dieu, dès qu'ils soupirent devant Dieu et qu'ils lui
demandent de pouvoir accomplir sa volonté dans l'action qu'ils doivent faire... aussitôt
ils comprennent, ils voient clair, ils savent tout sans savoir de quelle façon ils l'ont
appris.

356.- Nous pouvons tout connaître, le Ciel, la terre, l'enfer même; mais en tenant en
nous-mêmes le mouvement intérieur, la vie intérieure.
Nous pouvons nous occuper à connaître tout ce que Dieu a crée et ainsi nous
connaîtrons Dieu dans ses oeuvres.
Nous connaissons aussi les règnes inférieurs: même les pierres, le sable, les herbes,
etc...; tout ce qui est réel, est dans la vérité, suit la volonté de Dieu.
Ce n'est pas en vain que tout ceci est fait!
La pierre, le sable... sont sans vie, sont sous la force de Dieu. L'herbe, les arbres, les
animaux... voilà déjà la vie, le mouvement... Cet esprit est immortel et ne sera pas
perdu.
Il peut être arrêté pendant quelque temps, mais il ressuscitera.
Tout ce qui est crée ne peut se perdre...

357.- Le danger est dans le fait de prendre connaissance des fruits du péché de l'homme. Les
systèmes sont les fruits du péché de l'homme. Les systèmes (éteignent) éloignent le
sentiment. Malheur à ceux qui, au lieu de lire dans le livre de Dieu, lisent dans les
systèmes. Celui qui s'abandonne aux systèmes tombe dans le chaos...

358.- En lisant, nous ne devons jamais interrompre l'union avec Dieu, autrement l'auteur
deviendra notre Dieu. Être humbles, et n'être jamais sûrs de rien. Les hommes de
science, quand ils ont écrit quelque livre, sont certains de ce qu'ils savent. Le chrétien
n'est sûr de rien. En un moment donné, il peut tout voir; un moment après, il peut être
comme une pierre. C'est pour cela que nous devons tenir toujours éveillé et vivant le
mouvement.

359.- Les matières pénales sont jusqu'à présent un champ obscur.


Le code pénal est encore trop éloigné de la vérité chrétienne. Les lois pénales sont
établies sur une base fausse; il faut les reconstruire sur la base de Jésus-Christ.

) 60 )
360.- La lumière que donnent les prêtres n'est plus suffisante; une lumière plus étendue est
nécessaire. Il y a des délits qui ne peuvent être réprimés qu'avec la lumière de cette
époque. C'est avec elle qu'on peut accorder la justice de la terre avec celle du Ciel.
Quelques paroles fraternelles et la lumière chrétienne de cette époque peuvent changer
les plus grands criminels. Sans la lumière de cette époque, il est impossible de donner
des lois aux nations.

361.- Par notre amour et notre sacrifice nous devons appliquer et réaliser la lumière
chrétienne plus étendue que Dieu donne dans cette époque, nous devons élever
l'étendard de Jésus-Christ là où cet étendard ne fut jamais élevé.
Nous devons cultiver ce champ important, qui n'était cultivé jusqu'à présent que par
l'organe terrestre, avec l'amour et le sacrifice qui sont l'organe chrétien.

362.- Nulle action ne peut se faire sans l'aide de la Grâce ou de l'enfer. Un tel allié avec
l'enfer, aime le mal, veut le mal et produit le fruit nuisible. Celui-là sera toujours
l'organe du mal.
Un autre commettra également un crime, il l'aura lui aussi prémédité. Mais pourquoi?
Il était depuis des siècles coupable devant Dieu d'un autre péché. L'enfer se sert
despotiquement de lui; il ne sait ce qu'il fait, il est un instrument aveugle de l'enfer, et
après il en gémit.
On peut dire que l'action de ce dernier n'est pas la sienne; il est poussé par le péché
caché.
Un tel homme est facile à corriger.

363.- Celui qui, se satisfaisant de sa pureté, repousse les devoirs plus grands auxquels Dieu
l'appelle, tombe sous la puissance du mal.
Il n'y a plus moyen de le faire progresser qu'en lui faisant perdre sa pureté.
Il commettra des péchés qui lui étaient jusqu'alors inconnus, tant qu'il ne reconnaîtra
pas que ce qu'il avait ne lui suffit pas et qu'il ne prendra pas le sacrifice supérieur.
Alors se jugeant lui-même, il reconnaîtra qu'il n'est pas uni avec l'enfer, mais qu'il n'est
pas pur dans l'autre monde.
On peut dire que le délit qu'il a commis n'est pas sien.
Mais la condamnation qu'il subit de ce chef sera-t-elle injuste?
Non. Tout ce qui arrive, arrive avec justice. Dieu ne permet pas qu'aucune injustice se
fasse sur la terre pour qui que ce soit.

364.- Quelquefois Dieu permet qu'une idée manque à l'homme, et l'homme devient un
scélérat. Éclaircissons à certains criminels ce point: « Le mal triomphe, le juste
souffre, » et beaucoup reviendront au bien.

365.- Beaucoup d'actions, en elles-mêmes, sont célestes, mais dans la pratique ne sont
bonnes que quand elles sont faites dans le temps destiné (voulu).
Si on fait trop tôt, on devient coupable.
Il y aura beaucoup de délits qui n'auront d'autre cause que la précipitation de ce qui
aura lieu un jour sur la terre.
Dans ces cas les châtiments ne servent de rien.
Il faut convaincre que c'est bien, mais que ce n'est pas encore le temps.

366.- Il n'y a que les gémissements et le travail d'esprit qui puissent effacer les péchés.

) 61 )
Quand l'homme punit son prochain, il lui enlève la croix de la pénitence, empêche le
progrès.
Le devoir de l'homme est non de punir, mais de corriger son frère.

367.- La vérité guérit l'esprit, et l'esprit le corps. La soumission à la vérité peut rendre les
remèdes superflus.
Avant de nous tourner vers les médecins nous devons nous tourner vers Dieu.

368.- Quand l'esprit accepte la vérité, il devient calme et calme le corps. Quand, au contraire,
il est agité, il agite le sang, et il faut se traiter. La vérité peut calmer le sang en calmant
l'esprit qui agitait le sang, et alors la cure devient inutile.

369.- En chaque occasion nous devons nous tourner vers Dieu et porter en nous cette
sollicitude: « Oh! mon Dieu, que dois-je faire? Daignez m'éclairer ».
Sans la sollicitude pour connaître la volonté de Dieu, nous ne pouvons rien voir.
L'autre monde ne pourra nous aider.

370.- La profession que nous exerçons peut rendre plus facile ou plus difficile notre salut.
Tout état qu'on exerce, tout devoir qu'on accomplit sur la terre, doit servir d'instru-
ment pour une fin unique, pour l'accomplissement de la volonté de Dieu, du Verbe
de Dieu, pour le progrès, le salut de l'homme.
Il y a des états qui facilitent cet accomplissement: il y en a d'autres qui le rendent plus
difficile. Quelques états rapprochent l'homme de son but véritable, d'autres l'en
éloignent.

371.- La position que l'homme occupe sur la terre peut le faire progresser dans la voie
chrétienne, peut aussi le faire progresser sur les détours.
La position sociale peut guérir la maladie de l'âme ou l'aggraver, c'est-à-dire renforcer
les points destinés à être détruits en cette vie.

372.- Souvent il arrive que la permission de Dieu augmente les contrariétés de l'homme, et
que celles-ci rendent sa position plus difficile.
Tout découle pour l'homme de ses comptes devant Dieu. C'est en nous efforçant de
les purifier que nous devons mériter que la volonté de Dieu se fasse sur la terre
comme elle se fait au Ciel.

373.- La position la meilleure est celle où il faut se sacrifier le plus, porter un plus grand
travail dans l'esprit, dans le corps et dans l'action sans s'élever terrestrement; celle où
il y a le champ le plus vaste de vie, d'activité réelle pour servir Jésus-Christ et le
prochain dans l'action.

374.- Cependant toute fatigue doit être proportionnée à la force de l'esprit et du corps, afin
que les forces ne s'épuisent pas, et que l'esprit et le corps n'en demeurent pas
opprimés.

375.- La position qui comporte la vie réelle, naturelle, force à vaincre le corps, le monde et
Satan... à vaincre les conséquences d'avoir cédé à ces trois ennemis..., par exemple la tendance à
scruter, à s'enorgueillir, à se laisser abattre, aux plaisirs, à la sensualité...

) 62 )
La vie réelle aide au développement de notre germe encore tendre, qui, ne pouvant se
développer à cause du corps, du monde et de Satan, lutte, souffre, et porte le désir
secret de la vie chrétienne, pratique, comme de son unique salut.

376.- La vie réelle donne un frein au corps, elle donne le caractère sur la terre, elle fait
l'homme.
Dans l'administration de la justice, par exemple, il y a plus de vie, plus d'action, plus
de réalité que dans l'enseignement universitaire. Le premier de ces deux états, plus que
celui de professeur, peut aider à empêcher les détours de l'abstraction, de la rêverie,
de la mort de l'esprit...

377.- Tout champ purement scientifique favorise le développement de tendance à s'absorber


dans les pensées, tendance aux élans de l'esprit, à la diminution (domination) de l'esprit.
On acquiert la force de l'intelligence, on acquiert la facilité de comprendre, de parler,
d'écrire, ) et en réalité on ne porte aucune action; parce que dans cet état s'accroît la
difficulté de prendre le triple sacrifice et avec lui, de vaincre le corps, le monde et
Satan...; on tombe dans la mort et l'endurcissement... les bons germes se faussent
entièrement et il s'ouvre ainsi un détour pour les siècles.

378.- Dans cette époque, l'homme est appelé à faire ressusciter et vivre le Verbe de Dieu.
C'est donc un devoir de chercher une position dans laquelle, au moyen d'actions
chrétiennes, on puisse accomplir cet appel de Dieu. On doit chercher la position qui,
en nous donnant les moyens de satisfaire aux besoins de la vie, soit en même temps
un remède pour notre maladie intérieure, un instrument pour notre progrès.

379.- C'est dans la prière pure, libre de tout point de vue terrestre, qu'il faut chercher quelle
est la volonté de Dieu, qu'il faut chercher quel état est réellement sur la route de notre
salut.

380.- On ne peut servir deux maîtres. Ou bien il faut servir Jupiter entièrement et devenir
un homme terrestre, ou il faut se donner entièrement à Dieu.
Il faut nous décider.

381.- Avec la force céleste on peut tout faire sur terre; et l'action devient alors chrétienne,
la vie céleste sur la terre, la vie du Verbe, le Ciel sur la terre.
Chercher, calculer... Dieu nous en préserve!
« Oh! mon Dieu, est-ce votre volonté? »... c'est la première chose à faire. Une fois
certains que c'est Sa volonté... « Oh! mon Dieu, que dois-je faire dans cette position?
Dois-je me fortifier dans l'esprit? Dois-je rassembler des mémoires, prendre des
informations? »
Par la force céleste, on peut connaître tout mieux que tous les savants.

382.- Il faut connaître des choses de la terre ce qui est indispensable. Mais avec la Grâce ceci
est agréable et facile.
On saisit facilement l'essence des choses.
Il y a des hommes de science qui étudient d'année en année et qui n'arrivent pas à
saisir l'esprit de la chose. ) Avec la Grâce, quelques semaines suffisent.
Il faut agir avec la force du Ciel et saisir l'essence des choses.

383.- Dieu nous appelle à être fidèles.

) 63 )
Il faut avoir confiance en Dieu. ) Diriger entièrement l'esprit pour sentir si une
occupation donnée est vraiment la volonté de Dieu, et avoir confiance en lui.
Ayons confiance en la puissance du Ciel! Nous pourrons affronter les questions les
plus difficiles, et la Grâce nous aidera.
Les savants passeront la nuit sans fruit; et la Grâce peut, en un instant, donner la clef
de toute chose.

384.- Nous devons croire que le Ciel est plus puissant que la terre.
Le Ciel a la force pour vaincre toutes les difficultés terrestres. On calcule selon la
science et l'on ne compte pas sur la sagesse de Dieu.

385.- Celui qui est dans l'Église de Jésus-Christ ne doit voir que Jésus-Christ et sa puissance.
Cette foi n'est pas facile. Il faut travailler beaucoup pour l'acquérir et la conserver.
Un grand travail, une grande vigilance sont nécessaires pour soutenir cette foi au
milieu des hommes terrestres.
Quand nous ferons de grandes choses sur la terre et dans la terre au moyen de la force
céleste, ce sera le triomphe de Jésus-Christ sur la terre par l'intermédiaire de l'homme.

386.- Le mariage est sur la ligne de ces actions de l'homme qui manifestent son bien et son
mal, son mérite et sa faute, qui en témoignent devant Dieu et lui marquent la vie
future.
Sur ce terrain il n'y a pas, d'ordinaire, de voie moyenne. L'acte de mariage conduit au
Ciel ou en enfer.
Le lien contracté en dehors de l'Église, dans la seule loi terrestre, soumet l'esprit à
l'esclavage du règne terrestre.

387.- L'action par laquelle l'homme et la femme, pour se faciliter mutuellement le salut de
leur âme, se mettent sur la même voie chrétienne, dans la même Église de Jésus-Christ
et s'unissent en Jésus-Christ dans le mariage, est une action chrétienne de la plus haute
importance, qui marque pour chacun la direction à suivre.

388.- Ce n'est qu'en accomplissant sur le champ du mariage la loi de Jésus-Christ, que l'on
s'attire sur ce champ la grâce du sacrement du mariage sans laquelle l'homme ne
pourra pas même faire un pas sur un champ aussi important.

389.- Il faut avant tout accepter l'unité chrétienne, s'établir ainsi sur la base chrétienne; et
ensuite, passer, sur le champ du mariage, par les degrés prescrits par la loi de
Jésus-Christ.
Pour pouvoir prendre femme, il faut être solidement placé sur le degré supérieur
chrétien: il faut être en état de donner un appui à la femme.

390.- Il faut connaître cette loi: les esprits plus élevés, placés au milieu de difficultés plus
grandes, mûrissent plus tard.
On peut chercher un parallèle dans un règne inférieur, dans la race chevaline: pour les
chevaux arabes de grande race il faut cinq, six et jusqu'à sept ans, avant que leurs
qualités ne puissent se manifester. Les chevaux de nos paysans sont des chevaux faits
à deux ans.
Il y a des gens qui à 18 ans sont des hommes faits: ils peuvent se marier. Un esprit de
haute race aura trente ans, et il ne le pourra pas encore.

) 64 )
La cause de cela est qu'il doit vaincre toutes ses difficultés, selon que la pensée de Dieu
est plus grande.
Mais l'homme qui est encore un enfant peut trouver une femme qui lui donnera un
appui: donc il n'y a pas de règle absolue.

391.- Il est écrit pour chacun au Ciel s'il doit observer le célibat ou s'il doit se marier.
Chacun doit: ou connaître, moyennant le sacrifice, ce qui lui est destiné, ou passer par
des dévoiements.

392.- L'homme doit être libre; n'être attaché à rien. Alors seulement la Grâce pourra lui faire
connaître la volonté de Dieu.
À chacun incombe le devoir de connaître cette volonté de Dieu.
Mais d'abord il faut être pur, et libre.

393.- Le fait de dire par exemple: « je dois prendre femme: le mariage sera pour moi une
aide » est une idée fausse.
Le mariage peut aider: mais il y a des conditions. Peut-être pour certains il est plus
facile de faire le travail qui leur est propre, seul plutôt que marié.
Peut-être, en restant seul, un autre réussit-il plus facilement à consolider sa base, à se
fortifier? Pour lui le mariage serait une entrave.
Et ensuite il faut aussi veiller aux moyens matériels. Mais il faut être libres: voir la
vérité seule.

394.- C'est peu de chose de faire une fausse note sur le piano dans sa propre chambre. Mais
quand on fait une fausse note à l'orgue dans l'église, c'est bien autre chose.
Ce n'est pas un grand mal que de commettre une faute étant seul; mais c'est un grand
mal que de faire cela étant marié, parce que dans le mariage il s'agit à chaque instant
de donner la direction.

395.- Il en est qui rejettent le mariage comme un joug, et qui disent: « Je veux être libre; je
satisferait à mes besoins d'une autre façon. » Ceci est de l'obstination, du péché.
Mais ce n'est pas rejeter le mariage que de se tenir dans l'humilité et de dire: « Oh! mon
Dieu, je sens que ma situation n'est pas conforme à la loi de ton Verbe, mais je ne puis
pas encore me marier à présent, Si les signes me le commandent, je t'obéirai. » Il ne
faut pas rechercher le mariage d'une façon absolue. Mais il faut veiller aux signes et
travailler dans le sacrifice.
Faisons notre devoir; et tout s'arrangera selon la direction que nous aurons prise.
Par exemple, un tel aura devant lui la femme selon la Grâce, ) la femme démon, ) le
célibat. Selon la direction qu'il prendra, il aura l'un des trois.
S'il ne dépose pas, quand il en est temps, l'abomination pour le mal, il aura la femme
démon; et quand il verra les fruits du démon dans sa propre femme, il réveillera
l'horreur contre de semblables fruits.

396.- Cherchons avant tout le règne de Dieu; servir Dieu et après, Dieu donnera tout,
satisfera à tous les besoins de l'esprit et du coeur. Nous n'aurons plus qu'à regarder les
signes.

397.- Quand quelqu'un se sacrifie entièrement pour son patron, ce dernier pourvoit à tout.
On ne demande pas plus; on accepte.

) 65 )
Celui qui cherche la femme pour son propre bien-être, ou bien il ne trouvera pas la
femme, ou il en aura une qui le mettra dans une situation encore pire. « Tu cherches
à jouir? Cette porte est fermée pour toi. »

398.- Plus le poste est élevé, plus la récompense que Dieu destine est élevée, et la tentation
est d'autant plus grande.

399.- Il faut être sévère; voir tout dans l'unité, sentir l'esprit.
Il faut chercher, sentir et toujours apprécier la vraie valeur, quelle que soit son
apparence. C'est en cela que consiste le vrai amour de Dieu; et l'amour ne se trompe
pas.
Le mal imitera toutes les formes, mais il ne fera pas le mouvement (ne produira pas
l'émotion).

400.- Parfois l'homme porte la haine de tout ce qui s'oppose à Jésus-Christ. Et ceci est le
fruit d'un travail de plusieurs siècles.
En vérité, il nous faut des siècles de souffrances pour acquérir une telle qualité.
Mais il faut que cette qualité vive en lui, autrement il pourra avoir un démon comme
femme, et il prendra lui-même le caractère d'une telle femme. Quel malheur! Haïr le
mal et le voir dans sa propre compagne!

401.- Il faut avant tout resserrer l'union fraternelle chrétienne et ensuite connaître si l'union
fraternelle et conjugale est destinée dans les décrets de Dieu.

402.- Le mariage pousse sans cesse à prendre la croix. Il faut, non pas éviter, mais chercher
la croix et la porter. L'homme se fatigue, il est vrai, mais l'esprit se réjouit.

403.- Les difficultés sont des brouillards. Dans notre vie, les brouillards tombent à chaque
instant.
Il faut allumer le feu, et rejeter tout le reste.
Les brumes seront bientôt dissipées par la croix.

404.- Dieu est puissant pour nous donner la Grâce, mais Il exige que nous nous tournions
vers Lui.
Sans Dieu rien ne peut se faire.
Il faut prendre l'habitude de se tourner vers Dieu, et faire cela très souvent.
Dans toute difficulté il faut se tourner vers Dieu; porter la croix, surtout dans les
conversations et rapports réciproques, afin d'arriver à l'union. Voilà la loi du mariage.
C'est surtout dans le mariage que la loi de la conversation est une loi de travail
intérieur.
Il faut se contraindre.
Tout est compté. Tout effort, bien que sans fruits, aura sa récompense. Mais de
grandes douleurs, de grandes difficultés opprimeront bien vite celui qui ne se fait pas
contrainte.
C'est très dangereux de cesser de se faire violence.

405.- Toute la question se résume à ceci: qu'il faut prendre la croix.


Si l'un ou l'autre époux travaille dans le sacrifice, l'union
existe. Sans cela ils sont séparés.

) 66 )
C'est là une condition heureuse pour les époux chrétiens: qui ne peuvent pas avoir la
félicité temporelle sans l'éternelle.
Avec la croix, ils peuvent avoir le Ciel et la terre, sans croix ils n'auront ni le Ciel, ni
la terre.

406.- Les époux chrétiens ne peuvent pas être heureux sauf en travaillant pour leur propre
salut.
Dans les mariages vulgaires, les époux se caressent pour s'animer mutuellement. Dans
le mariage chrétien la tendresse doit jaillir de la vie de l'esprit.
Quand il y a des deux cotés la vie intérieure, l'union dans la vie de l'esprit..., cette
union produit la tendresse.

407.- Dans les mariages terrestres tout va bien au début. Mais peu à peu le feu diminue, et
dans la vieillesse vient l'indifférence. Dans les mariages d'esprit, par contre, il y a de
l'indifférence au commencement, tout va faiblement. Mais peu à peu la vie s'accroît,
le feu s'allume, et dans la vieillesse il y a l'union complète: par la croix le mariage est
devenu chaque jour plus heureux.

408.- Pour ceux qui sont appelés à servir Jésus-Christ en cette époque, ils ne peuvent réaliser
l'union conjugale qu'en acceptant l'esprit de l'époque. La terre disparaîtra pour eux:
mais là où finit la terre, le Ciel commence.
Donc alors que, selon les lois de la terre, il devrait y avoir entre eux la mort complète.
) selon la loi du Ciel, la loi de Jésus-Christ, c'est au contraire la vie et l'union vraies,
la vie et l'union d'esprit conformes aux lois de l'esprit, qui s'ouvrent pour eux.
Sans cet esprit et sans ce travail, il n'y aura dans leur mariage que nausée et mort. Avec
cet esprit et avec ce travail, c'est le Ciel qui commence pour eux.

409.- Napoléon Ier tomba, parce que la terre était finie pour lui, et il ne commença pas le
Ciel. Dans l'île d'Elbe il y eut pour Napoléon l'instant auquel la vie du Ciel s'ouvrait.

410.- Pour les époux appelés à servir Jésus-Christ en cette époque, une telle union entre eux
est la base de leur vie nouvelle.
Sans cette union il est impossible de s'élever plus haut. Il est impossible d'accomplir
nos devoirs sur des champs plus vastes, sans avoir d'abord rempli les devoirs du
champ domestique.

411.- Jésus-Christ ne peut manquer d'être au milieu de ceux qui sont unis en son nom.
La femme est destinée à être une étoile. Le mari doit s'unir à son mouvement intérieur;
et dès qu'il s'en est saisi, il doit tenir ferme et lui donner l'appui.

412.- C'est le devoir du mari de donner l'appui. Au lieu de s'inquiéter, de se troubler, de


s'irriter, il doit donner l'appui.
Le mari doit chercher, trouver et expliquer en toute circonstance quelle est la vérité
qui doit être une loi pour tous les deux.
Il ne faut pas opprimer la femme, mais la diriger en exposant la vérité.

413.- Le mari doit toujours se tenir au-dessus des inquiétudes, de l'irritation, de ces
brouillards de la terre.
La femme ne doit pas être à charge au mari: et le mari ne doit pas s'irriter.

) 67 )
Souvent il arrive que l'un des époux est trop spiritualisé; l'autre est trop lié à la terre.
La vertu consiste en un juste milieu. Chacun doit tenir bon la base spirituelle, et
prendre de la terre ce qui est nécessaire, selon la loi de Jésus-Christ.

414.- Le mari n'a pas le droit d'exiger de la femme le mouvement intérieur. Mais il a le droit
d'exiger qu'elle fasse quelques efforts.
Il doit exiger le travail, et non les fruits.

415.- Quand le mari voit que la femme n'est pas en état de recevoir une lumière plus grande,
une vie plus grande, une vérité plus grande, dans les conditions nécessaires, il doit
s'arrêter.
Il doit diminuer le champ de son expansion et de l'union d'esprit; et cultiver l'union
sur des degrés purs mais moins élevés.
Autrement la femme ne pourra pas comprendre; et il aura le reproche de sa
conscience.
Et si la femme est (peinée) privée de cela, il doit lui dire que la loi de Jésus-Christ est
telle.

416.- Quand la femme n'est pas en état d'accepter dans les conditions nécessaires, elle se
servira du Ciel uniquement pour s'animer ou pour se divertir. Et le mari souffrira. Mais
lorsque le mari voit que la femme travaille, il doit être satisfait, et offrir à Dieu la
douleur de ne pouvoir avoir une union complète, mais seulement partielle, avec elle.

417.- Quand le mari est dans la lutte, dans des difficultés, il doit éviter de parler; rester à
travailler seul. La Grâce ne touche que ceux qui sont seuls.

418.- Si la femme se plaint que le mari est peu avec elle, le mari doit lui dire: « Quand je suis
devant Dieu, laisse moi; tu n'appartiens pas à ce champ. »
C'est une grande tentation que d'être toujours ensemble. Le mari doit lui expliquer
qu'il y a des états dans lesquels l'homme doit, même pendant un temps long, rester
seul devant Dieu.

419.- Le mari doit avoir des rapports avec le Ciel, sans partager ce champ avec personne.
Et la femme doit, elle aussi, tirer la vie du Ciel, comme si le mari n'existait pas.
Ce sont deux esprits, chacun desquels doit accomplir ses propres devoirs envers Dieu;
et ensuite les deux vies s'unissent.
Deux esprits unis étroitement en Jésus-Christ, il est vrai: mais deux êtres distincts,
deux créatures, deux individualités.

420.- Pour la femme d'un chrétien tout dépend de ceci: qu'elle s'élève en esprit. A mesure
que la femme s'élève, aussitôt l'union se fait entre elle et son mari.

421.- Si la femme chasse les brouillards, si elle se tourne vers Dieu, si elle travaille
intérieurement pour réveiller le sentiment, la vie, et si elle le manifeste au mari,...
aussitôt l'union s'établit entre eux.
Au lieu du trouble des pensées, qui sont des brouillards, elle se tourne vers Dieu,
prend la croix, réveille le sentiment, la vie,... et le mari chrétien s'unira immédiatement.
La croix est le soleil, et en présence du soleil les brumes s'évanouissent.
Deux paroles dans la vie de l'esprit et l'union est faite.

) 68 )
422.- Il est bien que la femme désire être unie au mari; mais, pour faire l'union, elle doit en
employer les moyens.
Par exemple, quand le mari parle, elle doit augmenter son travail intérieur, augmenter
ainsi l'union, et donner le signe de cette union. Autrement elle souffrira.
Quand le mari parle et que la femme est indifférente, l'esprit reste offensé et pardonne
difficilement; il éprouve de le répugnance pour une telle femme. Quand quelqu'un
parle, c'est une lutte qui s'engage entre les esprits: est-ce Jésus-Christ qui triomphera
ou le démon?
Il faut donc faire au plus tôt le mouvement d'amour ou de haine, et le manifester. Mais
de l'indifférence, jamais.

423.- L'esprit pardonne un soufflet; il ne pardonne pas l'indifférence.


C'est la loi de l'esprit. Ce n'est pas l'homme, c'est la vérité qui reste offensée.
Celui qui combat prend en considération la vérité; celui qui est indifférent la méprise.
Pour celui qui travaille en esprit, ce qui blesse le plus est l'indifférence.
Les sollicitudes, les travaux domestiques de la femme, jusqu'à ses vertus et ses plus
grands sacrifices sur ce champ, ne la libéreront pas devant le Tribunal de Dieu de la
grande responsabilité qu'elle encourt si elle repousse la sollicitude, le travail, le sacrifice
en ces jours.

424.- La femme ne doit pas influencer le mari. La femme qui veut dominer est un être
insupportable.

425.- Souvent la femme tente le mari par la voie du coeur. Ceci est la mort réciproque.
Souvent la femme est jalouse de Dieu: « Tu veux t'élever au Ciel? ) Élevons-nous
ensemble. » Les prêtres tolèrent cela et disent: « Oh! comme ils s'aiment! Ils ne se
quittent jamais! Ils prient même ensemble! » Quelle forme pour un si grand péché! On
peut prier ensemble: mais après avoir pris (affirmé) son individualité devant Dieu, et
en soutenant toujours cette individualité. Autrement ce sont les magnétismes, les
fluides nerveux qui s'unissent, et non les âmes.

426.- Nous ne devons pas nous préoccuper de trop de la famille.


Nous ne devons pas prendre le Ciel comme instrument pour nos parents. Ce n'est pas
nous qui les changerons; mais quand le nombre des sacrifices destinés sera complété,
selon les comptes, ce sera Dieu qui les touchera.
Les parents, les frères, les soeurs, la femme, les enfants...ne sont qu'un point
secondaire. Nous devons travailler pour servir Dieu, pour notre salut, pour le salut de
tous.

427.- C'est le devoir de chacun de se mettre dans un état de pureté vis à vis de sa propre
famille, et avant tout avec ses propres parents.
Afin que Dieu nous bénisse sur les autres champs, nous devons avant tout remplir nos
devoirs sur celui-ci, qui est le premier pour chacun.

428.- Nous devons manifester dans la liberté chrétienne tout ce que nous sentons, que nous
voyons; présenter de cette façon le caractère chrétien.
Ceci facilite beaucoup les relations avec la famille.

429.- Nous devons nous ouvrir à nos parents au sujet de nos aspirations, leur manifester nos
sentiments, chercher leur union, prendre en considération leur conseils.

) 69 )
Nous devons nous épancher avec des paroles réelles, pratiques, compréhensibles.

430.- La vérité, qui est la volonté de Dieu pour nous, doit nous gouverner, nous, et
gouverner également notre famille. Notre volonté et celle de notre famille doivent
plier devant la volonté de Dieu.
Quiconque voudrait nous forcer à rejeter cette vérité, cette volonté de Dieu, attenterait
à notre liberté et deviendrait pour nous un tentateur.

431.- Avec les personnes de la famille, surtout s'il y a quelque difficulté, il ne faut pas parler
de choses élevées; il faut être familiers avec elle; il faut qu'elles voient que nous ne les
fuyons pas, que nous restons volontiers avec elles.
Et quand l'occasion se présente, il faut leur offrir uniquement des vérités qui soient à
leur portée et sous la forme terrestre.

432.- Il faut porter la croix du partage de la vie terrestre de la famille. ) En faisant cela dans
la liberté, cela tourne à notre avantage.
Cela ne peut se faire toujours; mais quand cela est possible, il faut s'y adonner
entièrement, avec amour, avec simplicité.
On parlera de la plus petite chose: nous nous y intéressons tous entièrement.
C'était la méthode de Napoléon: il s'adonnait toujours entièrement à ses actions.
Et, avant tout, ne jamais se décourager; mais continuer toujours.
Tout autre moyen est inefficace.
Cette vie, concentrée dans les petites choses, est ensuite aussi le meilleur remède
contre l'abstraction.

433.- Peu de paroles des enfants suffisent pour satisfaire les parents, ) quand ces paroles
sont l'expression du principe qui guide les enfants, de leur voie, de leur but, ) quand
ces paroles sont pratiquées, réalisées par eux.
Les parents sont heureux du bonheur de leur propres enfants, de leur caractère, de la
sécurité qu'ils manifestent sur la voie chrétienne.

434.- Si nous maintenons toujours ces tons, la famille, les amis, la patrie, tôt ou tard seront
satisfaits parce qu'ils trouveront en nous l'épanchement, la sincérité chrétienne, ils
verront la liberté, l'énergie, le caractère chrétien.
Tous seront satisfaits quand ils nous verront accomplir notre devoir avec la
bénédiction de Dieu, avec la joie de l'âme, avec le bonheur du coeur.
Tôt ou tard, tous rendront hommage à notre vie chrétienne, à cette parcelle du Verbe
qu'ils verront vivre en nos personnes sur nos voies terrestres.

435.- Il faut que les hommes, quoique pieux, ne se contentent pas de formes chrétiennes
mortes, accomplies sans amour, sans sacrifice, sans sentiment.
C'est sur cette base qu'il faut établir l'union avec le prochain.
C'est de cette manière que s'accomplira la pensée de Dieu, laquelle unit plus d'esprits
avec des liens de famille.
C'est de cette manière que l'affection familiale, cette tendance du coeur, sera changée
en amour chrétien vrai, en union en Jésus-Christ.

436.- Dieu tient compte de tous les mouvements que nous faisons dans notre coeur pour
notre femme, pour nos enfants.

) 70 )
Les enfants peuvent nous perdre. Dieu peut mettre dans le corps de notre fils l'esprit
le plus hostile; et pendant que le père accumule des trésors pour le fils, celui-ci ne lui
en sera même pas reconnaissant.

437.- Avec les enfants, nous devons gémir devant Dieu pour savoir quel est le péché qu'ils
portent en eux.
L'amour des parents consiste à faciliter le salut des enfants.

438.- Souvent l'homme souffre plus pour le péché originel que pour les péchés de cette vie.
De deux enfants, l'un est bon, docile, presqu'un saint; l'autre est mauvais, rebelle, il a
un corps pesant, plein de passions, exposé à toutes sortes de tentations.
D'où cela vient-il? ) du péché qu'il porte en lui à la naissance. Un garçon sautera sur
la table, brisera tout, causera des dégâts pour cent francs. Ceci n'est rien. Ceci provient
du sang, et non de l'esprit. On lui dira: « Il ne faut pas faire cela! » et tout est fini.
Mais si, par contre, il tourmente froidement une mouche, ou se met en colère contre
la domestique qui s'oppose à ses fantaisies... oh! alors il faut s'en inquiéter: ceci
provient des siècles de son esprit, de son péché originel.
Il faut demander à Dieu dans la prière ce qu'il convient de faire; exposer avec amour,
et s'il persiste, frapper fort.
) Voilà l'amour.

439.- Avec une punition donnée à temps, avec amour, on peut en un quart d'heure corriger
un garçon, lui faire abandonner son dévoiement, et lui épargner de longues
souffrances dans l'avenir.
L'enfance est un âge privilégié. C'est l'âge auquel on peut guider vers Jésus-Christ avec
la force. L'éducation des enfants doit devenir une action chrétienne.

440.- Sur la terre, dans les corps humains, il y a des esprits qui sont séparés de la terre. La
terre n'a pas de joies pour eux. Il faut leur donner l'aliment intérieur, autrement, ils
mourront bien vite.
Ce sont des esprits errants, malheureux, exilés sur la terre.
Il faut en avoir un soin particulier; autrement Dieu peut les retirer de la terre. (Il ne
faut pas les opprimer avec la terre, avec les caresses, avec la science... il faut leur
donner l'aliment de l'âme.)
(Ce sont des anges du Ciel qu'il faut soutenir. Ce sont des trésors dans le monde: c'est
une grande aide quand il y a de tels esprits sur la terre.) Il est plus facile de travailler
quand de tels esprits vivent, que quand ils sont morts.
C'est le trésor du monde: c'est la miséricorde de Dieu, qui envoie sur la terre des
esprits plus élevés. Il faut reconnaître ceci et ne pas les surcharger avec la terre: il faut
que tout, de la part de leur parents, jaillisse du sacrifice.

441.- La croix de Jésus-Christ est l'essence et la force de l'Église; c'est le caractère par lequel
l'Église vraie se distingue de l'Église fausse.

442.- L'Église est une parcelle du Ciel qui vit sur la terre dans l'homme. Cette parcelle du
Ciel est le sacrifice, le mouvement, la vie de l'esprit dans le ton de Jésus-Christ,
appuyée par la Grâce.

) 71 )
443.- Il n'y a que l'Église de Jésus-Christ qui soit le sanctuaire de l'amour et du sacrifice: par
conséquent elle seule est le sanctuaire de la vérité, de la liberté, de l'égalité et de la
fraternité chrétienne.

444.- Il n'y a que l'Église de Jésus-Christ qui puisse donner à l'homme ce dont il a besoin,
non seulement pour la vie de son esprit, mais même pour son existence comme
homme, en ce monde.
L'Église de Jésus-Christ, l'Église vivante est la seule où se trouve la salut de l'âme, la
seule dans laquelle se trouvent aujourd'hui pour les Italiens l'existence et la liberté
temporelle.

445.- Jésus-Christ a édifié son Église avec la croix; et sans la croix, personne ne peut entrer,
ni demeurer, dans l'Église de Jésus-Christ.

446.- L'homme ne peut entrer dans l'Église de Jésus-Christ qu'au moyen de la croix de
Jésus-Christ, c'est-à-dire au moyen de l'esprit ému par la force chrétienne de l'amour
et du sacrifice.
Sans cette condition, les portes de l'Église restent fermées même pour l'homme le plus
éclairé, même pour celui qui saurait tout. Il pourra avoir l'apparence et le nom de fils
de l'Église, mais en réalité il n'est pas tel, et il en éprouvera les conséquences dans son
avenir éternel.

447.- Pour entrer dans le Royaume des Cieux, il faut en faire la conquête par le sacrifice que
Jésus-Christ a donné à l'homme. Il faut, avec ce sacrifice, accepter en nous le Ciel que
le Verbe de Dieu a ordonné à l'homme d'accepter et que le Verbe incarné, Notre-Sei-
gneur Jésus-Christ a révélé aux sens de l'homme.

448.- Jésus-Christ a manifesté le Verbe de Dieu dans son corps, ses actions, dans sa vie.
Jésus-Christ a planté le germe de Verbe de Dieu dans l'intérieur de l'homme, afin que
ce germe comme le grain de sénevé, croisse et produise son fruit.

449.- Pour entrer dans le Royaume des Cieux nous devons accepter en nous Jésus-Christ,
accepter le Verbe de Dieu; c'est-à-dire que nous devons au moyen du sacrifice chrétien
accompli dans l'esprit élever l'esprit à la hauteur que le Verbe de Dieu a destiné; nous
devons en accomplissant ce même sacrifice sur le champ de la vie, des actions, élever
la vie, les actions à cette même hauteur.

450.- C'est ainsi que le Verbe de Dieu, enfermé dans le Sépulcre par la mort de Jésus-Christ,
ressuscitera et vivra par l'homme, comme il a vécu par Jésus-Christ, comme il vit
éternellement dans les cieux.

451.- Pour entrer dans le Royaume des Cieux il ne suffit pas que l'homme fasse ce qui lui
est destiné de faire en lui-même par amour de Dieu; il faut encore que, par amour du
prochain, il dépose le sacrifice destiné afin que cela puisse s'accomplir dans le
prochain. Il faut donner au prochain l'aide qui lui est destinée, il faut payer la dette contractée envers
les trésors du Ciel, vivre dans l'océan de l'amour universel.

452.- L'homme qui a accompli ce qui lui est destiné d'accomplir pour lui-même, n'en jouira
pas du fruit tant qu'il n'aura pas accompli ce qui lui est destiné d'accomplir pour le
prochain.

) 72 )
453.- Toute l'immensité des créatures de Dieu, qui progresse sur la voie de Dieu, progresse par
la puissance de cette aide réciproque.

454.- Dans l'Église actuelle il y a deux choses pures: la pensée de Dieu qui repose sur les
pasteurs de l'Église, et les formes.
L'Église catholique seule a conservé la pureté des formes.
L'homme a perdu l'esprit; la miséricorde de Dieu a conservé les formes. Les formes
demeurent toujours les mêmes, seulement l'esprit doit vivifier les formes.

455.- La prière, le jeûne se prennent d'ordinaire comme but de dévotion. La prière, le jeûne
ne doivent être que des moyens pour accomplir la volonté de Dieu, pour faire vivre
sur la terre le Verbe de Dieu.

456.- Par la prière on acquiert la force; par le jeûne on affaiblit le corps et on réussit plus
facilement à le vaincre.
Sans le jeûne, nous ne pourrions nous sauver, parce que nous ne pourrions accomplir
le Verbe de Dieu, le sacrifice du corps que le Verbe de Dieu a destiné.

457.- Il faut prendre et soutenir en soi le sacrifice, adorer chaque vérité, nous enflammer
d'amour pour elle, faire vivre le Verbe et prendre les formes comme moyens.
Tant que tu n'as pas l'esprit, accomplis la forme; et avec le temps tu auras l'essence.
La forme t'aidera à prendre l'essence, et alors avec l'essence tu vivifieras la forme.

458.- L'homme ne s'unit pas au sentiment du Ciel, et il croit prier.


L'Église est devenue une salle de compliments.
(L'homme ne s'humilie pas, ne soupire pas vers le Ciel, et cependant, il croit prier;
l'Église est devenue comme un salon.)

459.- Il faut s'unir au sentiment du Ciel, et déposer l'horreur du mal complètement.


Autrement c'est l'enfer qui règne.
Pour celui qui vit dans le royaume terrestre, pour celui qui est païen et n'est chrétien
que de forme, il est difficile, en voyant l'abondance des formes chrétiennes, de sentir
le manque d'essence chrétienne, de sentir les péchés qui ne sont péchés que dans le
Royaume, dans l'Église vraie de Jésus-Christ.
L'Église des formes seules est en substance l'Église, le règne terrestre, auquel sont
appliqués les paroles de Jésus-Christ sur les sépulcres blanchis; et cela est bien loin de
l'Église que Jésus-Christ a bâtie et dans laquelle seule il y a le salut pour l'homme.

460.- La Grâce descend sur l'homme, et l'homme abuse de la Grâce.


Une dame, par exemple, quand elle a la Grâce, la gaspille à faire des visites; un savant,
à écrire des livres et à se faire admirer; un négociant à faire des spéculations
lucratives....
Le royaume terrestre est fort par l'abus de la Grâce.
C'est pour cela que l'Église de Jésus-Christ ne s'élève pas.

461.- Sans que l'âme de l'homme ne soit libre, l'Église de Jésus-Christ ne peut vivre dans la
vie privée et publique de l'homme.

462.- Le Saint-Père est celui que Dieu nous a destiné pour nous guider vers notre salut.

) 73 )
Oh! si le Saint-Père rejetait le mal qui l'entoure, s'il dénonçait le mal qui est dans le
clergé et dans les fidèles!... Si, après cela, sentant que Dieu est miséricordieux, il se
réconciliait avec le peuple...! Comme il lui serait facile de déclarer quels sont les
devoirs des chrétiens, de répandre l'Oeuvre de Jésus-Christ.

463.- Les tentations les plus grandes sont celles qui nous viennent sous une forme sainte.
Ces prêtres qui ne cherchent leur appui que dans la terre sont des ennemis de l'Église.
L'Église existe là où se trouve l'esprit de Jésus-Christ.

464.- Nous devons désirer de bons pasteurs pour l'Église, mais nous devons aussi les
mériter.
Les pasteurs nous sont donnés selon que nous le méritons.
Quelles difficultés ont les prêtres! ) Spécialement les religieux! privés de toute aide
extérieure, des sentiments de l'amitié, de la famille... mortifiés, irrités par leur corps...
ils font beaucoup de sacrifices que les autres hommes ne font pas.
Combien il leur est plus facile d'avoir de l'orgueil et leur est plus difficile de réveiller
en eux la contrition, l'humilité, le sentiment!

465.- Il y a des hommes que Dieu condamne à être prêtres pour les punir.
Parmi les prêtres il y a des esprits qui haïssent Jésus-Christ et qui sont condamnés à
ne parler, ne penser, n'écrire que sur Jésus-Christ.
Ils développent en eux l'intelligence et dominent, mais leur coeur reste fermé.
Ils ne savent ce qu'ils font. Il faut donc leur pardonner. Cependant il faut, avant tout,
se séparer de leur mal. Et après, leur mal sera détruit et se convertira en bien.

466.- Pour aider les prêtres il faut séparer leur caractère sacerdotal du mal qui les domine.
Il faut aimer leur esprit, il faut haïr le mal et le combattre.
Si nous nous unissons au mal, si nous n'osons le repousser, comment aiderons-nous
le prêtre à s'en délivrer?

467.- Mettons nous dans les dispositions chrétiennes, et nous recevrons la Grâce même par
la mauvais prêtre.
Il ne faut pas persécuter les mauvais prêtres. Souvenons-nous que même les mauvais
prêtres peuvent être des ministères de Grâce.

468.- Ne détruisons pas l'appui que l'homme peut trouver même dans les mauvais prêtres.
Dieu se sert d'eux pour donner l'appui à des milliers d'âmes.
Profitons de la Grâce qui descend même par ce canal.
Mais souvenons-nous que rien ne nous sauve que la pureté devant Dieu.
Tout dépend de nos comptes devant Dieu.
Il n'y a de privilège pour personne. Seulement la punition est différée après la mort,
et n'est pas connue des hommes.

469.- Nous devons désirer l'appui des prêtres et de tous nos magistrats.
Celui qui ne désire pas l'appui de ses magistrats n'a pas d'amour. Mais si nous ne
trouvons pas l'appui de nos magistrats, gémissons-en devant Dieu et ne nous unissons
pas au mal.

) 74 )
470.- Celui-là s'élève à un haut degré de l'Église vivante qui travaille et se sacrifie pour le but
chrétien, qui, par exemple est prompt à sacrifier la vie afin que le Saint-Siège puisse
resplendir de la splendeur qui lui convient.

471.- Tout en rendant dans nos coeurs au Saint-Père ce que l'homme doit rendre à la Pensée
de Dieu reposant sur le chef de l'Église, nous devons également rendre ce qui est dû
à la résistance à la loi de Notre-Seigneur, à l'endurcissement de ceux qui idolâtrent le
Pape, à leur haine pour l'essence de la loi de Jésus-Christ, l'amour, le sacrifice, la
liberté,... ce qui est dû à la persécution de cette même essence (cette caractéristique des
esprits mauvais)... toutes des choses qu'ils couvrent de formes et de noms chrétiens.
Aucun amour n'est en eux, aucun sacrifice, aucun christianisme: seulement la passion
de leur propre intérêt.
Avec cela ils ne sont pas seulement en dehors de l'Église, du règne de Jésus-Christ,
mais même en dehors du règne de la terre.

472.- Les hommes terrestres sont sur les degrés inférieurs de la voie de Dieu: ceux qui
idolâtrent le Pape sont sur les dévoiements (détours), loin de cette voie.

473.- En veillant sur notre âme pour ne pas la souiller par le péché d'idolâtrie, nous devons
voir ce qui se trouve sous la forme, sous le nom et sous l'habit saint... et selon sa valeur
véritable porter dans l'âme l'adoration ou l'horreur chrétienne.
C'est ainsi que nous deviendrons de vrais chrétiens, de vrais fils de l'Église, et par
conséquent de vrais fils de la patrie.

474.- La Bête est la porte par laquelle l'enfer étend sa domination sur la terre.
Devant la Bête il faut être dans la plénitude du sacrifice chrétien et observer les
formes. Devant la pierre infernale il faut être pierre chrétienne couverte des formes
chrétiennes.

475.- Le christianisme est tombé dans les âmes, par suite de l'adoration que l'on a pour le
Pape. Au lieu d'obéir à Jésus-Christ et à sa loi, il est plus facile d'obéir au Pape.
Adorons la Pensée de Dieu qui repose sur le Pape, mais osons reconnaître et dire la
vérité.

476.- Pour servir le prochain avec fruit, il faut porter l'amour véritable pour Jésus-Christ et
pour l'esprit du prochain. Porter le désir que le prochain se corrige volontairement, par
amour... ou autrement qu'il soit contraint à se corriger et sauver son âme: c'est-à-dire
que son détour soit coupé le plus vite possible.

De cet amour découle l'horreur pour l'offense de Dieu; et de tout cela la douleur et la
liberté chrétienne, la soumission à Notre-Seigneur Jésus-Christ, à la vérité.
De cette manière l'homme peut mériter de devenir un instrument de la Grâce.

477.- Ces sentiments d'amour et d'horreur chrétienne sont les tons d'esprit que nous devons
maintenir pour accomplir le devoir qui nous est destiné.
L'union fraternelle dans ces tons est une force, invisible à l'oeil du corps, mais
puissante dans la région de l'esprit, dans laquelle se marquent aujourd'hui les directions
pour un long avenir du monde.

) 75 )
478.- Dieu, Un dans la Très-Sainte Trinité, ayez pitié de nous en ces jours terribles et
difficiles du rappel et de la punition pour avoir rejeté votre volonté, votre Verbe... et
faites dans votre miséricorde que l'étendard de votre Oeuvre soit planté sur le
Vatican... que cet étendard, avec sa force céleste, vainque la puissance et dissipe les
ténèbres du Vatican, et par ce moyen aide au monde à se libérer de la puissance de ce
mal, dont la source en ce monde est le Vatican, et qui, en se répandant toujours
davantage, gouverne le monde!

479.- C'est l'inaction, la mort qui arrête le progrès. C'est de l'action acceptée dans l'âme que
dépend uniquement le progrès, le salut.

480.- Le vrai Italien ne se satisfait pas de l'argent, des plaisirs, de l'amour d'une femme: il lui
faut quelque chose de plus élevé.
Le caractère de l'Italien est la vie.
La vie est le trésor de l'Italie; c'est le germe de sa grandeur future.

481.- Plus que les autres, les Italiens sont appelés à détruire en eux-mêmes la mort (d'esprit),
l'inaction, qui est leur péché originel et à produire, envers Dieu, envers l'Église et
envers la patrie le fruit qui leur est destiné selon la nature de leur esprit, le fruit de
l'acceptation de la vie... et à se tracer ainsi la direction qui dans la miséricorde de Dieu leur
est destinée pour cette vie et dans les siècles de leur avenir.

482.- En ces temps de direction pour l'Église et pour l'Italie, la victoire des Italiens sur
l'inaction, sur la mort, cette difficulté de leur passé, ce mur qui les sépare de l'Église
vivante peut contribuer beaucoup au triomphe de Jésus-Christ, à l'élévation de l'Église
et de l'Italie, d'où doit se répandre le rayon du jour de Dieu sur le monde entier.

483.- L'Italie doit connaître et accepter la volonté de Dieu reposant sur elle. Et elle n'en a
même pas l'idée. Et les prêtres encore moins. Ce sont donc les apôtres de l'époque qui
doivent donner cette lumière.

484.- Entre les nations, les Italiens sont réveillés et poussés les premiers avec cette force afin
qu'ils s'élèvent à la hauteur chrétienne que Dieu destine en ces temps, ) afin que de
cette hauteur ils ouvrent pour le monde son chemin sur la voie chrétienne, son progrès
chrétien qui s'est arrêté: progrès, non seulement de l'esprit humain, mais de l'homme
lui-même et de sa vie, de ses actions privées et publiques; ) afin que tout dans
l'homme devienne chrétien, et que tout soit fait par l'homme dans un but chrétien et
avec une force chrétienne; ) afin que de cette manière le Verbe de Dieu ressuscite et
vive pour l'homme, et que l'Église de Notre-Seigneur s'élève.

485.- Les Italiens accompliront ces hautes destinées s'ils font le sacrifice nécessaire pour
connaître ce qu'est la vraie Église, ce qu'est cette hauteur, ce degré supérieur de l'Église
sur lequel ils doivent vivre et agir; et si après l'avoir connu, ils font le sacrifice
nécessaire pour accomplir ce qu'ils ont connu, en entrant dans l'Église et en occupant
la hauteur, le degré qui leur est destiné.
Voilà la Pensée de Dieu reposant sur cette nation; et c'est à cause de cette pensée
qu'elle a dans son sein le Saint-Siège Apostolique.

) 76 )
486.- C'est de la grandeur chrétienne, de la sainteté de la vocation du Saint-Siège que
proviennent les obligations plus grandes de la nation qu'une communauté de patrie
relie au Saint-Siège.

487.- Quand la vocation du Saint-Siège ne s'accomplit pas, quand la hauteur chrétienne


propre au Saint-Siège n'est pas maintenue sur la terre par la force chrétienne de
l'amour et du sacrifice, et qu'en conséquence il n'y a point de Saint-Siège sur la terre,
) mais sous le nom et l'apparence du Saint-Siège il y a un autre esprit qui gouverne,
et non pas l'esprit de Jésus-Christ, ) alors cette hauteur se maintient, et cette vocation
s'accomplit, uniquement au Ciel; et c'est au Ciel que l'homme privé de l'aide sainte qui
lui est destinée en ce monde, doit chercher cette aide par un sacrifice plus grand.

488.- Depuis Jésus-Christ la route est devenue plus facile pour l'homme.
La route deviendra plus facile à mesure que nous accomplirons.
Quand beaucoup porteront le feu de Jésus-Christ, la route sera plus facile pour tous.
Quand beaucoup auront pris cette voie, les autres la prendront aussi.

489.- Tenons nous dans les conditions nécessaires afin que le Ciel puisse s'unir à nous, et
de grandes choses se feront. Les conditions pour devenir canal de la Grâce sont la
pureté, l'humilité et le mouvement ou l'effort pour l'obtenir.

490.- La pureté consiste dans l'effort pour discerner le mal du bien, pour se séparer du mal
et s'unir au bien.
Cette séparation doit aujourd'hui être accomplie dans l'esprit et se manifester dans
l'action. Jésus-Christ s'est manifesté dans l'action: nous ne devons pas renier
Jésus-Christ.

491.- L'humilité consiste dans le sentiment que l'homme par lui-même ne peut rien faire.
Qu'est-ce que la puissance de l'homme auprès de la puissance du mal qui couvre le
monde?
Mais nous devons devenir des instruments par lesquels le Ciel puisse agir.
La puissance du Ciel est la seule qui Puisse vaincre le mal; et elle est plus que suffisante
pour le vaincre.
Nous ne serons que des instruments.

492.- Le mouvement ou l'effort pour l'obtenir consiste à entretenir sans cesse le foyer
intérieur et à en tirer chaque action.
La lumière seule ne sert à rien: elle est à deux pas de l'orgueil.
Malgré toute la lumière qu'il a, l'homme ne sait que bien peu de choses. Il n'y a que
l'action qui nous sauve.

493.- Nous aurons des contrariétés visibles et invisibles. Nous ne devons nous reposer
jamais. Autrement les esprits contraires reprendraient le dessus.
Nous devons prendre la sollicitude pour mettre la croix sur chacun afin que chacun
puisse au milieu des persécutions soutenir le combat.
Nous devons prendre sur nous le poids de notre patrie; Jésus-Christ a pris sur lui le
poids du monde.

494.- Sans la croix il n'y a pas d'amour.

) 77 )
Quitter la maison. les parents, se faire soldat, mourir... ce n'est pas encore la croix pour
la patrie.

495.- Jésus-Christ a tout fait seul; c'est par lui seul que la Grâce opérait.
Dans les diverses époques chrétiennes, les serviteurs de Jésus-Christ doivent être un
certain nombre pour pouvoir être le canal de la Grâce. Il est un nombre indispensable
pour que la Grâce agisse. Quand le nombre destiné à être canal pour cette époque
existera, la puissance du mal sera ruinée.

496.- Pour que le feu de Jésus-Christ s'allume sur la terre italienne, il faut qu'un certain
nombre d'hommes aient en eux le sacrifice, portent ce feu. Les esprits sont déjà
préparés.

497.- Dieu nous appelle à agir par le sacrifice. En parlant sans sacrifice, nous pourront être
admirés, en parlant avec sacrifice nous pourront être rejetés. Voilà notre vocation,
voilà notre martyre.
Aujourd'hui Dieu ne demande pas le martyre du sang: le martyre est le sacrifice.

498.- Qu'un seul élève l'étendard, et si les hommes ne plient pas, les esprits plieront.
Et avec le temps il aura des compagnons sur la terre, et puis viendront des millions.

499.- Grande est la puissance de l'esprit qui accomplit la volonté de Dieu. Un seul suffit. Il
suffit d'un fétu de paille pour que le lac tout entier gèle.

500.- Ce sont les Italiens qui doivent agir, les autres doivent appuyer leur action.
C'est aux italiens qu'il appartient d'élever l'étendard de l'Oeuvre de Dieu sur le champ
de l'Église.
Le serviteur de Dieu expose la chose1: tous doivent les appuyer, mais ce sont les
italiens qui doivent agir.

501.- Frère Louis de Carmagnola2 est le commencement dans l'action contre la magistrature
de l'Église. Il prépare la voie et y conduit. Il termine, au moyen de ses organes sur la
terre, ce que, sur la terre, il a commencé lui-même.

502.- Plus que les autres nations, les italiens sont tentés d'adorer comme si c'était l'esprit de
Jésus-Christ, l'esprit inférieur qui, avec la permission de Dieu, peut gouverner au nom
et sous les formes de Jésus-Christ... à commettre ainsi le péché d'idolâtrie, ce principal
péché contre Dieu... à en subir les conséquences.
Mais, plus que les autres nations également, les italiens peuvent avoir le mérite de
discerner ce qui vient de Jésus-Christ et de l'adorer en esprit et en vérité.

503.- Nulle contrariété ne justifie l'homme de n'avoir pas accompli la volonté de Dieu.
Ceux-mêmes qui lui opposent ces contrariétés ne répondront pas pour lui; celui-là seul
sera responsable qui n'aura pas accompli.

1
Il fait allusion à l'action avec le Saint-Père.
2
Mort le 15 Juillet 1859 à Rome, où il s'était rendu pour rendre témoignage de l'Oeuvre de Dieu
à ses Supérieurs.

) 78 )
504.- Quand le moment sera venu, cette seule vérité: Qu'est-ce que l'Église vraie et l'Église
fausse? sauvera l'Italie, et après l'Italie le monde.
Planter la croix dans l'Église, pour ainsi chasser le mal de l'Église et y rétablir Jésus-
Christ sur son trône... est une action qui appartient principalement à l'Italie et à
l'époque actuelle.

505.- Tout Italien qui reçoit appel à la croix en a la responsabilité devant Dieu et devant
l'esprit de l'Italie.
A partir du moment où il reçoit l'appel à la croix, les intérêts avec les hommes sont
finis, le compte commence avec Dieu.

506.- Quoique faites avec la force terrestre et dans un but terrestre, les action de NAPO-
LÉON Ier visaient, dans les desseins de Dieu, un grand but chrétien.
Et actuellement, continuant sa mission chrétienne pour le monde, il guide les Italiens
vers le même but: « La liberté de leur esprit. »

507.- Ce n'est que dans la liberté de l'esprit que le degré supérieur de l'Église, l'époque
chrétienne supérieure, peut être atteinte par l'homme.

508.- Seulement le soleil du jour de Dieu accepté par les Italiens sur le degré supérieur de
l'Église dissipera le chaos et les ténèbres.
Tout devient à chaque instant plus difficile pour l'homme qui agit en dehors de la voix
de Dieu.
Rien n'est impossible à Dieu et à ceux qui accomplissent la volonté de Dieu sur la voie
de Dieu.
Les moyens terrestres perdent leurs forces terrestres... les moyens chrétiens conservent
toujours la même puissance céleste.
Porter le poids de la patrie... prendre la sollicitude, l'inquiétude... voilà la croix.
C'est cette croix qui ne plaît pas.

509.- Quel mérite, quelle récompense dans les siècles pour un moment d'inquiétude, fruit
d'amour.
Tout le reste n'est que plaisir.
L'amour sans sacrifice cesse d'être amour.

510.- L'autre monde s'inquiète sans cesse...


Quand l'homme s'inquiète, il porte la croix que le Ciel porte. Quelle union dans la
croix!
Qu'est-ce que la prière seule auprès de la plénitude de la croix de Jésus-Christ!

511.- Dans la prière, l'homme se sent satisfait, il ressent de la joie. On va à l'Église pour son
propre bien. Mais porter la croix, s'inquiéter, souffrir pour servir Jésus-Christ et son
Église... voilà le vrai amour!...

512.- Le Ciel porte la croix, seulement l'amour la rend plus légère. Comment imaginer la vie
et la joie sans la croix! Comment est-il possible d'être heureux sans s'inquiéter pour
servir Dieu!

513.- Le mal fait des efforts extraordinaires pour étouffer en nous la sollicitude chrétienne
sur la gravité de notre position afin que ces jours de direction passent sans apporter

) 79 )
les fruits que la miséricorde de Dieu a destinés pour l'Église et pour l'Italie, afin qu'ils
passent en apportant seulement les fruits terrestres, afin que soit déposé au Tribunal
de Dieu ce témoignage: « Jésus-Christ, au XIXème siècle chrétien, n'a pas sur le sol
italien de serviteurs qui limitent dans la plénitude de sa croix, de son sacrifice plein,
dans l'esprit, dans le corps, dans l'action, par conséquent l'Italie doit être gouvernée
par le mal qui donne la plénitude des douleurs permises comme punition pour le rejet
de la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

514.- Il faut être libres, n'être attachés à rien. Alors seulement la Grâce peut faire connaître
la volonté de Dieu.
Nous devons être tellement occupés de l'essence, que notre conscience ne ressente
aucun trouble de ce que nous n'aurions pas accompli la forme.

515.- Les signes de la volonté de Dieu se manifesteront à qui désire la connaître et


l'accomplir.

516.- Le Ciel ne peut encore servir l'homme parce qu'il a peu d'organes sur la terre.
La vie est tracée pour chacun.
Les esprits de l'autre monde la connaissent.
Chacun doit travailler afin que Dieu daigne la lui montrer.

517.- Seulement quand l'homme aura occupé la hauteur chrétienne destinée en ce jour, et
que, de cette hauteur, il vivra et agira sur toutes ses voies privées et publiques...
seulement quand la prière quotidienne de l'homme: « Que ton règne arrive »... portera
ses fruits... seulement alors le monde entier jouira d'une même lumière, deviendra une
même hauteur chrétienne, une seule Église Universelle, un seul troupeau (bercail) et un
seul pasteur.

*****

) 80 )

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